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Majoration des salaires dans les entreprises le oui, mais… du Conseil national du patronat

Dans le cadre de l’ouverture des négociations tripartites Etat-Patronat-Travailleurs, les entrepreneurs regroupés au sein du Conseil national du patronat (Cnp) ont tenu hier à l’hôtel Novotel, une conférence de presse. Une occasion pour cette partie du patronat de dévoiler leur place dans cette rencontre tripartite, le contexte économique et les axes majeurs de leurs stratégies sur la question de l’amélioration du pouvoir d’achat des travailleurs.

Source : sudonline
La commission paritaire chargée de passer à la loupe la question de l’augmentation des salaires mise en place dans le cadre des négociations tripartites Etat-patronnat-Syndicat a du pain sur la planche. Compte tenu du deadline très proche fixé au 28 janvier 2008 pour rendre ses conclusions, les intérêts fort divergents des parties aux dites négociations risquent de plomber les pourparlers et de renvoyer aux calendes sénégalaises la plénière, prévue le 30 janvier prochain. Avec comme conséquence immédiate et prévisible, une agitation du front social et un ralentissement de l’activité économique.

Ces contraintes qui plombent l’activité économique

Devant les journalistes, le bureau exécutif du Conseil national du patronat (Cnp) sous la houlette du président Amadou Racine Sy, a décliné sa position et ses attentes sur la problématique récurrente de l’amélioration du pouvoir d’achat des travailleurs. À l’en croire, « la dernière augmentation des salaires remonte à 2002 et était située entre 2 et 7 % » . Pour ensuite rappeler que les entreprises et le patronat « vivent dans un contexte économique difficile ». Pour étayer son argumentaire, il citera pêle-mêle l’augmentation du coût des matières premières, la flambée des coûts du gaz, du pétrole et des produits dérivés et son corollaire (difficultés d’approvisionnement en énergie), les factures d’eau salées entre autres. Toutes contraintes qui, a – t-il soutenu, « touchent aussi de plein fouet le fonctionnement de nos entreprises ».

Ainsi, prêchant pour la chapelle du patronat, il a invité les travailleurs regroupés au sein du Front unitaire et de l’Intersyndicale des travailleurs « d’être raisonnable, d’avoir un esprit de dépassement de part et d’autres de nature à trouver les bonnes solutions ». Interpellé sur leur disponibilité ou non à augmenter les salaires, il martèlera qu’« il ne faut pas s’attendre à des miracles dans ce domaine ». Non sans préciser que « nous ne disons pas que les entreprises ne sont pas prêtes pour procéder à des ajustements de salaires mais nous disons que cela ne peut se faire que dans le cadre des possibilités réelles des entreprises, compte tenu de tous les facteurs exogènes précités ».

Par ailleurs, M. Sy reviendra longuement sur la fiscalité qui, selon lui, « a un effet immédiat sur les salaires et sur les autres facteurs ». Ainsi, il n’a pas manqué de poser à l’Etat, « qui a fait des efforts », des doléances « et non des revendications » sur la question y afférente. Car, « si on diminue les salaires de manière mécanique, cela augmente le pouvoir d’achat des travailleurs et de la même manière, si on en fait de même pour la TVA sur un certain nombre de produits, cela se répercute aussi sur le prix », a – t-il poursuivi ».

Dans la même veine, les membres du Spids affilié au Cnp ont décliné leur perception de l’inflation galopante que vivent les ménages sénégalais. À ce propos, ils ont estimé, « ne pas maîtriser les prix des matières premières ». Certains d’entre eux iront même jusqu’à préconiser « une majoration des prix des denrées de consommation courante ». Aussi, qualifiant les problèmes à la fois de conjoncturel mais aussi et surtout de structurel, le Cnp, toujours par la voix de Racine Sy, a appelé « à la raison » au motif que « tant que le Sénégal ne produira pas ce que ses populations consomment, nous ne pourrons maîtriser les pressions inflationnistes ». À l’en croire, compte tenu de la particularité du Sénégal « qui importe l’essentiel de sa consommation », à l’image du riz dont les importations en 2007 ont dépassé le million de tonnes de riz exporté pour une production locale d’environ 100 mille tonnes, mais aussi du lait et de la farine entre autres, M. Sy a exigé « au préalable le règlement des problèmes structurels ». À défaut, « il faut s’attendre à ce que mécaniquement l’augmentation des cours mondiaux des produits se répercutent sur les prix car les termes de l’échange se sont considérablement détériorés », a-il soutenu.

Les pistes de solutions du patronat

Pour une structuration économique plus améliorée comparée à celle qui est en cours dans le pays, le Cnp s’engage à s’asseoir avec l’Etat et les travailleurs, en tant que partenaires, pour réfléchir sur des solutions alternatives autres que celles de faire une augmentation systématique des salaires. Si le président racine Sy n’a pas voulu décliner publiquement la stratégie du patronat, le doyen Papa Nalla Fall s’est tant soi peu employé à en décliner les axes majeurs. Pour M. Fall, il s’agit de réfléchir avec l’Etat sur les voies les meilleures « pour trouver une solution définitive pour améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs, des conditions de travail qui permettent de le garantir de façon définitive et de le maintenir à un niveau qui puisse permettre d’augmenter la demande intérieure du Sénégal ».

Au nombre des formules préconisées par le patronat, il a cité la fiscalité sur les salaires qui, si elle est revue à la baisse, « devraient permettre aux travailleurs qui avaient une fiscalité élevée sur leurs salaires de pouvoir au moins bénéficier d’une amélioration de leur pouvoir d’achat ». La seconde possibilité qu’il a évoquée consiste à « accorder une vacance de taxation » aux produits catégorisés sensibles de consommation courante et-ou de grande consommation et des services « pour permettre aux consommateurs d’y avoir accès ». Enfin, une solution pourrait provenir de l’amélioration de certains facteurs de production au niveau des entreprises « pour permettre la diminution des prix certains en influant sur la taxation sur la valeur ajoutée qui est cependant une taxe pour les pays riches.


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