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Liberté de presse au Sénégal : Et pourtant, ça marche!

  • Date : 4 mai 2016

 « Salut grand je pense que la presse est libre et vs même vs êtes libre ». Ce message posté par un jeune ami dans notre compte Facebook traduit l’intérêt particulier que les citoyens portent à la liberté de la presse. Le 03 mai est, en effet, une date symbolique qui marque cette liberté fondamentale pour toute démocratie digne de ce nom. L’État doit alors créer les conditions de l’exercice de cette liberté par les professionnels des médias, sans censure préalable, c’est le régime de la répression contrairement au régime de la prévention en vogue par exemple en Mauritanie, à l’époque du président Taya.

Le régime de la répression, contrairement à ce qu’il peut laisser entendre, est le meilleur en matière d’exercice des libertés publiques. Il signifie que le journaliste peut dire ou écrire ce que bon lui semble avec le risque qu’il doit, en cas de diffamation, répondre devant les tribunaux, d’où le mot répression.

Dans le système de la prévention par contre, l’État met en place une Commission souvent logée à la Présidence qui se charge d’examiner les prémaquettes des journaux pour donner ou non un quitus de sortie à présenter à l’imprimeur pour impression. Souvent, quand la censure tombe, aucune explication n’est donnée et le Directeur de publication n’est pas censé savoir lequel des articles a été incriminé. Un système lourd où il faut, chaque jour, se présenter à la Présidence pour livrer une prémaquette et attendre le Ok de la commission.

Heureusement qu’au Sénégal, il n’en est rien, depuis les années 80. La naissance du multipartisme a été accompagnée par le dynamisme d’une presse privée qui, avec les différentes éditions en langues locales, fruit de l’audace et de l’esprit d’initiative des journalistes, a contribué à forger une opinion publique et un esprit républicain respectés à travers le monde.

La presse est libre au Sénégal et les journalistes aussi. Cette liberté découle de la Constitution et des lois fondamentales qui régissent ce pays. Il s’agit de la liberté d’expression d’où découle la liberté de création d’organes de presse. Il en résulte, malheureusement, une anarchie dans la naissance et la disparition des titres, dans le recrutement de professionnels et parfois dans le fonctionnement de certains organes comme les sites d’informations. Des centaines de sites ont été crées sans aucun contrôle et des journalistes « chasseurs de perdiem » envahissent les séminaires et ateliers.

À côté de ces mercenaires de la plume, travaillent de nombreux journalistes et techniciens de communication dont le souci, en premier, est de donner la bonne information aux Sénégalais.

Bien sûr, des dysfonctionnements sont toujours notés avec le développement de la concurrence, le désir d’aller vite, d’être le premier, de vendre son produit. Reconnaissons-le, il sera difficile, dans ces conditions, d’honorer l’éthique et la déontologie.

Mais, globalement, le travail des journalistes sénégalais reste respectable.

Il subsiste, cependant, des couacs comme la non-signature du Code de la presse, les poursuites de journalistes dans le cadre de l’article 80, le non-accès aux sources d’informations, l’instabilité du statut de nombre de journalistes, le non-respect par des patrons, de la convention collective des journalistes, etc.

Nous devons également une fière chandelle aux magistrats qui rechignent à décerner des mandats d’arrêt à l’audience après une condamnation ferme pour diffamation et qui, souvent, font accompagner les condamnations d’un sursis. Cette dépénalisation de fait est aussi un risque majeur qu’encourt la presse parce qu’il suffit qu’un juge décide du contraire pour que des journalistes se retrouvent dans les liens de la détention.

En tout état de cause, cette bonne santé de la presse sénégalaise est saluée par Reporter Sans frontières (RSF) dont le classement, cette année, du baromètre de liberté dont jouissent les pays, en plaçant le Sénégal à la 65 ème place lui faisant gagner 6 points par rapport à l’année dernière.

Un encouragement à redoubler d’efforts dans un Sénégal où les journalistes ne jouissent pas toujours d’une bonne réputation malgré tout le professionnalisme dont ils font preuve. Et pour cause !

Assane Samb

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