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Mamadou Djigo, DG de l’ANAT : «Khalifa ne peut pas administrer une mairie en étant en prison »

Responsable politique Apr à Koungheul et Directeur général de l’Agence nationale de l’Aménagement du Territoire (ANAT), Mamadou Djigo a été, ce samedi, l’invité du Grand Oral. Sur les ondes de la 97.5 Rewmi FM, il a abordé plusieurs sujets d’actualité, notamment les affaires Karim Wade et de Khalifa Ababacar Sall.

 Révocation de Khalifa Sall par décret

Je n’ai rien contre Khalifa Sall, mais je crois en fait que les faits sont là. Je n’en parle pas beaucoup. Je n’aime pas trop parler de ces choses-là, mais tout le monde sait qu’il y a eu énormément de fautes graves par rapport à la gestion de la Mairie de Dakar. Ce faisant, le maire est en prison et j’ai toujours dit qu’on ne peut pas administrer une institution à partir de la prison. Ma conviction est qu’on ne peut pas être en prison et administrer une institution aussi importante que la Mairie de Dakar. J’ai eu à travailler avec des élus français et ce que je peux dire par rapport à sa révocation, c’est que nous notre pays calque souvent ses lois et règlements sur ceux de la France. Et en France, le pourvoi en cassation n’a pas d’effet suspensif. J’ai été arbitre de football en France et on m’avait appris quelques règles. L’appel est toujours suspensif mais, après l’appel, il n’y a pas de suspension. Dakar occupe une place importante dans l’échiquier national, je ne crois pas que le maire puisse continuer à l’administrer depuis la prison. Ne serait-ce que pour aider Dakar à mieux s’occuper de ses problèmes parce que nous avons une capitale qui fait l’objet de plusieurs convoitises. Nous, une capitale qui attire du monde par rapport au pétrole, au gaz, etc. donc, l’Etat doit veiller par rapport à son bon fonctionnement.

Le décret de révocation, une décision illégale ?

Je ne maîtrise trop le droit, mais je peux vous dire que cette décision n’est pas illégale. Si c’était en France, le Maire est révoqué parce que le pourvoi en cassation n’est pas suspensif. On ne peut pas suspendre la révocation le temps de voir la décision de la Cour suprême. Par ailleurs, je ne suis pas d’avis avec ceux qui parlent de suspension. Le maire a été pendant longtemps en prison et il n’a pas été révoqué. Même depuis la première décision, j’aurais dit aux gens de Dakar de trouver quelqu’un pour bien administrer en fait la Mairie.

L’affaire Karim Wade

Je ne trouve pas que Karim Wade nous fasse peur d’autant plus que du point de vue résultat électoral, je ne l’ai jamais vu gagner quelque part. Maintenant je dis aux Sénégalais de ne jamais oublier ce qui s’est passé avant 2012. Il y a eu des gens qui sont morts, il y a eu des révoltes de l’électricité, il y a eu des révoltes un peu partout dans le monde. Tout était concentré entre les mains de cet homme. Les consulats du Sénégal était vandalisés un peu partout en France surtout. Au Sénégal il y a eu des émeutes et des difficultés un peu partout. Cela il ne faut pas qu’on l’oublie. Dieu a fait que nous n’avons connu que quatre Présidents de la République, mais il n’a jamais été question qu’un fils de Président remplace son papa. Il a eu maille à partir avec la justice donc il ne peut pas revenir comme ça et faire ce qu’il veut. Nous, nous avons l’obligation de protéger ce pays. Les Sénégalais doivent veiller sur la géostratégie de ce pays. Moi, il y a des choses que je ne peux pas révéler ici par rapport au gaz et au pétrole, etc. il y’a des enjeux internationaux que les gens ne maîtrisent pas. Les Sénégalais n’ont pas intérêt à s’amuser avec Karim.

Parrainage

Je me réjouis de cette nouvelle donne liée au parrainage. En France, lors de la dernière présidentielle, il y a eu une de nos compatriotes qui voulait être candidate qui avait été barrée par le parrainage. Je veux parler de Rama Yade. Maintenant quand le Sénégal, qui est un petit pays qui, sur le plan géostratégie, sur le plan de la sécurité, sur un certain nombre de choses, a fait beaucoup d’effort, mais ne peut pas rivaliser avec les grandes puissances ou un certain nombre de grandes multinationales. Donc c’est important de filtrer, de savoir et de comprendre qui veut, qui peut et qui doit. Notre pays a découvert beaucoup de pétrole, beaucoup de gaz qui sont deux ressources qui façonnent le monde. Nous avons obligation de faire attention aux candidats qui seront financés ou portés par des multinationales étrangères. Nous devons faire attention à l’immixtion de la chose extérieure. Nous devons faire attention aux influences malheureuses ou négatives qui pourront conduire ce pays à des lendemains incertains. Le parrainage est un filtre qui aide ce pays à comprendre.

Aménagement du territoire

J’ai une définition personnelle de l’aménagement du territoire. J’ai l’habitude de dire que c’est un ensemble de dispositifs et d’actions qui vise à assurer une bonne répartition de la population et des activités économiques tout en tenant compte des contraintes naturelles, des contraintes environnementales et éventuellement des contraintes anthropiques. L’aménagement du territoire touche tous les domaines en réalité. L’aménagement du territoire est ce que le véhicule est pour le transport (…). Il comporte la terre, les sols, les ressources, l’environnement, la culture, la pêche, etc. C’est ce qui fait qu’on n’inscrit pas l’aménagement du territoire dans un domaine ou dans un secteur. Mais c’est multi-acteur, multifonctionnel et la démarche se veut toujours systémique. En réalité, c’est une bonne organisation de l’espace. Pour que ça marche, il faut l’assentiment, la vision, la participation d’un peu de tout en réalité. Je suis à la tête de cette agence depuis 2012 et nous avons eu à réaliser le schéma directeur Dakar-Thiès-Mbour qui fait une fierté. Nous avons aussi réalisé la loi d’orientation pour l’aménagement et le développement durable des territoires. Nous attendons le vote de cette loi qui va accompagner l’évolution de ce territoire. Nous avons aussi réalisé la cartographie qui est une utilité vitale pour tout développement d’un pays. Nous avons accompagné aussi pas mal de structures de l’Etat, notamment l’AIBD, la Sapco, l’Etat dans la délimitation des frontières, sans oublier le fait de délimiter certaines communes. Nous avons aussi aujourd’hui à 99% réalisé le plan national d’aménagement et de développement du territoire. Il reste la validation qui va aider ce pays à identifier l’ensemble des ressources, mais aussi aider ce pays à comprendre qu’il fait faire telle industrie dans telle ou telle autre localité, etc.

Cheikh Moussa SARR

 

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