Confidences

M. Fall, quinquagénaire: « J’ai fumé et bu de l’alcool à Touba avant que Serigne Touba ne me soit apparu »

  • Date: 7 septembre 2015

M. Fall, quinquagénaire: « J’ai fumé et bu de l’alcool à Touba avant que Serigne Touba ne me soit apparu »

L’histoire de ce quinquagénaire est triste. Natif de la région de Louga, M. Fall habite Touba depuis quinze ans. Il est venu dans la ville sainte avec certaines habitudes nuisibles à la santé comme fumer et boire de l’alcool. Le 7 septembre 2000, c’est-à-dire 15 ans jour pour jour, il s’installait non loin de la grande mosquée avec une partie de sa famille.

« Je me rappelle que pour la première fois que j’allumais mon poste radio après avoir installé tous les bagages, c’est la voix de Serigne Abdou Lahad Mbacké que j’entendais. Il interpellait les habitants de Touba et les talibés sur l’importance qu’il attachait au respect des interdits dans le périmètre sacré. C’est comme s’il s’adressait à moi, nouvel occupant des lieux. J’ai tout de suite eu des frissons. Néanmoins, j’étais certain d’une chose : je ne pouvais pas me passer de la cigarette et de l’alcool. Ces deux choses faisaient partie de ma vie. Je ne pouvais m’en passer, pour rien au monde. J’ai alors décidé de fumer et de boire à Mbacké, située à 7 kilomètres. Malheureusement, la nuit du 7 septembre, je m’en suis procuré mais j’ai été convaincu par un ami que j’ai rencontré de transporter la marchandise en cachette puisque j’étais dans mon véhicule. Depuis ce jour, j’ai fumé et bu de l’alcool à Touba, pendant quinze ans ». M. Fall, comptable dans une entreprise privée, a fait fi des recommandations des différents khalifes de Touba pendant tout ce temps. Ces activités prohibées, il les faisait dans sa toilette intérieure et sa femme l’aidait, en parfumant la pièce, à anéantir les odeurs.

« Ma femme m’a beaucoup aidé à cacher aux voisins que je fumais et buvais dans la ville sainte et à quelques lieux de la grande mosquée. Son encens parvenait à tout dissimuler.  Pour ce qui concerne l’alcool, c’était pareil. Elle avait décidé des moments précis pour le prendre. En un mot, elle s’était arrangée pour tenir secrètes mes pratiques pendant toutes ces années. Seul un chauffeur était au courant. Ce dernier me suppléait quand matériellement je n’avais pas le temps de  m’en procurer par moi-même ».

En 2012, M. Fall commence à tomber malade. La première attaque lui est arrivée un jour de vendredi. C’était au moment de la prière du tisbaar au niveau de la grande mosquée devant la porte qui fait face à la résidence de Serigne Fallou Mbacké. « Ce jour-là, je tenais à aller prier dans la mosquée. C’est bizarre mais c’était la première fois depuis 12 ans que je décidais véritablement d’aller prier un jour de vendredi à la mosquée. Généralement, à cause de mon calendrier chargé, les vendredis je n’ai pas le temps. Malheureusement, ce jour-là, il y avait énormément de monde. Et puis, il faisait extrêmement chaud. J’ai pris part à une bousculade monstre devant le portail. Je me rappelle qu’une autorité de l’Etat devait prendre part à la prière. Je me suis réveillée à l’hôpital Matlaboul Fawzeini. J’avais perdu connaissance. Le docteur m’avait dit que j’avais suffoqué parce que ma respiration ne se faisait plus normalement. Un malade à côté de moi écoutait une radio de la place avec son téléphone portable. Des haut-parleurs, j’entendais à nouveau Serigne Abdou Lahad Mbacké dire qu’il interdisait à Touba cigarettes, alcool, ports vestimentaires indécents et qu’il n’épargnerait pas sa vie dans la lutte qu’il mène contre. Juste après lui, c’est la voix de Serigne Saliou Mbacké qui retentissait. De son message, je retiens encore une phrase. ‘’ Contrairement à Serigne Abdou Lahad, moi j’ai décidé d’attacher au respect des interdits la vie de ceux qui les transgressent’’. J’ai aussi sursauté de mon lit. C’est comme si j’étais guéri et j’ai décidé de tout arrêter ».

M Fall n’arrêtera rien. Du moins, il le fera le temps d’une journée. La routine devait reprendre. « Un an après, le 4 juillet 2013, j’ai eu la malchance de tomber en panne à Mbacké. Alors j’ai rejoint Touba à bord d’un ‘’Mbacké-Touba’’ dissimulant dans mon caleçon un paquet de cigarettes. Je suis tombé sur les gendarmes qui travaillaient ce jour-là en collaboration avec des membres de la dahira Safinatoul Amann. Les pandores m’ont fouillé et ont trouvé le paquet sur moi. Aussitôt, j’étais arrêté et j’ai passé la nuit au poste de contrôle situé près de l’ancien garage. Cette nuit, je ne l’oublierai jamais. Heureusement, que les gendarmes m’ont reconnu et m’ont laissé partir le lendemain après que j’ai payé l’amende. Le lendemain, je suis tombé gravement malade. J’ai fait tous les hôpitaux du Sénégal ».

M Fall, loin d’être au bout de ses peines, devait apprendre qu’il souffrait du cancer et de nombreuses autres maladies dont il fera l’économie. « Je souffrais énormément. J’avais mal partout et tout le temps. Un médecin m’a appris que j’avais attrapé un cancer. Ici, c’était un cancer du foie, là-bas on me parle de cancer du cœur. Même un médecin que j’ai consulté en France m’a dit que je n’avais aucun cancer et que mes douleurs ne s’expliquaient pas. Avec l’aide de mon entreprise, j’ai suivi des traitements à Paris, Casablanca et au Sénégal. Les diagnostics des médecins ne disaient jamais la même chose ».

M Fall se résigne alors à rentrer au Sénégal. « J’avais décidé de revenir au Sénégal et d’attendre la mort. J’ai repris petit-à-petit à fumer. Une cigarette par jour, pas plus ! ».

Dans l’avion, M Fall vit apparaitre une image. C’est celle de Serigne Touba.  Le Saint-homme lui parle d’une voix que lui-seul entendait.

« Je suis certain d’une chose. J’avais fermé les yeux mais je ne dormais pas. J’ai vu Serigne Touba me dire ‘’ ta maladie, ce n’est pas le cancer.  Ta maladie résulte du fait que tu refuses d’accorder à la terre de Touba le respect qui sied.  Je t’ai parlé plusieurs fois et à travers divers moyens. Mais, tu as refusé d’obtempérer. Que Dieu guide tous les musulmans sur le droit chemin !’’.  Ce jour-là, je me suis levé de mon siège en hurlant. Tous les voyageurs étaient étonnés. Depuis ce jour qui coïncide avec le début du ramadan 2015, je me rends tous les jours à la mosquée, je participe à tous les séances de balayage de la mosquée et de ses environs, en attendant la mort ». M Fall a perdu en l’espace de quatre mois plus de 10 kilos. Il mange peu, dort peu et prie beaucoup. Il n’a qu’une chose en tête ; rencontrer le khalife Général des Mourides et recueillir ses prières.

Seydina Mouhamed Diouf


 

 

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