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Londres et Paris vont renforcer leur coopération de défense

Emmanuel Macron et Theresa May se retrouvent ce jeudi 18 janvier à la prestigieuse Académie royale militaire britannique de Sandhurst pour un sommet franco-britannique. La défense doit figurer en bonne place au menu de cette rencontre.

Sur l’échiquier international, Londres et Paris partagent les mêmes sujets d’inquiétudes. « Les zones ou intervient l’un constituent un sujet de préoccupations pour l’autre » fait-on remarquer à l’Elysée. Les opérations contre l’organisation Etat islamique touchant à leur fin au Moyen-Orient, la Grande-Bretagne souhaite prêter main forte aux forces françaises qui luttent contre le terrorisme au Sahel et au Sahara.

Les Anglais avaient déjà aidé l’armée française au début de l’opération Serval, en mettant à disposition des avions de transport et des appareils d’écoute et de renseignement. On parle cette fois de drones armés et d’hélicoptères. « Un appui opérationnel très significatif sera annoncé à Sandhurst. L’an dernier, l’armée française s’était déployée à Tapa en Estonie, sous commandement britannique, dans le cadre des mesures de réassurance de l’Otan » rappelle-t-on à l’Elysée.

Deux pays européens qui pèsent en matière de défense

La France et la Grande-Bretagne représentent à elles deux 50 % des dépenses de défense de l’Union européenne, constituent les deux seules puissances nucléaires d’Europe occidentale et disposent toutes deux de capacités de projection (avions ravitailleurs et cargos, porte-avions, navires amphibies).

De part et d’autre de la Manche, chacun observe ce que fait son voisin. « Si militairement, un pays décroche, tôt ou tard, l’autre à toute les chances de suivre le même chemin », fait remarquer un expert. « Nous observons notamment l’attitude britannique concernant la modernisation de leur arsenal nucléaire », concède un cadre du ministère français des Armées.

La France doit s’engager sur sa propre modernisation de la dissuasion. La loi de programmation militaire 2019-2025 (LPM) doit être adoptée avant l’été 2018. Le traité de Lancaster House, signé en 2010, a conduit à une interdépendance sur des sujets très sensibles, comme les missiles, et précisément la simulation des armes nucléaires. Ce traité a permis aussi la mise en place d’une capacité expéditionnaire conjointe.

Horizon économique incertain de l’autre côté de la Manche

Avec le « Brexit », les Britanniques se retrouvent dans une « situation économique contraignante », reconnait-on au ministère des Armés à Paris. « L’inflation, la baisse de la livre sterling, les achats en dollars, tout cela ne met pas les Britanniques dans une situation facile (…) mais c’est presque une fenêtre d’opportunité pour continuer à travailler en bilatéral ».

A Sandhurst, Paris et Londres devrait « réaffirmer leur ambition industrielle autour du projet de futurs drones de combat (FCAS) », souligne l’Elysée. A l’origine, un engin expérimental devait voir le jour en 2025. Les industriels français veulent encore y croire, mais l’examen du « projet est toujours dans sa phase initiale » précise-t-on à l’Elysée. En clair, à ce stade, il n’a débouché sur rien de concret, alors que Paris se tourne désormais vers Berlin pour développer un nouvel avion de combat plus classique.

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