22 septembre, 2014
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Mali : des soldats français sont arrivés à Kidal, 3e grande ville à reconquérir

Mali : des soldats français sont arrivés à Kidal, 3e grande ville à reconquérir

Après la reconquête au côté de l’armée malienne de Gao et Tombouctou, reprises aux groupes jihadistes sans grande résistance, l’armée française est arrivée dans la nuit de mardi à mercredi sur l’aéroport de Kidal. Située à 1500 km de Bamako, c’est la troisième et dernière grande ville du Nord du Mali à prendre. Les islamistes armés y avaient multiplié les exactions depuis plus de neuf mois.
«Un avion français s’est posé sur la piste de l’aérodrome de Kidal. Ils ont pris position sur l’aérodrome», a déclaré un responsable de l’administration locale, dont le témoignage a été confirmé par des notables touareg de la région et une source de sécurité régionale. Des «éléments français ont été mis en place cette nuit à Kidal», confirme le porte-parole de l’état-major des armées, le colonel Thierry Burkhard. Il s’est refusé à toute précision sur cette opération.

Selon une source de sécurité malienne, les principaux responsables des groupes islamistes, dont Ag-Ghaly et l’Algérien Abou Zeïd, un des émirs d’Aqmi (Al-Qaida au Maghreb islamique), se sont réfugiés dans les montagnes près de la frontière algérienne. Des centaines de personnes ont fui Kidal vers des villages plus au nord, vers l’Algérie, selon le Haut-commissariat aux réfugiés de l’ONU, qui affirme que l’accès à la nourriture et aux biens de première nécessité a été sérieusement affecté par le conflit et la fermeture de la frontière. La région de Kidal

Fabius : «Nous partirons rapidement»

A Tombouctou, au lendemain de l’entrée des soldats français et maliens, des centaines de personnes ont attaqué des magasins tenus, selon elles, par «des Arabes», «des Algériens», «des Mauritaniens», accusés d’avoir soutenu les islamistes armés liés à Al-Qaïda. Face au «risque d’exactions» et de représailles, le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault a souhaité «le déploiement rapide d’observateurs internationaux» pour veiller «au respect des droits de l’homme».

A Bamako, se projetant dans l’après-guerre, les députés ont voté mardi à l’unanimité la mise en place d’une «feuille de route» politique, qui prévoit une discussion avec certains groupes armés dans le cadre de la «réconciliation nationale». La communauté internationale insiste sur la nécessité d’une «double approche», politique et militaire.

«Libérer Gao et Tombouctou très rapidement faisait partie du plan», indique Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, dans une interview au «Parisien». «Maintenant, c’est aux pays africains de prendre le relais (…) Le dispositif français n’a pas vocation à être maintenu. Nous partirons rapidement», assure-t-il dans nos colonnes. Sur le terrain, 3 500 soldats français et 1 400 soldats ouest-africains, ainsi qu’un contingent tchadien, sont déployés au côté de l’armée malienne. Au total, 8 000 soldats africains sont attendus mais leur déploiement est ralenti par des problèmes de financement et de logistique.

Leparisien.fr