MAGAL DE TOUBA- Cheikh Ahmadou Bamba ou la victoire de la foi sur la puissance matérielle 

D’un Magal à un autre, la célébration du départ en exil (1895) du fondateur du mouridisme, Cheikh Ahmadou Bamba, prend une dimension de plus en plus grandiose, à tous points de vue.

L’événement considéré par les colonisateurs et les ennemis de l’Islam comme un supplice pour le saint homme de Touba, est contrairement fêté comme une date de délivrance, de victoire sur l’ennemi et sur celui qui a voulu dominer et assujettir l’homme noir et le peuple africain. Ce 18 Safar est ainsi un jour de grâce et de réjouissance où les talibés offrent des mets succulents à volonté, dans la cité sainte de Touba et partout à travers le monde. A l’honneur de Khadimou Rassoul (le Serviteur du Prophète), qui baigne dans le voisinage de Dieu et qui a reçu d’Allah une récompense inégalée qu’il veut partager avec les mourides, la Ummah islamique et les êtres pieux. Cheikh  Ahmadou Bamba, est-il besoin de le rappeler, a été le seul résistant africain à ne pas tomber sous les balles, les supplices, la force matérielle et la domination du colonisateur. Par la force de la foi en Dieu le Tout-Puissant, en Mouhamed le Prophète de l’Islam (Paix et salut sur la meilleure des créatures), aux valeurs de l’Islam et de son terroir, à l’amour de son peuple, il est parvenu à faire plier ses ennemis qui ont voulu l’éliminer physiquement, le néantiser, lui, culture et sa civilisation. La puissance occidentale a abdiqué face « au roseau pensant » (cette séquence de l’histoire est mise entre parenthèse par les écoles et universités africaines). La vie du fondateur du Mouridisme est jalonnée d’épreuves, comme en attestent ses déportations hors du pays, au Gabon (1885-1902), en Mauritanie auprès du Saint Cheikh Sidya, à Thiéyène. Dans sa tentative forcenée de l’anéantir, les colons le mirent par la suite en résidence surveillée à Diourbel. L’âme immortelle disparut des yeux des humains en 1927 à Keur Gou Mack. Son fils aîné et premier khalife, Serigne Moustapha Mbacké, la famille et la communauté mouride, choisirent Touba pour la dernière demeure de l’un des plus grands pôles de savoir et sainteté (Khoutbou Zamane) que l’humanité n’ait jamais connu. De son vrai nom Ahmad Ben Habib Allah, Cheikh Ahmadou Bamba a des origines Hal Pulaar. Son quatrième ascendant est venu du Fouta pour s’installer en pays Wolof. Son arrière-grand-père, Mame Marame (aïeul de Maodo Malick Sy) et père de Balla Mbacké, fonda en 1772, dans le Baol, le village de Mbacké. Balla Mbacké s’installa dans ce village avec sa famille et enseigna le Coran. Touba, qui devint au fil des ans l’une des plus grandes cités saintes et religieuses du monde, reçoit pour les besoins d’un pèlerinage annuel, les talibés et fidèles en provenance de toutes les localités du Sénégal, de la sous-région et du reste du monde.

Sidy Thiam (Envoyé spécial Touba)

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