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Magistrature : Le juge Souleymane Téliko élu président de l’Ums

L’Union des magistrats sénégalais (Ums) a un nouveau patron. Le juge Souleymane Téliko a été élu ce samedi 19 août 2017 par ses pairs lors de leur assemblée générale tenue à Saly.

Il remporte ainsi le scrutin devant le président sortant Magatte Diop et l’avocate générale près la Cour suprême Marième Diop Guèye.

Environ la cinquantaine, 22 années de service, Souleymane Téliko est connu pour son intégrité et sa compétence. Natif de Dakar, il est surtout connu pour être un magistrat d’une grande piété, mais qui n’était pas en odeur de sainteté avec sa hiérarchie.

Depuis la publication, le 3 décembre 2016, d’une tribune sur la réforme judiciaire, il «était dans le collimateur du ministre de la Justice», disait-on. D’ailleurs, il a échappé de peu à une traduction devant le Conseil de discipline de la magistrature.

Dans cette tribune qui lui a valu bien des déboires, le président de chambre à la Cour d’appel de Thiès écrivait, parlant de la récente réforme judiciaire, qu’elle “fait la part belle à un groupe restreint de magistrats, en l’occurrence 18 d’entre eux sur plus de 500 que compte l’effectif du corps”. “La réforme envisagée, qui est adossée à l’emploi, va ainsi instaurer une discrimination entre des personnes relevant de la même catégorie”. “S’agissant de la réforme envisagée de l’article 65 du Statut des magistrats, le seul argument avancé à ce jour par les autorités est celui relatif au départ massif de magistrats à la retraite. S’agit-il là d’une raison objective et raisonnable pour justifier la discrimination ? En réalité, on ne peut répondre valablement à cette question que si on la pose autrement : En quoi cette réforme est-elle utile à la justice ? A cet égard, on oublie trop souvent que si la justice est rendue au nom du Peuple, elle doit aussi être administrée dans l’intérêt exclusif des populations. Or, sous ce rapport, une simple analyse des implications de cette réforme permet de prendre la mesure de ses effets néfastes sur l’un des piliers essentiels de la justice que constitue l’indépendance des juges», écrivait-il.

“Nous n’osons pas croire que ceux qui ont élaboré ce texte aient pris toute la mesure de ses effets dévastateurs pour la justice. Mais en tout état de cause, ils doivent savoir qu’en faisant voter cette loi, ils auront porté la lourde responsabilité d’avoir semé les germes du “larbinisme” et du “carriérisme” dans cette justice que l’on voudrait pourtant forte, indépendante et crédible”, ajoutait-l’ancien secrétaire général près la Cour d’appel de Dakar.

C’est donc à cet ancien directeur adjoint par intérim des Affaires civiles et du sceau, courageux dans ses prises de position, réputé incorruptible et très à cheval sur les textes, que revient désormais la lourde tâche de présider aux destinées de l’Ums. Ses collègues, qui l’ont plébiscité, ont foi en lui ? C’est connu : Souleymane Téliko n’est pas un homme obnubilé par les postes et les prébendes.

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