1 novembre, 2014
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MALADIES CARDIOVASCULAIRES  30% des décès sont dus à la mal bouffe

MALADIES CARDIOVASCULAIRES 30% des décès sont dus à la mal bouffe

Les maladies cardiovasculaires sont au monde moderne ce que la lèpre était au Moyen-âge. Elles représentent la première cause de décès chez l’adulte au Sénégal dont les 30% sont liés à une mauvaise alimentation.
Une alimentation riche en graisses et en aliments à forte densité énergétique, centrée autour d’aliments d’origine animale, a remplacé l’alimentation traditionnelle principalement basée sur des aliments d’origine végétale. De l’avis du Pr Abdoul Kane, cela a joué un rôle clé dans l’augmentation de la prévalence des maladies chroniques évitables d’origine nutritionnelle, plus précisément, les maladies cardiovasculaires (obésité, diabète, crise cardiaque, hypertension artérielle, etc.). Ces «maux» trop connus résonnent comme un reproche. Et d’ici 20 ans, les maladies cardiovasculaires vont représenter la première cause de décès devançant ainsi les maladies infectieuses comme le paludisme, le Vih/Sida ou la tuberculose. Alors, «si rien n’est fait, on va avoir une explosion des crises cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux (Avc)», alerte le Pr Abdoul Kane, à l’occasion d’une Séance d’académie de l’Ansts. Le chef du service de cardiologie à l’hôpital général de Grand Yoff (Hoggy) prévient que la mauvaise alimentation est responsable de 30% de la mortalité cardiovasculaire. Les populations, en fumant, buvant et mangeant trop, creusent consciemment leur propre tombe. «S’il est impossible d’agir sur certains facteurs de risque, comme le poids des années sur l’organisme ou le patrimoine génétique ou le sexe des malades, les statistiques accusent nos habitudes alimentaires», a indiqué Pr Kane. Au final, un homme, de plus de 40 ans, fumeur, amateur de bonne chair, qui ne pratique aucune activité physique et qui a quelques kilos en trop, se réserve un avenir bien sombre, surtout si des membres de sa famille ont déjà été victimes d’accidents cardiovasculaires.

Prise en charge défaillante

La liste des coupables est longue mais, les principaux fautifs, selon Abdoul Kane, sont la sédentarité, le tabac et surtout, les facteurs liés à notre alimentation : diabète et cholestérol en tête. Le cardiologue Abdoul Kane a également révélé le vide national qui entoure le code d’hygiène alimentaire dans notre pays. Avant d’en appeler l’Etat du Sénégal à améliorer ses lois et règlements régissant la consommation des citoyens, en mettant en place une meilleure législation sur l’alimentation. «Mieux vaut prévenir que guérir et adopter des règles hygiéno-diététiques saines. Si l’on veut éviter un accident cardiovasculaire, il faut opter pour des règles de vie saine. Il faut se mettre au sport, avoir une alimentation équilibrée et pauvre en graisses», suggère-t-il. La prise en charge des maladies cardiovasculaires a des limites et des insuffisances. Il y a un déficit criard en ressources humaines de qualité. D’après M Kane, il y a 432 praticiens, pour plus de 12 millions de sénégalais. Les ¾ des infirmiers ne connaissent pas les classes qu’ils prescrivent et il existe un pourcentage : 56,5% de fausses définitions. Même si le Sénégal compte environ 60 cardiologues, l’absence de formation continue chez les médecins rend encore la prise en charge des maladies cardiovasculaires plus difficile. Il n’y a pas de programme de lutte opérationnel contre les maladies cardiovasculaires. Aujourd’hui, face à toutes ces carences, le Pr Kane est d’avis que la prévention demeure la meilleure option, en passant par le dépistage précoce, la prise en charge des cas urgents et la formation du personnel médical.

Mouhamadou BA