Mamadou Diop «Castro», président du Comité du dialogue social/Secteur éducation et formation- LES ÉLECTIONS DE REPRÉSENTATIVITÉ SONT D’UNE URGENTE NÉCESSITÉ

  • Category : Education
  • By : moussa keita
  • Date : 18 mars 2016

Mamadou Diop Castro reste convaincu que le dialogue social permanent peut contribuer à ramener la sérénité à l’école. Accroché par Le Quotidien en marge de la clôture de l’atelier portant sur la revue et la consolidation des accords signés entre l’Etat et les syndicats d’enseignants, organisé par le Haut conseil pour le dialogue social, le président du Comité du dialogue social/Secteur éducation et formation plaide pour la tenue des élections de représentativité qui sont, selon lui, nécessaires pour assainir le mouvement social.

Que faire pour sortir l’école des perturbations qu’elle vit actuellement à la lumière de ce que recommandent les assises de l’éducation ?

Les assises de l’éducation étaient axées sur deux questions essentielles : la refondation du système éducatif et la stabilité qui devrait permettre l’atteinte des objectifs de développement de l’éducation. Une Commission dialogue social et stabilité du système éducatif avait été instituée. J’en ai assuré la présidence.

La recommandation fondamentale repose sur la promotion du dialogue social et la signature d’un pacte de stabilité du système éducatif. Nous ne sommes pas encore arrivés à la signature de ce pacte qui devrait consacrer trois années de trêve parce que simplement l’environnement n’est pas encore favorable.

Aussi longtemps que les syndicats continueront à exiger le respect des accords, à déposer des préavis, nous nous éloignerons de la signature d’un pacte de stabilité.

On a l’impression que l’école fait du sur-place. Chaque année, les mêmes problèmes ressurgissent et on a des mouvements de grève qui perdurent jusqu’à presque hypothéquer l’année scolaire. Est-ce qu’il n’y a pas lieu de sensibiliser davantage l’Etat et les syndicats pour qu’ils reviennent à de meilleurs sentiments et prennent en compte l’avenir des apprenants ?

Vous avez raison. C’est un cercle pernicieux d’actions et de réactions parce que le gouvernement et les syndicats n’ont pas encore intériorisé les mécanismes de dialogue social. Ils ne respectent pas les règles du jeu. Respecter les règles du jeu, c’est se faire confiance, se tolérer, échanger des formations, se retrouver périodiquement, dialoguer à chaque fois que de besoin et également promouvoir les structures de régulation sociale que sont le Haut conseil du dialogue social et le Comité du dialogue social dans le secteur de l’éducation et de la formation.

Le gouvernement ne va pas toujours vers ces institutions-là pour faire prendre en charge les difficultés qu’il rencontre dans la mise en œuvre de ses engagements. Les syndicats, également, répliquent à chaque fois que le gouvernement ne respecte pas les accords et contourne les structures de régulation sociale.

Tant qu’on sera dans cette culture de la confrontation, on n’y arrivera pas. Il faut se donner le temps de former les acteurs en dialogue social, de restaurer la confiance par le respect des engagements de part et d’autre. Il faut y croire et y aller résolument, car il n’y a pas une autre voie que le dialogue social pour instaurer une dynamique de concertation, de consultation et de respect des accords découlant des négociations à chaque fois que le gouvernement se retrouve avec les syndicats autour d’une table de négociation.

Les syndicats pensent que le gouvernement fait du dilatoire, donc quelque part de la mauvaise volonté. Est-ce que vous pensez que seul le dialogue social peut contribuer à décanter cette situation de blocage ?

Le gouvernement doit faire des efforts pour aller dans le sens du respect de ses engagements. A chaque fois qu’il rencontre des difficultés, revenir vers les partenaires, car c’est le silence qui est source de perturbation. C’est à ce titre qu’il faut communiquer, échanger sur les efforts, les performances réalisées et les difficultés rencontrées.

Les difficultés, on en discute pour rebondir, tout comme les organisations syndicales également doivent se donner les moyens de consulter les structures de régulation, de se confier aux structures de régulation et donner le temps à la régulation, sinon on est toujours tenté d’aller dans la rue, de déposer des préavis, de développer une surenchère qui ne permet pas d’avoir la sérénité et de gérer correctement les conflits et les difficultés.

C’est difficile dans un contexte de pluralisme syndical de gérer les dynamiques de vitalité, de surenchère syndicale. C’est à ce titre que le Haut conseil et le Comité du dialogue social travaillent également à aider les syndicats à la restructuration du mouvement syndical, à son unification pour qu’il y ait des organisations fortes, crédibles qui donnent plus de sens au dialogue social.

Le dialogue social a besoin de partenaires crédibles, de partenaires suffisamment engagés, forts pour qu’il y ait l’équilibre dans le champ social.

