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Malick Soumaré, chef de la division de l’enseignement privé : « Au Sénégal, l’école privée n’est pas une école pour familles aisées »

Le sous-secteur de l’enseignement privé enrôle plus de 30% de l’effectif total des apprenants du supérieur (environ 18% au moyen secondaire, 15% à l’élémentaire et plus de 45% de la petite enfance). Lors des journées nationales de l’enseignement privé organisées récemment, le chef de la Division de l’enseignement privé, Malick Soumaré, est revenu largement sur la situation générale du sous-secteur.

Qu’est-ce qui a motivé la tenue des journées nationales de l’enseignement privé au Sénégal ?
Un secteur qui fonctionne (en bien comme en mal) doit régulièrement s’arrêter et réfléchir, avec ses principaux acteurs, sur les raisons de ses performances ou contreperformances. C’est une culture de l’évaluation qui doit intégrer toutes nos pratiques, aussi bien dans nos classes que dans nos organisations. La reddition des comptes en est l’expression la plus répandue aujourd’hui. Ainsi, après trente ans de présence institutionnelle dans l’organigramme du ministère de l’Education nationale (19 juillet 2016) et un an après la décision présidentielle à l’issue des Assises de l’éducation et de la formation (6 août 2015), il fallait mesurer le chemin parcouru, les bons points engrangés et les défis à relever pour être en phase avec les politiques structurantes du pays : le Programme d’amélioration de la qualité, de l’équité et de la transparence (Paquet), le Plan Sénégal émergent (Pse) et l’Acte 3 de la décentralisation.

Aujourd’hui, quels sont les défis et les enjeux de l’enseignement privé au Sénégal ?
L’enjeu majeur, c’est d’être en phase avec la décision présidentielle issue des Assises de l’éducation et de la formation. Il nous faut opérationnaliser la directive et « contribuer à un enseignement privé de qualité ». Positionner l’enseignement privé comme vecteur essentiel de construction du capital humain est l’objectif poursuivi. Cela passera par une place et une responsabilité accrues accordées au sous-secteur dans toutes les politiques structurantes du pays.

La promotion d’un enseignement privé de qualité fait partie des dix décisions prises par le président de la République lors du Conseil présidentiel sur les Assises de l’éducation et de la formation. En tant responsable du sous-secteur, quels sont les leviers à activer pour concrétiser cette décision ?
Nous devons, dans un premier temps, accompagner l’environnement juridique, fiscal et budgétaire de l’enseignement privé. Ensuite, il s’agira de redéfinir une tutelle cohérente et forte intégrant la politique d’un enseignement privé inclusif et de qualité ; soulager les ménages dans leurs options et leurs choix en définissant des règles compatibles avec leurs ressources et faire de la diversification de l’offre une réalité.

Il y a quinze à vingt ans, l’enseignement privé était considéré comme une alternative, une école de seconde chance. Aujourd’hui, il est devenu une option. Comment expliquez-vous cette mutation ?
Les contraintes liées au développement de la société du savoir font que les modèles les plus efficaces sont nécessairement privilégiés. La construction de nos villes et la forte urbanisation n’ont pas été accompagnées par des infrastructures socio-éducatives correspondantes. Le déficit du foncier et la demande d’éducation ont contribué à développer des offres de formation alternatives qui règlent les attentes immédiates des populations. L’école privée au Sénégal, dans sa majorité, n’est pas une école pour familles aisées, mais une réponse concrète à des attentes insatisfaites par les pouvoirs publics. C’est une option et une rupture privilégiant la demande à l’offre.

Le Soleil

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