Confidences

MAMADOU HADJI CISSE, DEPUTE LIBERAL ‘’Oumar Sarr veut faire main basse sur le parti’’

  • Date: 30 octobre 2015
 La tension née de la guerre larvée entre Abdoulaye Wade et Modou Diagne Fada pour le contrôle du groupe parlementaire des Libéraux et démocrates couve toujours au Parti démocratique sénégalais. Mais selon le député Mamadou Hadji Cissé, cette situation n’est rien d’autre qu’une conséquence désastreuse des manœuvres d’Oumar Sarr. Ce dernier veut, selon le député maire de Kédougou, faire main basse sur le parti. Dans cet entretien avec EnQuête, le nouveau président de la commission communication et culture de l’Assemblée, se dit profondément déçu de l’attitude de ses camarades de parti avant d’appeler à l’union  autour de l’essentiel,  c’est-à-dire : lutter pour la libération de leurs détenus politiques et aller à la reconquête du pouvoir.

En tant que député libéral, comment avez-vous vécu le bras de fer  entre  Abdoulaye Wade et Modou Diagne Fada pour le contrôle du groupe parlementaire Libéraux et démocrates ?

Permettez-moi d’abord d’exprimer mon profond regret par rapport à cette situation. C’est triste et regrettable qu’un si grand parti comme le Parti démocratique sénégalais (Pds) ne puisse pas régler ses problèmes en interne au point de les soumettre à l’arbitrage du bureau de l’Assemblée nationale. Je suis profondément déçu de voir des personnes, de hauts responsables du parti qui ont été dans un passé récent des ministres d’Etat et qui aspirent aujourd’hui à diriger le pays, se comporter de cette façon au sein de l’Assemblée nationale qui est une institution de la République qu’il faut respecter. On ne peut pas aspirer à diriger le pays et ne pas respecter les institutions qui gouvernent la République. Le problème interne d’un parti doit se régler dans ses instances. Car, avec cette attitude, comment ces gens-là peuvent revenir devant les populations pour leur demander leurs suffrages ?

Comment avez-vous apprécié l’attitude de vos frères libéraux dans tout cela ?

Il faut que les gens sachent que ce qui se passe au Pds, ce n’est pas un bras de fer entre Abdoulaye Wade et Modou Diagne Fada.

C’est quoi alors ?

Ce qui se passe, c’est que ce sont des gens qui sont tapis dans l’ombre, qui s’adonnent à des manœuvres crypto-personnelles pour des intérêts personnels et non collectifs. Ce sont des gens qui n’osent pas défendre leurs intérêts publiquement et qui sont obligés de se réfugier derrière Abdoulaye Wade pour essayer de le manipuler, créer un bras de fer pour pouvoir régler des comptes personnels.

 A qui faites-vous allusion ?

A Oumar Sarr. Le problème aujourd’hui, c’est entre Oumar Sarr et Modou Diagne Fada. Comme Oumar Sarr et ses souteneurs ne sont pas capables de défendre leurs idées, ils se réfugient derrière Abdoulaye Wade, le manipulent et le mettent en mal avec les gens.

Vous semblez dédouaner le président Abdoulaye Wade mais n’a-t-il pas une responsabilité dans tout cela ?

Avec son âge avancé, on peut bien comprendre le président Abdoulaye Wade. C’est très facile aujourd’hui de le manipuler et d’orienter ses choix. On n’a pas besoin d’être un ingénieur ou un magicien pour le savoir. Comment peut-on aujourd’hui dire qu’on veut l’intérêt du parti et l’utiliser pour exclure des gens ? Pour gagner des élections, il faut des responsables qui gagnent chez eux et des militants. Si on se met à chasser des gens, comment va-t-on revenir au pouvoir ? Ce n’est pas logique.

Selon vous, qu’est-ce qui se cache derrière cette volonté d’Oumar Sarr d’écarter Modou Diagne Fada ?

Vous savez, contrairement à ce que certains militants pensent, ils sont en train d’installer une machine personnelle non pas pour défendre les intérêts du parti, des militants ou de nos frères libéraux en prison, mais plutôt pour essayer de contrôler le parti, à la limite faire un hold-up. Pour atteindre cet objectif, c’est-à-dire faire main basse sur le Pds, Oumar Sarr et cie n’hésiteront pas à écarter tous ceux qui ne sont pas d’accord avec eux. Imaginez-vous que moi, en tant que député libéral, maire, responsable régional du parti, j’ai été écarté du secrétariat national parce que tout simplement je ne suis pas dans les plans de Oumar Sarr. Ce sont ces genres de pratiques qui ont perdu le Pds en 2012 et qui continuent de plomber l’envol du parti.

Dans cette bataille, vous avez pris fait et cause pour Modou Diagne Fada. Quelles en sont les raisons ?