Il y a un nouveau syndicat qui entre dans la danse, c’est celui des inspecteurs de l’éducation et de la formation et qui, si je ne m’abuse, a déposé un préavis de grève et qui pourrait aussi aller dans le même sens que les syndicats d’enseignants…

Eux aussi (Ndlr : les inspec-
teurs de l’enseignement) se trou-
vent dans la même situation d’ac-
cords signés en décembre 2015,
mais pas totalement respectés. Le
gouvernement est en train de faire
des efforts parce que récemment,
nous avons vu la livraison des
véhicules qui étaient promis à tou-
tes les inspections de l’éducation
et de la formation et à toutes les
inspections d’académie.

Mais c’est
encore insuffisant, car les inspec-
teurs parlent également de l’étude
sur le système de rémunération, la
question du logement et des
indemnités. Il s’agit pour le gou-
vernement d’entreprendre des
démarches pour regagner la
confiance des inspecteurs : discuter, faire le point et échanger.

Le Comité du dialogue social va prendre des initiatives, en rencontrant les inspecteurs de l’enseignement, recueillir leurs préoccupations et aller vers le ministère de l’Education et le gouvernement pour créer les conditions de l’ouverture des négociations. Cela avait été fait et avait débouché sur des accords. Maintenant, il faut travailler à ce que le contact soit renoué entre cette organisation et le gouvernement et que des mesures soient prises dans le cadre du suivi et de la mise en œuvre.

Les perturbations impactent gravement la qualité de l’enseignement. Aujourd’hui, on parle de Pse. Quelle démarche adopter pour être en adéquation avec ce plan ?

Je le dis et le répète : il est illusoire de penser que l’on pourrait atteindre les objectifs du Pse dans l’instabilité. C’est pourquoi nous avons salué en son temps la signature du pacte de stabilité et de croissance avec les centrales syndicales, mais dont on ne voit pas les résultats.

Les centrales syndicales ont signé un pacte, mais leurs démembrements sont toujours sur le terrain de la lutte. Il va falloir développer une stratégie globale de promotion du dialogue social, de promotion des mécanismes du dialogue social pour que dans tous les secteurs on puisse arriver à la stabilité.

On a vu récemment un pacte de stabilité signé dans le secteur de l’énergie. Mais dans le secteur de la santé, de l’enseignement supérieur, de la justice comme au niveau des collectivités locales et de l’enseignement, il y a encore des difficultés.

Donc, il y a tout un chantier qu’il faut ouvrir cultiver pour que véritablement on s’accorde sur la nécessité d’aller de la culture de la confrontation a la culture du dialogue social, au partenariat et a des démarches inclusives pour que travailleurs, patronat et Etat puissent avoir des cadres de concertation de manière régulière et non de manière circonstanciée en fonction des préavis ou des difficultés qui se signalent ici et lá.

Pendant ce temps, les recommandations des assises de l’éducation dorment dans les tiroirs. Est-ce qu’il ne faut pas parer au plus pressé pour les rendre effectives quand on sait qu’à côté la Concertation nationale de l’enseignement supérieur a débouché sur des recommandations qui ont commencé à être appliquées ?

C’est l’autre dimension de la crise : l’absence de comité de suivi. Aussi bien pour la Concertation sur l’enseignement supérieur que pour les Assises nationales de l’éducation et de la formation, le gouvernement tarde encore à installer les comités de suivi.

Il navigue seul actuellement et les organisations syndicales et les partenaires en appellent à la responsabilité du gouvernement pour que les consensus qui sont arrachés lors des concertations puissent déboucher sur des situations qualitativement supérieures, sinon c’est un perpétuel recommencement.

Tantôt vous évoquiez la prolifération des syndicats, on agite de plus en plus la tenue d’élections de représentativité. Est-ce que vous pensez que celles-ci seraient la bienvenue ?

Tout à fait. Les organisations syndicales les ont réclamées le gouvernement en a fait une préocupation et pour le haut conseil comme pour le comité du dialogue  du social, c’est une urgente nécessité pour nous permettre d’assainir le mouvement social et créer les conditions d’un dialogue social de qualité.

Vivement les élections de représentativité ! Le ministre du Travail a en charge le dossier. Il va falloir modifier les dispositions du code du travail pour pouvoir inclure les élections de représentativité dans le secteur de l’éducation. En tout cas, le gouvernement a pris la ferme résolution d’organiser ces élections durant l’année 2016 et nous y travaillons.

De plus en plus, on sait qu’il est difficile d’atteindre le quantum horaire tel que préconisé par les textes régissant le secteur éducatif. Quelles démarches faut-il adopter pour arriver à un niveau conforme à ces textes ?

Il y a plusieurs facteurs pour le respect du quantum horaire : la stabilité du système éducatif, la maîtrise du calendrier scolaire, les conditions de travail également. La suppression des abris provisoires constitue un élément fondamental dans ces zones où les activités de classe dépendent des intempéries.

Les classes ouvrent tardivement et ferment prématurément à cause de l’arrivée précoce des pluies dans certaines zones. Il y a également les effectifs pléthoriques et l’insuffisance de matériel pédagogique qui impactent négativement les processus d’enseignement et d’apprentissage. L’insuffisance du personnel aussi puisque souvent dans les grands centres on voit proliférer les classes à double flux. Il faut une politique d’ensemble.

Le Quotidien

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