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Malick Fall, SG Saes «près de 500 enseignants feront valoir leurs droits à la retraite d’ici 2025 »

Le prolongement de l’âge de la retraite est loin d’être une revendication pour le syndicat autonome de l’Enseignement supérieur. C’est juste, selon le secrétaire général, l’alternative pour combler le déficit d’enseignants dans les universités publiques. Car, indique Malick Fall, près de 500 enseignants chercheurs dont la majorité de rang magistral, feront valoir leurs droits à la retraite d’ici 2025. Qu’est-ce qui motive cette étude sur la retraite que vous avez confiée au Laboratoire recherche sur les transformations économiques et sociales?

C’est une question doublement importante. D’abord pour nous enseignants du supérieur. Ensuite, tous les travailleurs du Sénégal. Dans le cadre de nos revendications, nous avons opté pour une démarche scientifique pour s’adresser au gouvernement. Les arguments que nous avançons, sont fondés sur une étude. Ce qui a motivé cette étude pour avoir une situation de référence par rapport à ce qui se passe du point de vue de l’effectif des enseignants et dégager des orientations. Objectif : améliorer la situation de la retraite dans le supérieur.

Quelle appréciation faites-vous de cette étude qui relève une retraite en cascade des enseignants ?

Nous n’avons pas voulu nous présenter devant le gouvernement sur des questions que nous ne maîtrisons pas. Les conclusions de cette étude montrent effectivement, d’ici 2025, un grand départ à la retraite des enseignants du supérieur. Près de 500 enseignants chercheurs parmi lesquels 60% sont de rang magistral A, c’est-à-dire ceux qui sont habilités à diriger les thèses, superviser les travaux de masters.

A vous attendre, nous avons comme l’impression que la politique de recrutement des enseignants par le gouvernement reste insuffisante ? 

Le recrutement reste insuffisant. Nous l’avons dit et redit. Déjà en 2011, nous avions projeté d’inverser la tendance actuelle de 70% d’enseignants dans les universités sont des vacataires. C’était dans le cadre d’un accord conclu avec le gouvernement. Nous assistons à une «vacatarisation» de l’enseignement supérieur. L’idée est d’inverser cette situation. 70% d’enseignants soient des permanents. Ce qui nous avait amené à proposer à l’Etat de transformer les heures complémentaires en poste. A l’époque, l’évaluation nous conduisait à 250 postes. En plus de cela, nous avions recommandé que l’Etat accompagne cette alternative d’un plan de recrutement annuel. Cette politique n’a pas été appliquée correctement. Nous avons juste relevé la création d’une centaine de postes en 2015/2016. Nous espérons que l’Etat s’engage à faire disposer aux universités d’enseignants suffisants. La réalité est là. Nous n’avons pas suffisamment d’enseignants de rang magistral. Les enseignants et les universités obéissent aux normes Cames. Le déficit d’encadrement est une réalité. L’Ucad a dépassé la taille de sa capacité d’accueil. 100 000 étudiants pour 1 400 enseignants dont moins de 50% habilités à encadrer les mémoires. C’est le cas des autres universités publiques où des collègues de Dakar se rendent pour encadrer.

Le Saes prône le prolongement de l’âge de la retraire jusqu’à 70 ans pour palier ce déficit. Est-ce l’alternative ?

Ce n’est pas une revendication. C’est le résultat d’un constat à travers une étude. Beaucoup d’enseignants feront valoir leurs droits à la retraite dans les dix prochaines années. L’étude montre que les enseignants arrivent au rang magistral à l’âge de 57 ans. Donc, recrutés très tardivement. C’est pourquoi l’alternative, a été de proposer la prolongation de l’âge de la retraite à 70 ans pour permettre aux universités de relever le taux d’encadrement. Car, de nouvelles universités, comme Amadou Mactar Mbow et El Hadji Ibrahima Niasse sont appelées aussi à recruter. Nous sommes dans un élan extrêmement généreux et solidaire pour corriger une injustice. L’âge de la retraite a été prolongé pour tous les travailleurs, sauf ceux des corps spéciaux, notamment les enseignants du supérieur, la magistrature, l’Inspection générale d’Etat (Ige). Le prolongement de la retraite est une tendance mondiale. Nos collègues du Niger et du Maroc partent à la retraite à 70 ans. Certains pays comme les Usa, l’enseignant sent la nécessité de partir à la retraite.

Sud quotidien

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