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Et si on en parlait… Macky, ses nombreux ministres, son essaim de DG d’Agences

Comme un Professeur titulaire de Chaire, Macky Sall a examiné l’Administration sénégalaise en dispensant un cours magistral et majestueux dans l’Amphithéâtre du Centre de Conférence de Diamniadio. Il appert, de sa lecture, que cette Administration est lourde, déséquilibrée et coûteuse.
Mais il n’a pas parlé du poids dispendieux de son gouvernement où siègent un nombre monstrueux de ministres, donnant à son équipe une image sauce gombo où des génies côtoient des cancres dont le seul mérite est l’activisme partisan. Il a également passé sous silence cet essaim d’Agences dont on compte du bout des doigts celles qui ont une utilité publique.
Contrairement aux chefs d’État de la sous-région, Macky Sall a une soixantaine de Ministres : deux Ministres d’État sans aucun portefeuille, des Ministres avec des missions dont la dénomination insolite rend bien compte d’un égarement, des Ministres délégués, des Secrétaires d’État et un nombre incommensurable de Ministres-Conseillers qui coûtent très chers à l’État.
Si cette pléthore de Ministres était efficace, le taux de croissance du Sénégal aurait atteint deux chiffres depuis belle lurette et la société serait sur une orbite angélique.
Mais pour s’assurer un leadership pro domo dans le champ politique, Macky Sall a procédé à la formation de réseaux clientélistes et au recours à de supposés responsables politiques et porteurs de voix qui, en réalité, sont de gros argentivores et de véritables maitres-chanteurs doués en supercherie. Pour satisfaire certains, il a transformé des Directions en Ministères ou Secrétariats d’État et a même nommé son ancien Premier ministre Envoyée spéciale sans aucune zone d’atterrissage.
Des gens de l’APR sont installés à la tête d’Agences ruineuses pour le budget national encore qu’on en compte certains qui y exercent leur premier métier comme celle qui est passée des Amphis à une Direction nationale.
En réalité, les Haut-fonctionnaires et les gens du régime sont la plus grande charge de l’État du Sénégal. Et personne parmi eux n’est soumis à une obligation de résultats.
Plus grave, Macky minimise l’expertise technocratique au profit de l’expertise politique qui est partisane et bavarde. On accède avec lui à des responsabilités d’État plus par la filière du parti et des coalitions nutritives que par des capacités technocratiques et ingénieuses.
C’est d’ailleurs ce qui explique l’accentuation des querelles de tendance alimentant des sorties au vitriol d’apéristes contre des apéristes, surtout contre des personnalités de la Haute-Administration qui se sont vues obligées de militer dans l’APR et de se trouver une base politique.
Macky Sall a ainsi deux problèmes : c’est plus un homme politique qu’un homme d’État et il professe de vertueux principes tout en faisant le contraire. La primauté du parti, des amis et de la famille et la gouvernance coûteuse et ostentatoire qu’il applique en donnent une parfaite illustration.
C’est lui qui finance son parti et ses structures annexes et donne aux partis alliés leur part, une fortune utile ailleurs que dans les goussets partisans.
Les grandes mesures qu’il a annoncées à la fin du Forum sur l’Administration sont louables. Mais elles auraient eu plus d’effets s’il commençait par réduire le train de vie de l’État qu’il a alourdi avec le placement clientéliste.

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