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L’interdiction de la burqa s’impose à tous ! Par Dr Papa Khaly Niang, Avocat-criminologue

  • Date : 20 novembre 2015

Le port de la burqa, l’érection des mosquées par des financements occultes, l’intégrisme des jeunes et l’émergence de mouvements suspects installent le monde dans une situation à risques. Ainsi le Sénégal doit anticiper pour faire face à ces menaces. Au-delà des considérations religieuses et politiques, la réponse juridique confirme la position du chef de l’Etat qui envisage d’interdire le port intégral du voile.

Si l’on tient compte des termes de la constitution sénégalaise et la jurisprudence française, cette décision du Président de la République ne porte atteinte ni aux principes de la laïcité, ni au respect des droits de l’homme. Elle est plutôt liée à la nécessité de protection de l’ordre public notamment la sécurité des personnes et des biens. Dans tout état, il y a certes de l’ordre culturel, de l’ordre moral, de l’ordre religieux à préserver, mais l’ordre légal est au-dessus de toutes autres considérations pour une société harmonisée et paisible. Etant donné que la Nation est définie comme la commune volonté de vie commune, faudra-t-il que les citoyens y évoluent à visage découvert et s’identifient mutuellement. Nous pouvons constater qu’au-delà de la burqa, les criminels utilisent souvent la cagoule pour ne pas se faire identifier afin d’exécuter leurs sales besognes. C’est pourquoi en France avec la loi du 12-10-2010, il est prévu que « nul ne peut dans l’espace public porter une tenue destinée à dissimuler son visage ». En légiférant dans ce sens, on a pensé non seulement à la burqa mais à la cagoule et à toute autre forme de dissimilation du visage. En effet, il est habituel de voir dans toutes les attaques criminelles, les malfaiteurs encagoulés. Ainsi, il sera quasiment impossible d’identifier, de rechercher et de trouver des encagoulés au cœur d’une manifestation quel que soit la vigilance des policiers et la performance des caméras.
Sous prétexte que la loi contre la burqa constitue un traitement dégradant, une française de 24 ans défendue par un cabinet d’avocats britannique S.A.A avait attaqué l’Etat français pour contester l’interdiction du voile intégral. Elle a été simplement déboutée par la Cour européenne des droits de l’homme dans une décision rendue publique le 1er juillet 2014 au motif que la volonté de vivre ensemble pourrait légitimement être évoquée pour réglementer cette pratique. Car, l’interdiction absolue n’est pas disproportionnelle au but poursuivi. Nul ne doute qu’il n y a pas meilleur garant des droits de l’homme que la dite Cour européenne. Toutefois, la dissimilation du visage n’est autorisée que dans les chantiers et en matière de conduite de moto avec le port des casques pour se prémunir des accidents.
La constitution sénégalaise garantit de la même manière la liberté de culte sous réserve de garantir l’unité nationale comme le stipule l’article 19 de la constitution du Sénégal « la liberté de conscience, la profession et la pratique libre de la religion, sous réserve de l’ordre public, sont garanties à tous ». Par ailleurs, l’interdiction de port intégral de voile obéit à la même logique que celle appliquée aux « vitres teintés des véhicules». Leur utilisation est soumise à une autorisation préalable.
Au vu de toutes ces considérations, il importe de réglementer la dissimilation du visage sur l’espace public pour assurer la sécurité des sénégalais. Ainsi, il faut que tous les citoyens acceptent cette nouvelle donne, qu’ils comprennent qu’il y va de l’intégrité du territoire. En effet, face au terrorisme rampant, nous devons nous unir, et ensemble avec le chef de l’Etat son Excellence le Président Macky Sall combattre toutes ces formes de menaces. Sa déclaration a force obligatoire et s’impose à tous. Elle a une portée générale et impersonnelle. Donc, il faut un sursaut national, se départir des velléités politiques pour un Sénégal sécurisé, unifié et protégé. Pour ce faire, il faut compter sur la prévention avec l’organisation de ce qu’on pourrait appeler « tables sécuritaires de concertation » dans les différents quartiers à fin de sensibiliser les populations sur ces questions soulevées plus haut. Par ailleurs, il urge d’élaborer un livret sécuritaire pour indiquer les citoyens sur les comportements à prendre face à des situations suspectes. Le terroriste n’a ni parti politique, ni religion, ni parent, il n’est qu’un criminel sans états d’âmes…
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