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MAMADOU LAMINE DIALLO, DÉPUTÉ ET PRÉSIDENT DE TEKKI « Nos autorités sont très mal placées pour parler de Panama Papers »

 Député à l’Assemblée nationale et Président du mouvement politique citoyen “Tekki”, Mamadou Lamine Diallo a été, samedi dernier, l’invité du Grand Oral. Face aux journalistes Fatou Thiam Ngom Kane et Youssouf Mané, l’honorable député est revenu longuement sur l’affaire Panama Papers qui occupe la une de l’actualité, ces derniers jours.

L’affaire Panama Papers…

« C’est un problème qui est à l’ordre du jour parce que dans les pays industrialisés notamment la France, il y a un problème d’ajustement des finances publiques. Ce qui fait que l’essentiel du poids de ses ajustements reposent sur les travailleurs, sur les populations de manière générale. Alors que ce sont des ajustements fiscaux, alors qu’il y a beaucoup de gens qui sont extrêmement riches et qui ne payent pas suffisamment d’impôt avec les techniques d’optimisation fiscale (…) C’est pour cette raison que les grandes puissances se tournent vers ces paradis fiscaux qu’elles ont elles-mêmes crée. Voilà le problème qui est posé et je pense que c’est quelque chose qui va aller de l’avant. Oxfam travaille beaucoup dans cette direction et il n’est pas normal que des personnes gagnent énormément d’argent. Beaucoup plus que leur productivité et ça c’est le système de la mondialisation et de la globalisation qui a mis ça en place. S’agissant du Sénégal, je pense si nous avons de l’argent là-bas caché par des Sénégalais, c’est le devoir de l’État, du Gouvernement d’aller chercher cet argent. Tout en sachant que ce n’est pas facile. Il ne faut pas que les coûts qu’on va supporter pour aller chercher cet argent-là soient supérieurs à l’argent qu’on va récupérer. Le Gouvernement du Sénégal ne peut pas être informé de cela sans réagir. Le Gouvernement doit voir d’abord si cela est avéré et si tel est le cas récupérer cet argent.  Jusqu’à présent c’est encore timide et je pense que le Gouvernement est peut-être en train de se chercher. Toutefois, j’ai été à l’Assemblée nationale quand on parlait des Industries chimiques du Sénégal (Ics) qui appartenaient à une société qui avaient été immatriculées dans les îles Vierges britanniques. Nous en avons parlé publiquement en séance plénière. Donc, sur le plan de l’éthique, le Gouvernement doit faire des efforts pour aller récupérer cet argent-là. Mais, je dois vous dire que ce n’est pas facile. »

… La traque des biens mal acquis

« Je pense que les autorités ont un doute sur la pertinence qu’elles se posent cette question-là. Si elles veulent renoncer à ça, qu’elles le disent. Puisqu’ils ont accueilli à bras ouvert Ousmane Ngom qu’ils insultaient, il y a quelques années déjà, à l’Assemblée nationale.  Ils nous ont demandé de lever leur immunité parlementaire, etc. Ils ont renoncé à tout cela et ils n’en parlent plus.  Je pense qu’ils sont mal placés pour pouvoir parler de cette affaire-là. Je crois que ceux qu’ils appellent traque des biens mal acquis, même si je n’aime pas trop le mot, c’est une revendication qui avait été demandée Benno Siggil Sénégal, le M23 pendant qu’on luttait contre le régime d’Abdoulaye Wade. C’est en ce moment que nous avions travaillé dessus nous-mêmes. Il y avait les Seydou Guèye, Serigne Mbaye Thiam, Momar Samb, etc. Nous travaillions sur ce programme que nous avions approuvé. Arrivé au pouvoir, Macky Sall fait ce qu’il veut en réactivant la Crei. Ce que je n’ai jamais vu dans les documents de Benno Siggil Sénégal. J’en n’ai jamais entendu parler d’ailleurs. En tout cas, nous avions dit qu’il faut la réédition des comptes. La méthode qui avait été proposée, en tout cas parmi les méthodes, je n’ai jamais entendu parler de la Crei. Ce sont eux qui ont inventé ça et ils ont mis ça en pratique. Pourtant, lorsqu’ils ont activé la Crei il y a des critiques disant que ce n’est plus conforme, aujourd’hui, au droit international. Ensuite, ils sont allés recycler l’ancien avocat de Karim Wade pour le nommer ministre de la Justice. Donc, ces gens-là n’ont pas de problème avec l’éthique pour faire ces genres de chose. Voilà, aujourd’hui, ils tournent en rond. Même il y a des sirènes chez eux qui demandent à ce que l’on libère Karim Wade. On a l’impression d’avoir vu du côté des populations qu’il n’y a que Karim Wade qui est impliqué dans cette affaire-là. »

Cheikh Moussa SARR

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