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Macky Sall, et 1 et 2 et 3 mandats ? -Par Oumou Wane-

Houlala, mes chers compatriotes !!! Vous savez quoi ? Je crois que je suis en train de vous aimer de plus en plus !!!!!

Il n’y a vraiment que nous pour faire ça ! À plus d’un an des élections présidentielles de 2019, ne voilà-t-il pas que nous spéculons déjà sur la possibilité pour Macky Sall de briguer un 3ième mandat en 2024 ! Les Sénégalais sont-ils décidément les champions des polémiques politiciennes ? Jugez-en par vous même ! Le Président Macky n’a pas encore gagné les élections présidentielles de 2019 que présentement, nos constitutionnalistes émérites se chamaillent pour savoir s’il a le droit de postuler pour un troisième mandat en 2024 !
Je ne sais pas vraiment si notre Président a toujours le sens de l’humour, ni s’il est friand d’une bonne tranche de rire par ces temps incertains, mais avouez que là, il pourrait se « fendre la pêche » un bon coup, en pensant à tous ses opposants, vieux briscards sur le retour et jeunes loups impatients, ambitieux de tous bords et requins aux dents longues !
Ce en quoi, prétendre à un troisième mandat pour Macky Sall, est-ce possible ou impossible ? Le Professeur Babacar Guèye a soutenu récemment que le Président de la République en fonction, peut être candidat en 2024, pour briguer un nouveau mandat. Il a ajouté qu’une disposition transitoire devrait être inscrite dans la Constitution au cas où l’on ne souhaiterait pas que le Président briguât un nouveau mandat en 2024.
Cette révélation du constitutionnaliste a entraîné un tollé dans la classe politique notamment dans l’opposition, vous imaginez ! Bien sûr la constitution est très claire : le président Macky Sall ni aucun sénégalais d’ailleurs n’a la possibilité d’aller au delà de deux mandats successifs.

Seulement voilà. Si Macky Sall est réélu en 2019, ce sera alors pour un mandat de 5 ans et selon notre éminent constitutionnaliste Babacar Guèye, ce mandat en cours du Président de la République n’est pas concerné par la révision constitutionnelle de 2016. Il est de 7 ans ; le Président de la République, M. Macky Sall, l’exercera jusqu’à son terme en 2019. S’il est élu Président de la République en 2019 en application de l’article 27 de la Constitution, il lui sera donc conféré un premier mandat de 5 ans. En 2024, s’il décide de se représenter à l’élection présidentielle, sa candidature serait recevable. Vous me suivez ! En 2024, s’il est élu, il exercera son second mandat… L’élection de 2019 n’est pas le renouvellement de  celle de 2012. C’est une échéance nouvelle. C’est la  première élection d’un nouveau cycle  institué par l’article 27 de la Constitution.

Voici donc les termes de la guéguerre qui oppose ces jours-ci les spécialistes de notre constitution. La question n’est pas de savoir si l’on est pour ou contre une candidature du Président Macky Sall en 2024, mais bien de se demander si elle est possible.
Mais au fait, qui s’est demandé si Macky Sall lui même avait envie de tenir le fil du destin sénégalais, pour ce troisième mandat ? Et d’ailleurs, quel est ce nouveau monde que nous voulons aborder ?

Macky Sall est-il un accro du pouvoir ? «En Afrique, on ne peut pas désigner quelqu’un du doigt en disant qu’il est un ancien chef…». Cette phrase qu’aimait répéter l’Ivoirien Félix Houphouët-Boigny explique que l’alternance politique ne soit pas la valeur la mieux partagée sur le continent.

Ne soyons pas trop injustes, Macky Sall à n’en pas douter est un démocrate ! Mais, car il y a toujours un mais, il reste intéressant de se poser la question suivante ! Parler de 3ème mandat d’ores et déjà n’est ce pas légitimer ce qui a été jusque là communément appelé le second mandat à savoir l’élection de 2019 ? Si Macky triomphait de cette échéance et s’il devait briguer un 3ème mandat ou 2ème mandat en 2024 selon la théorie du professeur Babacar Guèye, il serait beaucoup mieux armé car tous ses chantiers seraient déjà à maturité, les caisses débordant de l’argent de nos ressources, les programmes de réformes couvrant l’ensemble de la population, le bien-être social visible et tangible. Que se passerait-il alors ? Ce qui pourrait arriver, et là c’est dans le domaine du possible, voire même du probable, c’est que l’on aille droit vers un autre référendum pour mettre les formes et éteindre les polémiques, déverrouillant ainsi la constitution et lui permettant de briguer un ou d’autres mandats.
En attendant, le problème de Macky Sall n’est pas 2024 mais bien 2019. En 2024, l’APR aura bien fini de fusionner une partie du PS, de l’AFP, du PDS, entre autres partis et devrait se retrouver capable de faire élire qui il veut dès le 1er tour. Macky Sall pourrait alors rester le Chef de son parti, installer un dauphin naturel au palais le temps d’aller exercer ses talents ailleurs ou même devenir premier ministre du président qu’il aura fait élire et reprendre le flambeau après 5 ans… Cela s’est déjà vu en Russie, non ? Mais bon, ne forçons pas le tableau. La seule échéance qui vaille aujourd’hui pour Macky c’est 2019 ! S’il passe, l’APR sera sur un boulevard et Macky hors de portée pour très longtemps !

Oumou Wane

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