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L’OMERTA- Par Bacary Domingo Mané

  • Date: 23 décembre 2015

D’où vient l’argent de nos partis  politiques ? Comment il est dépensé ? Et à quelle fin ? Ces questions peuvent, à la limite, agacer ceux qui tiennent généralement les cordons de la bourse et ne souhaitent nullement que l’on regard dans le trou de la serrure. Les personnes qui se sont intéressées à cette question du financement des partis, ont souvent récolté des réponses  laconiques,  qui circonscrivent les ressources financières des partis aux seules cotisations, dons et libéralités de ses membres.

En réalité, c’est l’arbre qui cache la forêt ou le miroir aux alouettes ! Les coulisses sont grosses de secrets que la scène dissimule pour faire sensation. Et l’opinion n’y voit que du feu.
Les hommes politiques sont évasifs ou peu coopératifs sur les sources de financement de leur parti. Malheureusement, cela est loin d’être le propre de notre démocratie, mais celle de nombreux pays où les  rapports entre l’argent et la politique sont  traditionnellement placés sous le sceau de la confidentialité.
Certes, l’argent peut, en politique, apparaître comme une réponse aux exigences démocratiques, mais il doit être soumis aux normes de transparence de manière à ne pas déboucher sur une perversion des mœurs. Cette exigence de transparence est, hélas, confrontée à un mur de silence qui fait que l’on soupçonne, parfois, à juste raison, la bonne foi de l’homme politique.
Pendant les élections, ces partis n’hésitent pas à tendre la main à l’étranger pour financer une campagne parfois très onéreuse. Ces fonds sont entourés du plus grand secret dont la provenance est cachée par le leader aux autres responsables et militants. Car dévoiler la source de l’argent reviendrait à perforer le mur qui entoure le mystère de son pouvoir.
Quid du parti au pouvoir ? De l’indépendance à nos jours, c’est la même logique qui est à l’œuvre :   les rackets des entreprises étatiques permettent, par exemple, d’assurer les dépenses des grands meetings politiques et de recruter des personnes très influentes. Et les transhumants VIP sont les mieux cotés en bourse.
C’est parce qu’il détient les clés du coffre que le leader du parti a, à la fois, une ascendance politique et psychologique sur ses camarades qui sont réduits au rang de « sujets ». Il décide de tout, jusqu’à la « vie » ou la « mort » politique du militant. Moralité, les renouvellements des instances de base se font, la plupart du temps, suivant sa volonté et ses humeurs.
Le secret qui entoure l’usage de l’argent en politique représente un danger pour la démocratie. D’abord, à l’échelle nationale (lorsque le candidat devient chef d’Etat), souvent, la contrepartie est payée par le contribuable à travers un système d’attribution non transparent de marchés qui ressemble à une sorte de retour de l’ascenseur. A l’échelle du parti politique, l’argent noir fait naître à l’intérieur d’une formation politique, des rapports de soumission, de subordination et de dépendance. Conséquence, la prise de décision et de responsabilité n’est plus une affaire de tous.
Les passations de marchés publics, achat de voix et de consciences, menaces et intimidation par la pression fiscale, voilà ce qu’on peut faire avec l’argent dans le milieu politique.
Les partis politiques violent allègrement la loi et tout le monde ferme les yeux sur la provenance de leurs ressources financières. Certains ont même pactisé avec le diable, prenant l’argent de puissants lobbies parfois à la moralité douteuse. Lesquels peuvent revendiquer indirectement un droit de regard sur la marche des affaires du pays. Et c’est là le danger.
Il urge alors de créer les conditions de financement des partis, avec un dispositif légale transparent, incluant le plafonnement des dépenses de campagnes électorales.
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