ofnac_seynabou-nafingom

LIMOGEAGE DE NAFI NGOM KEITA L’Ofnac risque de finir comme la Crei

L’Office National de lutte contre la Fraude et la Corruption (Ofnac) a été créé, en décembre 2012, par l’Assemblée nationale, à la demande du président de la République, Macky Sall, qui exprimait, ainsi, une volonté politique forte de lutte contre la corruption et délits assimilés.
Nommée à la tête de l’institution, depuis trois ans, Nafi Ngom Keita n’est plus la patronne de l’Office National de Lutte contre la Fraude et la Corruption (Ofnac). Son mandat n’a pas été renouvelé par Macky Sall – qui a pris un décret, hier après-midi, en ce sens – non pour des raisons liées non pas à son incompétence ou à quelconque manquement à son devoir, mais plutôt parce qu’elle dérangerait certains.

Eh oui, nous sommes au Sénégal et des pratiques que l’on croyait révolues, celles-là même qui ont été la base de la création de l’Ofnac, subsistent encore : Une bande d’intouchables qui n’hésitent pas à entrer dans la délinquance à col blancs et qui font jouer à fond leurs relations pour ne pas être inquiétés.
Nafi Ngom Keita n’étant pas donc reconduite pour ces raisons, c’est presque la fin de l’Ofnac. L’Institution va devenir, alors une coquille vide, donnant raison à l’un de ses membres démissionnaires, Mody Niang. Celui-ci avait dénoncé les nombreux classements sans suite et bien d’autres manquements.
Il faut dire que le pari était très ambitieux. L’Ofnac, qui bénéficie de l’autonomie financière, a même un pouvoir de saisine du Procureur et celui d’autosaisine sur toutes les infractions de cette nature.

Elle fait de la prévention sa stratégie de communication et réserve une bonne partie de ses actions à la sensibilisation et à la formation notamment des agents de l’État et des jeunes générations.
Si l’Ofnac se laisse contrôler par une main invisible, elle va rater sa mission.
Nous avons, en effet, rêvé que le président Sall avait la ferme volonté de laisser travailler l’institution en évitant de peser d’un quelconque poids sur ses activités. Car, c’est seulement de cette façon qu’elle pourra travailler en toute quiétude en semant la terreur dans le camp des délinquants.

N’est-ce pas Macky qui disait qu’il ne protègera personne ?

En tout cas, il serait dommage que l’Ofnac suive le sort de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei). Celle-ci s’est vue débarrasser de son Procureur spécial à qui l’on aurait reproché de faire son travail avec zèle.
En somme, si la Crei et l’Ofnac ne sont plus véritablement opérationnelles, cela voudra dire que le Sénégal a des pas en arrière en la matière et que tous ceux qui sont auteurs d’actes de prévarication ont maintenant les coudées franches pour continuer à piller notre patrimoine national et décourager les investisseurs privés. Et cela, nous ne pouvons pas nous le permettre. Déjà, avec la quasi-fin de la traque des biens mal acquis nombre de Sénégalais se sont sentis vraiment mal même si, par ailleurs, une institution comme la Crei gagnerait à être revue dans son fonctionnement, notamment.
Cela voudrait aussi dire que Macky baisse les bras dans la lutte contre la corruption. Une démarche qui ne va pas plaire aux Nations-Unies et à la Cedeao dont les recommandations fortes sont de tout faire pour combattre le mal de la corruption.

Ce qui reste évident, c’est que tous les chefs d’État qui s’attaquent au mal finissent toujours par reculer, d’Abdou Diouf à maintenant.

La Crei, sous Diouf n’avait traité que de deux dossiers après un tintamarre de nombreuses années. Il en est de même sous Macky.

Or, le problème, c’est moins les institutions de lutte que la personnalité de ces types de délinquants. Ils ne sont jamais loin du landernau politique et des affaires. Ils apportent des militants, des moyens financiers durant les campagnes électorales et même en dehors, font vivre nombre de familles maraboutiques et savent faire jouer leurs réseaux de relations.

L’Amérique Latine a ses Cartels de drogues, l’Afrique à sa caste d’intouchables qui change, parfois, en gré des régimes politiques.

C’est pour ces raisons que Lamine Diack aurait avoué avoir bénéficié de l’argent du dopage. Il aurait dit avoir voulu le départ de Wade et avoir financé nombre de partis politiques et de mouvements de Société civile. Et il n’est pas le seul.
Pendant ce temps, les voleurs de poules continuent à croupir en prison. Ce qui rend compte d’une justice à deux vitesses tant décriée, depuis de nombreuses années.

Autant de raisons qui font que Macky n’a pas le droit de capituler. L’Ofnac doit subsister et rester fort.

Assane Samb

Voir aussi

dionne-valls

FINANCEMENT DU PLAN SENEGAL EMERGENT 317 MILLIARDS DE F CFA D’APPORT DE LA FRANCE DEPUIS 2014

Le Premier ministre français Manuel Valls, en visite à Dakar depuis  jeudi,  et son homologue …