mamadou diop decroix

MAMADOU DIOP DECROIX «Ce qui s’est réellement passé le 14 octobre »

Député à l’Assemblée nationale, président de la commission communication de la coalition Manko Wattu Senegaal, Mamadou Diop Decroix a été, samedi dernier, l’invité du Grand Oral. Face aux journalistes Fatou Thiam, Ngom Kane et Youssoufa Mané, sur la 97.5 Rewmi FM, il a longuement abordé la marche de l’opposition et la démission de Aliou Sall de Petro Tim Corporation Sénégal.

 « Pourquoi la police nous a attaqués »

« On ne s’attendait pas à cette situation et je pense que cet affrontement aurait pu être évité si les autorités n’avaient pas perdu, à mon avis, pied, dans cette affaire. Parce que nous avions eu une rencontre avec le Préfet, même si nous n’étions pas tombés d’accord, mais on s’est parlé. Le Préfet nous a servi un arrêté tard, très tard dans la soirée du 13 au 14 octobre dernier. Le matin, le Préfet nous a dit si nous étions prêts à changer d’itinéraire, nous avons dit non. Parce que c’est un droit démocratique et on ne change pas d’itinéraire. C’est dans la soirée vers 20 heures qu’on a eu l’arrêté. Donc, on ne pouvait plus changer mais au moins, puisqu’ils ont dit que le lieu pour terminer la manifestation c’est devant la RTS et que nous, nous avions donné rendez-vous à nos gens devant la RTS, nous avons dit que là on peut avoir un consensus sur un rassemblement devant la RTS. Quand nous avons prié, nous sommes venus sur la place. Jusque-là il n’y avait pas tellement de problème. Etant donné que le Préfet a beaucoup communiqué sur son arrêté, beaucoup de personnes étaient allées à la place de l’Obélisque. Nous avons dit qu’il faut faire une jonction en remontant jusqu’à la banque Bceao où nous avons rencontré les autres. Ensuite, nous sommes revenus à la RTS vers 16 heures. A cette heure, les 4/5 des marcheurs n’étaient pas encore sur la place. Mais nous avions dit à 15 heures et à 15 heures 30 minutes, il faut qu’on démarre. La foule était très nombreuse et on avait un camion sonorisé. L’idée c’était de nous installer sur le rond-point avec la sonorisation pour nous adresser aux populations. Ça, la police ne l’a pas compris parce qu’on n’a pas pu à échanger. Peut-être que si on avait échangé, la police aurait compris que c’était pour rassembler. Mais, je pense que l’autorité politique a dû s’en mêler pour donner des instructions. J’ai entendu nos amis du pouvoir dire oui, ils ont voulu briser le barrage de police pour aller au ministère de l’Intérieur (…). Je dois vous dire même c’est sur la place qui nous a été autorisée par le Préfet qu’ils nous ont attaqué. Je pense que la police aussi n’avait pas l’intention  d’attaquer parce que si elle avait l’intention de réprimer la manifestation, je pense qu’elle aurait pris cette précaution importante en disant qu’on se met à 50 mètres de la place. Comme ça, si on dépasse la place, on saura que l’intention est matérialisée. Mais, c’est sur la place elle-même qu’on nous a attaqués ».

 L’arrêté Ousmane Ngom

« Il est illégal et anticonstitutionnel. La constitution est au-dessus de la loi et la loi est au-dessus de l’arrêté. Donc, comment on peut nous brandir un arrêté contre nos libertés constitutionnelles ? Ça ne marche pas. Arrêtons cette histoire disant que c’est la loi, c’est l’arrêté. Et, la manière d’œuvrer pour que cet arrêté disparaisse, c’est de marcher et d’accepter tous les sacrifices que cela nécessite. En ce moment-là, ceux qui sont au pouvoir, ils vont finir par céder. Par ailleurs, sur cet espace dont vous parlez, tous les jours l’Apr manifeste sur cet espace. Les politiciens du pouvoir organisent des manifestations sur cet espace. Quand c’est l’opposition, ce n’est pas permis. Quand c’est les amis de Macky Sall, c’est permis ».

Bilan de la manifestation

«D’abord il y a eu beaucoup de blessés et je ne parle pas principalement des responsables. Des simples Sénégalais, des militants de parti, des citoyens, ont été blessés. Je suis allé les voir à l’hôpital de Grand Yoff. Une militante de Malick Gackou a eu une fracture, Oumar Sarr m’a dit qu’il a visité quatre de ses militants qui étaient blessés, Pape Diop, Abdoul Mbaye ont aussi été blessés, mais ce n’est pas grave. Nous avons fait un communiqué pour dire que rien ne sera plus comme avant. C’est un grand succès. Le premier rapport, c’est la massivité de la manifestation. Jusqu’à 18 heures 30, les cars continuaient d’arriver. Notre ami de Rfi a eu tort de dire que nous avons 3.000 manifestants. Il y avait du monde partout et je pense que la prochaine fois, nous ferons un meeting. C’est pour montrer notre force et ils vont peut-être être 100 mille ou plus, parce que les gens étaient massivement présents. C’est un grand succès ».

 Démission d’Aliou Sall

« Aliou Sall avait annoncé l’année dernière qu’il avait démissionné et ce n’est pas vérifié. J’ai toujours dit que Aliou Sall est mon petit frère et je suis très gêné par cette affaire pour ne rien vous cacher. C’était un militant de notre parti et on était très proches lui et moi. Donc, je n’aurais pas aimé que cette affaire le concerne. Puisque c’est le pays, on est obligé de traiter ces questions avec rigueur. Est-ce qu’il a démissionné ou pas ? Est-ce que c’est le plus important ? Par contre, c’est clair maintenant qu’Aliou Sall est avec Franck Timis. Le plus important, c’est comment on a géré jusqu’ici le dossier pétrole et gaz. C’est sur ça qu’il faut revenir et là-dessus, je ne pense pas qu’il faille continuer à s’affronter. Il faut que le Président revienne en arrière pour apprécier tous les enjeux dans cette affaire en signant des décrets. Sauf s’il ignorait en ce moment-là que son frère était là dans. Maintenant que cette affaire se passe de la façon dont ça se passe, il peut maintenant s’adresser aux Sénégalais en disant que je ne pensais pas que ça créerait autant de problèmes. Vraiment mon frère, sors de cette affaire, on regarde tous les accords signés et on remet les compteurs à zéro et puis on repart ».

Cheikh Moussa SARR

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