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Lutte contre le Sida en Afrique de l’Ouest et du Centre : Un plan d’accélération de la riposte pour traiter 1,2 million de PvVih supplémentaires

Pour changer la forme de la riposte au Vih en Afrique de l’Ouest et du Centre, le Bureau régional de l’OnuSida pour cette région a organisé, à Dakar, un forum sur « Médias, santé et développement ». L’objectif visé est de s’assurer de l’accélération du Plan de rattrapage du Vih dans les 25 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre afin de mettre sous traitement, d’ici à 2018, 1,2 million de Personnes vivant avec le Vih (PvVih) supplémentaires.

Trente-six, vingt-huit et douze ! Tels sont, respectivement, en Afrique de l’Ouest et du Centre, les pourcentages des Personnes vivant avec le Vih (PvVih) connaissant leur statut sérologique (36%), ayant accès à un traitement (28 %) et dont la charge virale est indétectable (12 %). Pourtant l’objectif, d’ici à 2020, est d’atteindre, dans chacun des trois domaines cités (statut sérologique, traitement et charge virale), un taux de 90 %. D’où l’objectif des 3 (90).

Ainsi, pour inciter les 25 pays situés dans ces deux régions du continent à réaliser les objectifs fixés, il a été lancé le Plan de rattrapage du Vih/Sida pour accélérer la riposte en Afrique de l’Ouest et du Centre. Adopté le 4 juin dernier, lors du 29ème Sommet de l’Union africaine (Ua) à Addis-Abeba, ledit Plan, d’une durée de 18 mois, est mis en œuvre dans plusieurs pays. C’est pour s’assurer de son accélération que le Bureau régional de l’OnuSida pour l’Afrique de l’Ouest et Centre a tenu, à Dakar, les 30 et 31 octobre 2017, un forum dont l’objectif est d’informer les journalistes pour « changer la forme de la riposte au Vih/Sida en Afrique de l’Ouest et du Centre », a indiqué Dr Djbrill Diallo, directeur régional de l’OnuSida pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Selon lui, si on ne fait pas attention, ces deux parties du continent africain seront laissées pour compte dans l’atteinte, en 2020, des objectifs consistant à dépister 90 % des PvVih, à donner un traitement à 90 % des personnes dépistées et à faire en sorte que 90 % des personnes traitées aient une charge virale non détectable. Il s’agit alors d’intensifier la riposte contre le Vih/Sida en réduisant au maximum les goulots d’étranglement pouvant empêcher d’atteindre les objectifs.

Pour cela, il est important, a informé le directeur régional de l’OnuSida pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, de mettre sous traitement 1,2 million de PvVih supplémentaires. D’autant plus qu’en 2015, sur les 6,5 millions de PvVih habitant dans ces 25 pays, seul 1,8 million recevait un traitement antirétroviral. Pis, a estimé l’OnuSida, l’Afrique de l’Ouest et du Centre enregistre 21 % des nouvelles infections au Vih dans le monde.

Pour sa réussite, le Plan de rattrapage, qui sera transféré, à partir de janvier 2019 aux Etats, doit s’appuyer sur 4 piliers, à savoir « la mobilisation politique, la dimension programmatique, la mobilisation des ressources internes et externes ainsi que la communication », a cité Dr Djibrill Diallo. D’ailleurs, a estimé Dr Luis Loures, vice-directeur exécutif de l’OnuSida, dans son intervention en direct par vidéo, il est important de travailler sur ces éléments. Auparavant, il a lancé un appel pour « briser le silence et être à l’avant- garde ». A ce niveau, il a invité les journalistes, qui doivent jouer, selon lui, un rôle catalyseur dans la lutte contre le Vih, à se faire entendre davantage. « Si nous voulons que le Plan de rattrapage soit couronné de succès, la lutte contre le Vih doit être l’affaire de tous ». Mieux, a plaidé le vice-directeur exécutif de l’OnuSida, « nous devons faire en sorte que les PvVih soient au centre des initiatives ».

Prendre en compte les besoins des populations clés
Aussi, urge-t-il, selon Sirra Ndow, qui a axé sa communication sur les populations clés, notamment les travailleuses du sexe et les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, dans une approche basée sur les droits humains, « de ne laisser personne en rade ». Selon elle, cette stratégie peut permettre de mettre fin au Sida d’ici à 2030. « On ne peut pas mettre fin à l’épidémie si on ne prend pas en compte les besoins des populations clés », a-t-elle assené. Car ces dernières représentent « 27 % des nouvelles infections à Vih en Afrique de l’Ouest et du Centre ». En 2015, a renseigné l’OnuSida, « la moyenne de la prévalence du Vih dans cette région était de 17 % chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, 16,5 % chez les professionnels du sexe et 6,5 % chez les usagers de drogues injectables ». Pour atteindre les buts visés, Mme Ndow dit pense qu’« il faut d’urgence mettre en place des services qui permettent à toutes les populations d’avoir accès au traitement ». Poursuivant, elle a préconisé, si l’on désire réduire davantage la prévalence du Sida, de passer les initiatives réussies à l’échelle et de « renforcer les programmes destinés aux populations clés ». Concernant toujours l’accès aux soins des populations clés, Sirra Ndow a appelé à « faire le plaidoyer au plus haut niveau pour que les lois très répressives contre les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes et les travailleuses du sexe soient revues ».

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