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Pour Macky, l’essentiel est de gagner- Par Wagane Faye, avocat

Il y a de quoi s’inquiéter – Dire que l’essentiel est de gagner (…) me semble être une bévue – À quand alors une véritable mue de la société sénégalaise ?

Si après de tels propos venant de l’autorité suprême de l’Etat, dont une des préoccupations doit être de chercher à calmer le jeu lorsqu’il s’emballe comme c’est le cas depuis la publication des résultats des législatives, il y a de quoi s’inquiéter mais surtout de désespérer des élections comme mode de dévolution paisible du pouvoir politique, dès lors que très rarement elles sont organisées comme il faut et aboutissent très souvent à des résultats qui causent des troubles. C’est le cas presque partout en Afrique. Mais éteignons le feu chez nous d’abord.

Dire que l’essentiel est de les gagner, faisant table rase de tout autre soucis me semble être une bévue que le Président SALL n’aurait pas faite, pour peu qu’il eût réfléchi sur la portée des commentaires qui n’ont pas manqué d’en découler. D’autres observateurs ont-ils pris leur courage à deux mains pour lui faire cette remarque ? Peut-être oui, peut-être non, car pour les égoïstes, il faut avant labourer son propre champs.

En tout cas aussi bien sous le règne du Président Abdou DIOUF que sous celui du Président WADE et du Président Macky SALL, les Kamikaz qui disent des vérités amères aux suzerains se sont toujours comptés au bout des doigts, et pour cause ! Et pourtant pour l’intérêt général, ils devraient faire légion dans tous les secteurs de notre pays où des voix objectivement critiques demeurent attendues.

Mais tant que la loi la plus respectée est celle qui sanctionne, nomme aux fonctions juteuses, qui permettent l’envol des thuriféraires qui se font entendre ou qui sont tapis dans l’ombre, les voix de l’intérêt des masses resteront inaudibles et celles en faveur des milliardaires de la 25ème heure prendront leur place.

A quand alors une véritable mue de la société sénégalaise, qui fera monter au podium l’homme ou la femme qu’il faut ? Cette question mérite d’être posée, à l’analyse des déceptions nées des promesses de campagne de ceux qui aspirent de dégager du pouvoir les « incompétents » et autres vampires qui s’y scotchent, parce qu’assimilant une défaite politique à une mort biologique.

Sans parler aussi des envieux qui sont « fatigués » d’attendre le jour de leur tour  à la soupe, ne serait-ce que comme simples invités, à défaut de pouvoir y arriver dignement, avec en bandoulière les principes qu’ils ont toujours professés.

En prétendant à la fonction suprême dans son pays et s’estimant à tort ou à raison, être l’homme qu’il faut à la place qu’il faut, on oublie que le plus difficile n’est pas d’y arriver et d’y perdurer, si l’on ne répugne à aucun moyen, mais d’y finir son mandat sans tripatouillage des constitutions, en restant identique à ce candidat qu’on était.

Rester cinq, dix, quinze ou vingt ans, au pouvoir en accaparant même des fortunes inouïes ne doit faire oublier à personne que dans la vie tout a une fin et que l’essentiel est que quand on quitte le pouvoir, loyalement, par l’effet d’un verdict populaire, ou par décès, on laisse derrière soi un bilan que ses proches auront plaisir d’entre commenter autour d’eux, surtout si ces commentateurs élogieux furent des opposants.

On aura beau retourner aux insulteurs impénitents leurs propos injurieux qui leur valent d’aller en prison pour injures au Chef de l’Etat, on n’aura pas usé de l’arme la plus efficace pour redresser les mentalités, mais plutôt que des méthodes vengeresses qui ne feront que banaliser les mauvais comportements des uns et des autres, qui ne les redresseront pas.

Rien ne vaut les bonnes méthodes d’éducation, qui se passent des coups de cravaches et des emprisonnements, en privilégiant les exemples à suivre.

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