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Macky Sall : Parrainages gagnants ou perdants ? (Par Oumou Wane)

D’aucuns prétendent que le dialogue politique n’intéresse pas Macky Sall et que son discours est froid ! Avouons à sa décharge et pour plagier Balzac, qu’en matière de politique, Il est plus facile d’être prétendant qu’heureux élu, par la raison qu’il est plus difficile d’avoir de l’esprit tous les jours que de dire de jolies choses de temps en temps. Là encore, la critique est aisée mais l’art est difficile.

Notre président parait-il est plus performant sur le terrain de l’action que dans l’explication de textes. En s’adressant à la nation à l’occasion de la célébration du 58ème anniversaire de l’indépendance du Sénégal, il a pu sembler ignorer le dialogue social et les sujets qui fâchent comme les parrainages, mais il semble qu’il n’ait rien oublié des priorités nationales, comme l’armée, la sécurité intérieure, l’éducation et la santé, entre autres dossiers.
Imaginez un instant qu’il ait profité de la commémoration de notre indépendance devant toute la nation, pour argumenter sur le parrainage, quel tollé c’eut été ! Pour autant, s’il veut que nous acceptions ces parrainages, il faudra bien qu’il nous les explique, qu’il les justifie et surtout qu’il nous démontre que le parrainage n’est ni anti-démocratique, ni anti constitutionnel !
La démocratie sénégalaise, nous y tenons ! Grâce à elle, Macky Sall, un citoyen «normal» a été élu brillamment en 2012. Comme ses prédécesseurs depuis notre indépendance, il a accédé à la magistrature suprême, par les urnes, suivant un processus électoral libre et transparent. Incontestablement, c’est là notre grande chance et notre force, notre démocratie, alors nous y tenons !
Oui, nous avons le droit d’être choqués par la descente musclée des éléments du GIGN, dans les locaux de Dakaractu pour cueillir Barthélémy Dias et le directeur de publication du site, et nous devons nous insurger contre cette atteinte à la liberté de la presse et aux droits des journalistes !
Dans un contexte pré-électoral très tendu, beaucoup d’entre nous s’interrogent sur la mise à l’écart de Khalifa Sall et Karim Wade, pour des présomptions de détournement de deniers publics. Les problématiques de Khalifa Sall et de Karim Wade sont différentes selon moi. Monsieur Khalifa Sall est un élu ! Le contrôle judiciaire suffisait largement à le mettre face à ses responsabilités en lui permettant de se défendre de ses accusateurs.

Dans le cas de Karim Wade, rien ne devrait l’empêcher d’être candidat, sauf, « Si le projet de loi déposé par le gouvernement sénégalais est voté par les députés, il ne pourra pas se présenter à l’élection présidentielle », estime Babacar Guèye, professeur en droit constitutionnel, dans Jeune Afrique.

En effet, condamné en mars 2015 à six ans de prison pour « enrichissement illicite », avant d’être gracié par le président Macky Sall en juin 2016, sa peine l’empêche de s’inscrire sur les listes électorales pendant une durée de cinq ans et donc de voter, mais paradoxalement, pas d’être éligible à la magistrature suprême.
Mais revenons à nos parrainages, qui eux aussi s’appliquent à limiter l’inflation de candidats. Tout est parti des dernières législatives quand le Sénégal s’est retrouvé avec 47 listes en compétition.

Somme toute, même sans être un stratège de la communication, il était aisé d’expliquer aux sénégalais que la multiplication des candidatures fantaisistes empêche la démocratie de fonctionner. Alors, en exigeant un minimum de représentativité populaire comme condition de recevabilité de toute candidature indépendante, le chef de l’Etat envoie t-il comme d’aucuns le prétendent « un cheval de Troie à l’opposition » ?

Il est clair que le manque d’explication éveille les soupçons, cristallise les méfiances, mais l’opposition chez nous n’a besoin de personne pour se saborder ! Le projet d’unification des forces vives de l’opposition ou les supposées retrouvailles entre Abdoulaye Wade et Idrissa Seck ne suffiront pas au final à faire oublier le bilan avantageux de Macky Sall. Car quoi que l’on pense du régime actuel, on ne peut que reconnaître que les résultats sont là, avec des performances économiques notoires…

Non, le risque de Macky Sall ne viendra pas de son opposition, trop occupée en guerres de clochers, mais de quelqu’un de son propre camp, qui profitant du bon bilan et de l’aspiration, sortira du bois dans la dernière ligne droite. Le syndrome Macron ! Du neuf avec du vieux, pourvu qu’il soit jeune, qu’il demande aux sénégalais ce qui ne va pas avec le Sénégal et qu’il incarne le glamour et la nouveauté ! Il lui suffira alors de changer de paradigme, de parler d’avenir, de finance responsable, de transition énergétique, de nature et de biodiversité, de transport et mobilité durable, d’innovation sociale, de santé et bien-être… Et le tour sera joué !

Pour Macky Sall, aussi « rassurant » soit-il avec des défilés civils et militaires impressionnants, le problème sera toujours le même : après 7 années d’exercice du pouvoir dévouées à sa nation et à sa fonction, son déficit de communication rendra son action illisible et son bilan sous estimé. Quel gâchis !

Il lui reste à espérer que le peuple finisse par digérer ces parrainages au forceps et qu’il reconnaisse en lui le bon père de famille capable d’ouvrir son cœur pour que chacun y trouve sa place ! Autant espérer que nos Lions du Sénégal remportent la coupe du Monde de football en Russie !
# 3 Journal de Campagne

Oumou Wane

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