Education

LICENCIEMENT DES ENSEIGNANTS GREVISTES- LE SYNDROME DE 1981 GUETTE LES ENSEIGNANTS

  • Date : 13 juin 2016
Va-t-on vers le syndrome de 1981 qui a vu des mesures draconiennes du gouvernement d’alors qui avait suspendu 38 militants du SUDES, la rétention de l’intégralité du salaire de  35 enseignants, la révocation de 88 enseignants, un licenciement 31 enseignants et une mutation d’office de 200 professeurs. La crise actuelle du système scolaire, plus que jamais controversée à quelques jours du démarrage des examens nationaux, pousse le gouvernement à donner un ultimatum de 24 heures aux enseignants, à compter de ce lundi 13 juin à 8 heures, pour se conformer à l’ordre de réquisition. Les sanctions peuvent aller jusqu’à « la révocation avec suspension du droit à pension pour le fonctionnaire au licenciement sans préavis ». Retour sur une histoire qui risque de se reproduire, avec quelques extraits de l’ouvrage de Abdou Sylla intitulée « de la grève à la réforme : luttes syndicales et crise sociale au Sénégal»

Aujourd’hui, lundi 13 juin 2016. Le système éducatif sénégalais a encore rendez-vous avec l’histoire, si le gouvernement met en exécution sa menace de révoquer avec suspension du droit à pension ou de licencier sans préavis les enseignants refusant de répondre aux réquisitions. La détermination des syndicats d’enseignants, notamment le Grand Cadre des syndicats de l’enseignement et le Cadre unitaire syndical du moyen-secondaire (Cusems) risque de plonger, cette fois-ci, l’école sénégalaise dans une impasse profonde. Les décisions présidentielles sur les Assises nationales de l’éducation et de la formation auront été vaines, car n’ayant pas pu décrisper le climat de tension scolaire. En attendant les interventions d’une pléiade de médiateurs, jusqu’ici restées vaines, la tension entre syndicats d’enseignants et autorités étatiques a un air de déjà-vu. Car, les décrets d’application de la loi d’orientation du 3 juin 1971 avec deux axes fondamentaux : l’enracinement et l’ouverture, l’africanisation et la sénégalisation des enseignements, ont suscité des contradictions.

Naissance du SUDES
C’est le début d’une crise marquée par la répétition des fraudes et des fuites aux examens et concours, en plus des grèves des élèves et des étudiants qui ont fini par entraver le fonctionnement normal de I’ école.  Côté enseignant, ce contexte fut marqué par la dissolution, en 1973, de l’unique syndicat d’enseignants indépendant des formations politiques, le SES (Syndicat d’enseignants du Sénégal). Le Syndicat unique et démocratique des enseignants du Sénégal (Sudes) vit le jour, le 26 avril 1976, et organisa seul des états généraux de I ’éducation, deux ans après (les 24 et 30 juillet 1978).
13 mai 1980 : grève d’avertissement
En dépit du refus catégorique du gouvernement de dialoguer avec le SUDES le qualifiant de groupe politique d’opposition, le Sudes passa à la vitesse supérieure en décrétant une grève d’avertissement de vingt-quatre heures, le 13 mai 1980, à la surprise générale des autorités étatiques prises de cours. Jugeant illégale la grève du syndicat, le gouvernement d’alors décida de déployer les forces de l’ordre qui entourèrent tous les établissements d’enseignement. Malgré cette mesure, la grève suivie par la majorité des enseignants de tous les ordres d’enseignement, fut un succès.
Des sanctions tombèrent
Comme il fallait s’y attendre, les sanctions tombèrent. Comme un couperet, le ministre de l’Education nationale procède à la suspension d’inspecteurs et de mutations d’enseignants du SUDES.
Les négociations entre le gouvernement et le SUDES soldèrent par un échec, devant I’intransigeance des représentants du pouvoir et leur refus de consentir quelques concessions au syndicat.
Face à la détermination du Sudes de procéder à la rétention des notes des feuilles de composition du second semestre, le boycottage du travail administratif (remplissage des registres de notes, des livrets scolaires, participation aux conseils de classes) et le boycottage des examens et concours de fin d’année (entrée en 6, DFEM, Bac), les premiers examens et concours de fin d’année scolaire se tinrent dans une confusion totale. Les militants du SUDES ont été écartés de certaines épreuves. Certains examinateurs ont été obligés de signer un engagement de corriger loyalement les copies qui leur étaient confiées.
Avant la fin des examens et concours, le gouvernement procède à des sanctions aux militants du Sudes. Il s’agissait de la suspension de trente-huit (38) militants en juin 1980 ; rétention de l’intégralité du salaire frappant trente-cinq (35) enseignants en juillet 1980 et soixante-quinze (75) en août 1980 ; révocation de vingt-huit (88) enseignants et suspension de trente-huit (38) autres en septembre 1980. A cela s’ajoutent l’affectation d’office de cinq cents (500) instituteurs, le licenciement de trente et un (31) enseignants en octobre et mutation d’office de deux cents (200) professeurs en novembre et décembre 1980.
Dans son ouvrage intitulé : de la grève à la réforme : luttes syndicales et crise sociale au Sénégal, Abdou Sylla explique que « la grève des enseignants, puis la suspension, le licenciement ou la révocation d’enseignants avaient pour conséquence de jeter des milliers d’élèves dans la rue, avec tout ce que cela pouvait comporter de désordre, de manifestations et d’actes de vandalisme. Et de poursuivre : tout cela a contribué à accentuer le caractère politique du conflit et conduit au refus systématique du président Senghor de discuter avec les représentants du syndicat ».
12 mars 1981 :les sanctions levèrent
Il faudra attendre le 12 mars 1981, lors d’une rencontre entre les syndicats enseignants et le Président de la République pour voir ce dernier prendre la décision de lever toutes les sanctions frappant les militants du SUDES. Cette décision a été prise dans le contexte de la tenue des états généraux de I’éducation et de la formation.
C’est le 17 avril de cette même année que diverses décisions furent prises par le ministre de l’Education, allant de la levée de toutes les mesures de révocation, du licenciement et de suspension jusqu’au retour dans leur fonction d’instituteurs-professeurs de collège, d’inspecteurs. Et si la situation se reproduit, au grand dam des élèves et parents, la thèse de certains acteurs de la communauté éducative de fermer l’école pour repartir à zéro, se préciserait.
Ibrahima Baldé Sud quotidien
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