16 septembre, 2014
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LUTTE – GRIS BORDEAUX/EUMEU SENE : Une revanche plébiscitée

LUTTE – GRIS BORDEAUX/EUMEU SENE : Une revanche plébiscitée

Le 13 juin 2004, il y a presque six ans, Ibrahima Dione dit Gris Bordeaux battait Eumeu Sène, alors poulain de Balla Gaye n°2. Une défaite amèrement ressentie à Pikine, puisque c’était là un coup de frein pour ce garçon sur qui la banlieue fondait beaucoup d’espoirs, après surtout son titre de champion d’Afrique de lutte traditionnelle, sa brillante victoire face à Mbaye Diouf et un match nul honorable devant le colosse Simel Faye. Mais du côté de Fass, rien ne devait plus empêcher le «futur Tigre» de gravir les échelons, après qu’il ait écarté de son chemin des ténors comme Khadim Ndiaye n°2 et, surtout, le lieutenant de Yékini, Antoine Bakhoum.

Eumeu Sène/Gris Bordeaux, c’était assurément la «finale des espoirs», en cet après-midi du dimanche 13 juin 2004, c’est-à-dire il y a six ans (dans moins d’un mois). En son temps, ces deux jeunes avaient quasiment fait le vide autour d’eux, particulièrement dans leur catégorie. Dès lors, il fallait accéder à la classe au-dessus, celle des ténors où ils évoluent aujourd’hui. Mais depuis cette confrontation aussi, les amateurs n’ont pas arrêté de réclamer, en vain, cette revanche qui fait rêver plus d’un.

Eumeu Sène, bien qu’ayant disputé moins de combats que Gris Bordeaux pendant ces six ans, n’en a pas moins confirmé sa bonne santé, perdant malencontreusement devant Khadim Ndiaye (sur blessure à l’œil), après avoir dominé le géant du Saloum, Soulèye Dop. Plus près de nous encore, il a surpris la nouvelle star de la banlieue, Balla Gaye n°2, à un moment où le fils de Double Less paraissait intouchable. Quant au «Nouveau Tigre» de Fass, ses victoires sur Tyson Junior (paix à son âme), mais surtout sur Serigne Dia «Bombardier» ont assuré son ancrage dans la cour des grands, même si, par la suite, il a subi la loi de Balla Bèye n°2, puis de Yékini.

Flash-back sur… le 13 juin 2004

Retour sur le combat du 13 juin 2004. «18 h 45, l’arbitre donne le coup d’envoi. Sans round d’observation, les protagonistes déclenchent la bagarre. De coups violents coups sont échangés, débouchant sur un corps-à-corps engagé à l’initiative du sociétaire de l’écurie de Fass. Pendant près de six minutes, chacun cherche à manœuvrer, mais aucun d’eux n’arrive à trouver la faille. Gris Bordeaux saisit des deux mains le pagne d’Eumeu Sène et tente de l’attirer vers lui, tandis que le Pikinois, les avant-bras sous les aisselles de Gris (sol, en Ouolof), cherche le déséquilibre…

«Au moment où Eumeu Sène s’attendait à voir Gris Bordeaux tenter une projection latérale ou toute autre technique basée sur la saisie au pagne, le Fassois libère sa prise et s’empare des deux jambes du poulain de Baboye (devenu, de nos jours, lieutenant de Tyson), le fait décoller du sol et, dans une course effrénée, va le projeter derrière les sacs qui délimitent l’enceinte. Malgré sa situation de déséquilibre, Eumeu Sène a tenté, avec force désespoir, une projection (botty), mais Gris était trop lourd et avait exercé tout son poids dans sa tentative. Au verdict de l’arbitre, qui a validé la chute hors des sacs (l’action ayant été entamée à l’intérieur, comme le stipulent les règlements), il est quasiment impossible de consoler le Pikinois qui, comme la plupart de ses supporters, a fondu en larmes».

Pikine en redemande…

A cause de ces chaudes larmes, justement, les Pikinois réclament cette revanche que Luc Nicolaï se propose d’organiser, avant la fin de la présente saison. Et aux yeux de nombreux amateurs, une telle confrontation est plus crédible et plus équilibrée qu’un Tyson/Gris Bordeaux, qui ne se justifie point, au regard du palmarès en dents-de-scie du Fassois. On parle déjà d’une soixantaine de millions Fcfa pour chaque lutteur, ce qui nous paraît raisonnable pour un combat aussi réclamé par les amateurs, mais également par les puristes de la lutte sénégalaise avec frappe.

SERIGNE MOUR DIOP