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Et si on en parlait… Macky Sall refuse le suicide politique

Si Macky Sall est suivi dans sa logique, la continuité du système politique partisan sera bien maintenue. Les formes anciennes de pouvoir et de leadership se consolident. Elles vont investir plus pernicieusement par clients interposés dans de nouveaux espaces d’influence articulés avec une classe politique subordonnée et partisane à construire.
Ce sera l’une des raisons d’être de ce Haut conseil des Collectivités locales qui ne serait qu’un Sénat rebaptisé.
Ce Haut conseil que propose Macky Sall ne fera que tendre à fortifier la logique de subordination qui est la base de l’extrême politisation des Institutions de la République. Avec ce machin confié à Djibo Kâ, le Sénégal n’a quand même pas besoin de ce Haut conseil des Collectivités locales, véritable institution de domestication et de satisfaction politique.
Déjà, des noms fusent pour cette nouvelle Institution budgétivore : Aminata Touré, Ousmane Tanor Dieng, entre autres, sont déjà les noms qui émergent sous cape. Et naturellement, les appétits s’aiguisent.
Pourtant, Macky Sall est élu dans un contexte complexe qui impose de lui une démarche hautement courageuse, sacerdotale, désintéressée et novatrice. Son Haut conseil des Collectivités locales ne sera que budgétivore. Il n’aura que les contours de sinécure et de dépenses de légitimation.
Dans les réformes qu’il entend soumettre aux citoyens, des innovations majeures ne sont point apportées et on y remarque une absence totale d’indices de clôtures définitives du compromis partisan sur lequel s’est édifié le système clientéliste sénégalais : les méthodes d’hier persistent et la gestion partisane du pouvoir va demeurer.
En faisant fi des conclusions des Assises nationales portant essentiellement sur la séparation des fonctions de président de la République et de celle de chef de parti et sur une réforme drastique du Conseil supérieur de la magistrature, Macky Sall fait preuve non seulement d’un manque de sacerdoce politique, mais aussi de désintéressement. Il demeure plus que jamais inextricable à son attachement à un appareil partisan qui l’éloigne de l’intérêt national.
Il ne va jamais appliquer les conclusions des Assises nationales. Celles-ci ne pourraient être mises en application que par un régime transitoire et non par un régime de politiciens que peuplent des carriéristes.
Aujourd’hui comme hier, le président de la République et chef de parti, demeure la matrice référentielle du système politique. C’est la continuité.
En vérité, Macky Sall refuse le suicide politique. Appliquer les conclusions des Assises nationales, c’est aussi s’interdire des libéralités politiques, celles qui ont permis à Senghor, Diouf et Wade d’être diastoles et systoles du régime qu’ils ont institué.
L’indifférence des Sénégalais à ces réformes qui n’attirent que l’esprit d’une certaine élite et d’une certaine classe politique rend bien compte du manque de révolution et d’innovation de leurs contenus.
Augmenter le nombre des membres du Conseil constitutionnel non érigé en Cour, créer un Haut conseil des Collectivités locales n’est point ce qui est attendu de Macky. Dommage, une pléiade de ministres conseillers le mène aveuglément vers les abysses d’un suicide politique qui peut lui être fatal. Si jamais il demande aux Sénégalais, par voie référendaire, l’application à son compte d’un quinquennat ou d’un septennat, il risque d’y perdre des plumes ensanglantées. Les Sénégalais sont plus prompts à dire non à la longévité au pouvoir qu’à dire oui.

Pape Ndiaye

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