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Makhtar Diop, vice-président de la Banque mondiale pour le continent UNE FOI EN L’AFRIQUE

(SenePlus.Com, Dakar) – Selon les dernières prévisions de la Banque mondiale, le taux de croissance dans les pays d’Afrique subsaharienne sera de 3,7% en 2015 contre 4,6% en 2014. C’est le plus faible pourcentage depuis 2009. Même après la crise financière, entre 2009 et 2014, le continent avait fait mieux (4,5%). Ce ralentissement de la croissance en Afrique sonne-t-il « la fin d’un cycle » marqué par le « dynamisme économique et une ruée des investisseurs sur le continent » ? Le vice-président pour l’Afrique de la Banque mondiale, Makhtar Diop, tempère.

Dans un entretien avec le quotidien de droite français Le Figaro, paru ce mardi, l’économiste sénégalais, répondant à cette question, livre un avis moins alarmiste. Il dit : « L’Afrique n’est pas déconnectée du reste du monde, donc le ralentissement mondial l’affecte. Cette légère baisse s’explique par la diminution de la demande chinoise et des cours des matières premières. »

Et malgré cette conjoncture difficile, Makhtar Diop indique que « l’Afrique garde des taux de croissance parmi les plus élevés au monde ».

Donc il ne faut pas aller vite en besogne. D’autant que pour 2016, la Banque mondiale prévoit un rebond de l’économie africaine de 4,4% qui devrait s’accélérer en 2017 pour atteindre 4,8%. Et que des pays comme la Côte d’Ivoire, l’Éthiopie, le Mozambique, le Rwanda et la Tanzanie réaliseront des taux de croissance d’au moins 7% par an entre 2015 et 2017.

Lever les freins à la croissance

Même la croissance démographique galopante notée sur le continent ne devrait pas constituer un frein. Cet accroissement démographique reste « inégal » et les partenaires internationaux de l’Afrique veillent au grain. « Les taux de croissance de la population sont plus élevés dans les pays du Sahel qu’en Afrique centrale, rappelle le vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique. À Niamey, le président de la Banque mondiale et le secrétaire général des Nations Unies ont lancé une initiative sur la pression démographique, dotée de 200 millions de dollars (environ 120 milliards de francs Cfa). Ces fonds aideront les pays du Sahel à mettre en place des politiques de planning familial. »

Cependant, l’Afrique ne doit pas dormir sur ses lauriers. « Étant donné le contexte économique mondial, la croissance en Afrique subsaharienne continuera d’être soumise à de rudes épreuves », prédit la Banque mondiale. Qui ajoute que pour s’en sortir, « les gouvernements doivent entreprendre des réformes structurelles pour lever les freins internes à la croissance », notamment en investissant «dans de nouvelles capacités de production électrique ».

Dans ce sens, le projet de barrage hydroélectrique sur le fleuve Congo, dénommé Inga 3, jouera un rôle important. La réalisation de ce projet devrait coûter « autour de 15 milliards de dollars (9000 milliards de francs Cfa) », selon Makhtar Diop. Qui informe que la Banque mondiale a « déjà financé les études de faisabilité » et avance dans « la finalisation du cahier des charges pour les investisseurs ».

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