Vous savez, dans la vie, il faut être honnête avec soi-même. Moi, je suis honnête avec moi-même. On avait dit en début de législature que les postes occupés par le Pds au sein de l’institution parlementaire allaient être tournants. A la deuxième année de législature en 2013, moi-même j’ai été voir le frère secrétaire général national du parti pour lui demander qu’on fasse tourner tous les postes, il m’a dit : non laissez comme ça  parce que je ne veux pas créer de frustrations. Oumar Sarr, en tant que coordonnateur du parti, a dit : pas de changement. En 2014, ils ont dit la même chose : on laisse comme ça. En 2015, comme Modou Diagne Fada a demandé le renouvellement des structures du parti, maintenant ils disent qu’il faut l’abattre et l’enlever de la tête du groupe. Ce n’est pas logique, ce n’est pas honnête. C’est pour cette raison que je me suis farouchement opposé à cela et j’ai soutenu Modou Diagne Fada. Nous sommes contre toute exclusion de Modou Diagne Fada du parti.

Il a été exclu du parti, vous à votre niveau, ne craignez-vous pas des représailles ?

Ecoutez ! Son exclusion du parti n’est pas valable. Les partis politiques au Sénégal sont régis par des lois. On est dans un Etat de droit.  C’est pour cette raison que nous avons saisi la justice. Parce que l’ancien secrétariat national du parti a été dissous, un nouveau a été nommé mais pas installé. L’ancienne structure n’étant pas légale, la nouvelle également ne l’est pas du moment qu’elle n’est pas encore officiellement installée. Donc il n’y a aujourd’hui aucune structure valable du Pds qui peut légiférer. On n’a pas besoin d’être juriste pour le savoir. C’est pourquoi on a commis un huissier qui les a sommés de nous notifier l’exclusion. On a pris des avocats pour déposer une plainte. Toutes les procédures vont être faites et on ira jusqu’au bout. Prochainement, nous comptons saisir toutes les fédérations du parti et convoquer le congrès pour élire un nouveau coordonnateur et maintenir le président Abdoulaye Wade comme secrétaire général national.

N’y a-t-il pas aujourd’hui des risques de scission du Pds ?

Si aujourd’hui ils sont intelligents, ils vont revenir à de meilleurs sentiments. On va s’unir nous tous autour de l’essentiel pour d’abord, sortir nos otages de prison, ensuite reconquérir le pouvoir. C’est cela un parti politique. Ce n’est pas passer son temps à exclure les gens. Il faut accepter le débat à l’intérieur des partis. Nous sommes en 2015, le monde a évolué.

Le groupe qui soutient Aïda Mbodji a menacé de perturber les plénières s’il n’est pas reconnu. Pensez-vous que ces députés puissent empêcher le bon déroulement du travail parlementaire ?

L’Assemblée nationale est une institution de la République et l’Etat prendra ses dispositions. S’ils interrompaient un meeting de Modou Diagne Fada, ce ne serait pas grave parce que c’est entre militants d’un même parti. Mais ce serait très grave d’essayer d’empêcher la tenue des plénières au sein de l’Assemblée nationale qui n’est pas un parti politique. Je ne vois pas quelle est la nécessité de transférer des problèmes internes d’un parti à l’Assemblée nationale.

En démocratie, ce n’est pas interdit de donner son avis mais c’est la majorité qui l’emporte toujours. Ce n’est pas parce que tu n’es pas d’accord sur une chose que cela ne doit pas passer même si la majorité l’emporte. Ils se sont opposés au montage des commissions permanentes de l’Assemblée nationale sous prétexte qu’on n’a pas respecté les formes. Mais cela est archi faux. On a mis au vote le montage des commissions et ils n’étaient que trois à voter contre, là où le reste des députés était d’accord. On a monté les commissions et il n’y a eu aucune irrégularité.

Comment voyez-vous votre avenir au sein du Pds après cet épisode ?

Nous, on a décidé, malgré cette situation, de rester dans le parti où nous comptons mener le combat en interne. Après, les choses vont se dessiner toutes seules. Nous sommes des réformateurs et non des frondeurs encore moins des putschistes contrairement à ce dont les gens nous qualifient. Nous ne sommes pas dans une dynamique de quitter le parti. Si c’était cela, on l’aurait fait depuis longtemps.

Mais vous êtes accusés d’être de connivence avec le régime.

Qui veut tuer son chien l’accuse de rage. Il ne faut pas créer un problème pour ensuite accuser les autres. Ce problème, c’est eux qui l’ont créé. Au lieu d’appeler tous les députés au dialogue pour discuter des renouvellements du bureau, ils ont voulu le faire entre amis et écarter tous les autres alors que c’est nous qui nous sommes battus sur la liste départementale. Moi, ce n’est pas le parti qui m’a amené à l’Assemblée nationale, c’est plutôt la population de Kédougou qui m’a élu. Comment ils peuvent aujourd’hui décider de mon avenir sans moi ? En politique, tout ce qui est décidé sans toi se fait contre toi.

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