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Lutte contre le terrorisme et implication du Sénégal- L’Arabie Saoudite change de stratégie

  • Date: 17 décembre 2015

Le projet nourri il y a de cela quelques mois, d’envoi de 2100 Jambars en Arabie Saoudite par le Sénégal, est loin d’être abandonné. C’est la stratégie de communication qui a été complètement modifiée par l’Arabie Saoudite eu égard, manifestement à la levée de boucliers qu’une telle entreprise avait soulevée dans le pays de la Teranga. Le Sénégal figure désormais sur la liste de 34 pays dont ceux de l’Afrique devant constituer une coalition de « lutte contre le terrorisme ». Comme quoi, il ne s’agit plus, aujourd’hui, de « défendre la Kaaba », c’est-à-dire les lieux Saints de l’Islam comme initialement annoncé par les autorités sénégalaises. Encore moins de participer directement à la guerre contre les rebelles chiites comme nombre de Sénégalais l’avaient suspecté. Il s’agit, ici, de « lutter contre le terrorisme ». C’est aussi simple que cela. Quand on sait que la lutte contre ce mal du siècle est une entreprise noble qui ne laisse aucun État indifférent parce que personne n’est à l’abri. Et que le Sénégal s’est déjà engagé à ne pas être en reste dans cette guerre. Soit. Mais, là aussi subsiste beaucoup d’interrogations que ni la communication du Gouvernement du Sénégal ni celle de l’Arabie Saoudite n’arrive encore à surmonter.

En premier lieu, il convient de noter avec Seydou Gassama de Amnesty Sénégal, qu’à part quelques rares exceptions, les États engagés dans cette coalition sont ceux qui font des frappes contre les rebelles chiites au Yémen. Une coïncidence qui est loin d’être gratuite.

Or, on peut se demander avec M. Gassama si le Sénégal a besoin de participer à une coalition de guerre contre le terrorisme alors que le continent africain est très gravement affecté. Et que le terrorisme est à nos frontières avec le Mali frappé par des groupes comme El Mourabitoune de l’Algérien Mohtarbel Mohtar et Aqmi qui se sont coalisés notamment dans l’attaque récente de l’hôtel Radisson Blu de Bamako qui vient d’ailleurs de rouvrir ses portes.

La Somalie est en prise avec les Shebab tandis que le Tchad, le Nigeria, le Cameroun font face à l’ex Boko Haram devenu groupe Aqmi en Afrique de l’Ouest. Même si, par ailleurs, la plupart de ses pays font partie de la nouvelle coalition formée par l’Arabie Saoudite.

Des interrogations qui nous poussent à remettre sur la table les réserves formulées quand le projet d’envoi de nos soldats avait été émis. C’est le risque notamment que les Jambars soient envoyés sur le terrain des opérations. Pire, rien ne nous dit qu’ils ne seront pas opérationnels au sol alors que jusqu’ici, aucun État de la coalition ne l’est. Ils se contentent de frappes aériennes peu efficaces contre des groupes rebelles qui sont en général très mobiles et disparates.

Mais, ce qui nous semble le plus préoccupant, c’est le fait que ces opérations ne soient pas engagées sous la bannière des Nations-Unies ou de l’Union africaine (Ua) encore moins de la Cedeao.

Nous le savons tous et nous nous en glorifions souvent, nos soldats sont très appréciés sur le théâtre des opérations à travers le monde du fait de la permanence de leurs interventions et surtout leur professionnalisme. Mais, le Sénégal intervention toujours à la demande des Nations-Unies comme cela sied en pareils cas. Le fait d’intervenir loin de soi, dans un autre continent sans mandat onusien nous semble hasardeux, inapproprié et dangereux.

Certes, l’Arabie Saoudite est une vieille amie à qui nous devons beaucoup en termes d’appuis de toutes sortes sur le plan bilatéral. Mais nous nous vraiment concerné par cette intervention qui rappelle les méthodes françaises et américaines en Libye, en Irak et ailleurs ? Absolument pas. Or, tout le monde sait que le conflit Yéménite est une affaire interne à ce pays. Le président est en prise avec une rébellion chiite qui l’a beaucoup affaibli. Pire, ce conflit a réveillé les rivalités Sunnites-Chiites et posé des enjeux géopolitiques liés à la guerre de positionnement entre l’Arabie Saoudite et l’Iran pour le contrôle de la sous-région. L’Arabie Saoudite ne veut pas laisser triompher des pro-Iraniens au Yémen pour des raisons évidentes. Alors, s’agit-il là d’une guerre contre le terrorisme ? Nous ne le pensons pas. D’autant plus qu’à ce moment même, des négociations sont en cours à Genève entre le Gouvernement légitime et les rebelles pour trouver un terrain d’entente et qu’un cessez-le-feu avait même été signé même s’il a été violé, avant-hier.

On le voit bien, on ne négocie pas en général avec des terroristes et ces derniers n’auraient jamais accepté de s’assoir autour d’une table s’il s’agissait d’Al Qaeda ou de sa rivale Aqmi. Le propre du terrorisme est de créer le chaos.

Nous sommes donc en face d’un conflit interne au Yémen quelles que soient ses implications sur le plan international et l’intervention des États tiers devrait se limiter à pousser les belligérants  à la table des négociations à moins, qu’il ne s’est agi, en l’espèce, de sauver un régime qui allait abdiquer devant des rebelles ou qui l’avait même déjà fait.

Au demeurant, le Sénégal n’intervient pas en général dans les affaires intérieures des États et ne saurait appuyer d’autres États à le faire. Or, tous les États africains embrigadés dans cette coalition n’ont ni moyens financiers ni logistiques pour jouer leur partition. Ils ne sont attendus que sur leurs contributions en hommes de troupes et en officiers. Du coup, il importe d’y réfléchir par deux fois avant de s’y engager. D’autant plus que les arguments avancés ça et là pour justifier l’intervention sont inacceptables. Dire que nous gagnons une contribution financière importante dont le montant a même été donné par  un quotidien de la place sans être démenti, nous semble grave. Nous n’avons pas une armée de mercenaires. Nous ne sommes pas un pays mercenaire. Certes ces soldats dont des réservistes y gagneront aussi beaucoup, mais à condition qu’ils rentrent au bercail. Ce qui n’est pas garanti d’avance.

En fait, la communication du Gouvernement du Sénégal était tellement maladroite sur la question qu’il a fallu prendre du recul pour la repenser. Du fait surtout de la virulence des réactions enregistrées.

Toutefois, « la lutte contre le terrorisme » ne saurait tout expliquer. Et l’implication d’autres pays africains peut justifier une opération manifestement destinée à venir en aide à un régime fragile face à des rebelles déterminés.

 Abdoulaye Diop

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