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LITIGES FONCIERS PERSISTANTS ENTRE LES COMMUNES DE SEDHIOU ET DE BAMBALY ENTRE LEGALITE ET LEGITIMITE, LA SOLUTION PAR LA CONCERTATION

Le fossé s’est quelque peu épaissi entre la commune de Sédhiou et celle de Bambaly dans une affaire de terres qui oppose ces deux collectivités locales. La première citée accuse Bambaly d’«agresser Sédhiou sur sa façade ouest qui se limite à Sansamba». La cartographie réalisée par satellite établit les limites de la ville de Sédhiou à Moricounda (Trypano-Stade). Ce que réfute la ville, chef-lieu de région, aujourd’hui bien au-delà des frontières indiquées par les techniciens. Entre la légalité soutenue par les techniciens et la légitimité invoquée par la poussée démographique à Sédhiou, la solution semble résider à l’intersection des deux concepts pour la paix sociale.

Le litige foncier qui oppose la commune de Sédhiou à celle de Bambaly a viré à une crise à rebondissements multiples. Sédhiou, officiellement limitée à l’ouest par le domaine appelé Trypano alors que sa poussée démographique le propulse jusqu’aux portes de Boussoura, se rebiffe et s’oppose aux lotissements en cours engagés par Bambaly qui revendique cette façade ouest. Au troisième round des négociations entre les différents acteurs dont les services techniques et le sous-préfet de Djirédji, aucun accord n’est encore trouvé.

Fodé Kéba Faty, le président de la Commission domaniale du conseil municipal de Sédhiou déclare que «la commune de Bambaly a engagé une opération de lotissement qui agresse notre collectivité locale. Comment Bambaly peut-il se permettre de quitter son siège naturel pour venir jusqu’à Sédhiou et y procéder à des lotissements au nom d’une quelconque délimitation. Nous aussi nous détenons des documents qui attestent que Sédhiou est limitée à l’ouest par la commune de Sansamba et non par celle de Bambaly».

Et d’adosser son argumentaire sur le plan directeur d’urbanisation de Sédhiou. «A la page 11 de ce plan directeur, il y est clairement dit que la commune de Sédhiou est créée par la loi N°60-025 du 1er février 1960. Ses limites actuelles sont fixées par le décret n°60-232 du 7 février 1960. Au Nord la commune partage ses frontières avec la communauté rurale de Diendé, au Sud et à l’Ouest, respectivement, avec celles de Bambaly et de Sansamba. A l’Est, le fleuve Casamance en constitue le limite», lit-on dans ce document.

LES TECHNICIENS SE PRONONCENT

A ces explications, Landing Maria, le chef de la Division régionale de l’urbanisme et Babacar Faye, le patron du cadastre de Sédhiou, opposent le contraire, arguant que ce document est à la phase étude, donc il n’est pas encore validé. Le maire de Bambaly calme le jeu et invite à une gestion collégiale sous la forme d’une entente inter communale. «Nous nous agissons sur la base de documents formels qui limitent nos différentes collectivités locales. Cependant, nous sommes d’avis que nous sommes amenés à vivre ensemble. C’est la raison pour laquelle nous les invitons à des actions conjointes dans le cadre d’une gestion en entente inter communale. Dans notre plan de lotissement, nous avons rencontré les occupants ou ceux qui cultivent ces terres pour faire le répertoire à la demande du préfet. Mais, c’est Sédhiou qui n’accepte pas cette approche», a indiqué Modou Ndiaye.

Babacar Faye le chef du Service régional du cadastre de Sédhiou appelle au dialogue au nom, dit-il, d’une cohabitation naturelle déjà existante. «Lors du tracé des limites et tel que nous le montre le plan, Sédhiou s’arrêtait au Trypano jusque vers l’actuel stade municipal. En son temps, la ville ne faisait que 3.000 habitants seulement. Aujourd’hui, la population est de l’ordre de 24.000 habitants. Sédhiou a donc grandi et empiété sur Bambaly. C’est une situation que nous avons trouvé ici et nous encadrons ce que disent les textes en notre qualité de techniciens».

Babacar Faye de relativiser à son tour pour trouver un dénouement heureux à la crise. «Les différentes parties doivent se retrouver autour d’une même table et trouver impérativement un point commun de gestion au regard de la proximité des deux collectivités locales. Ce n’est pas une spécificité de Sédhiou. Entre Madina Wandifa et Faoune, c’est le cas. Diana Malary et Dianaba, Malicounda dans la petite côte etc.» et Mbour sont dans la même situation.

POUR LE REGLEMENT DU PROBLEME A L’AMIABLE ET NON PAR LA RIGIDITE DES TEXTES

Le sous-préfet de Djirédji qui présidait les travaux n’en suggère pas moins. Pape Massaër Diop est d’avis que la concertation est indispensable pour promouvoir la paix sociale. «Sédhiou ne doit pas s’opposer au plan de lotissement de Bambaly car elle a les prérogatives de réaliser cette opération, mais en tenant compte des revendications des populations trouvées sur place, en parfaite entente avec la commune de Sédhiou pour régler le problème à l’amiable et non par la rigidité des textes qui opposerait frontalement les deux collectivités locales».

Il apparait donc un conflit entre la légalité et la légitimité. Légalité pour Bambaly opérant sur les limites tracées par le colon et légitimé pour Sédhiou sous la poussée démographique vers des terres voisines réclamées par Bambaly dont le siège est à mille lieux de là. Sa partie nord, vers Badiandiang, c’est la commune de Diendé qui s’en empare et le contentieux avec Sédhiou demeure également.

Sud quotidien

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