Lamine-Dianté

Mamadou Lamine Diante, coordonnateur du grand cadre : «Nous avons accepté de lever le pied pour éviter l’impasse préjudiciable au Sénégal»

L’OBS – «Il n’a jamais été dans l’intention des enseignants du Sénégal de placer les autorités dans des situations inconfortables. Seulement, la Constitution de notre pays leur donne le droit de défendre leurs intérêts matériels et moraux, mais également de lutter pour l’amélioration de la qualité de l’enseignement, en lieu et place d’un dialogue sincère. Incapables de respecter la parole donnée, les autorités ont préféré la confrontation, adoptant une position cavalière. Ce qui finit par radicaliser les enseignants qui n’ont pas compris qu’en l’espace de deux semaines, l’Etat puisse déployer toute la panoplie de représailles contre eux. Les positions étaient tranchées : il fallait continuer la lutte, quel qu’en soit le coût. La position de l’Etat était également totalement tranchée : mettre en place un dispositif coercitif sur le plan administratif et financier. Il est vrai que notre silence, pendant ces 48 heures, a dû inquiéter plus d’un Sénégalais. On élaborait des stratégies pour réagir aux défis à nous imposés. Naturellement, on allait vers l’impasse. Aussi les autorités religieuses et coutumières ne pouvaient-elles rester les bras croisés. Nous n’avons jamais cessé d’écouter la base. Avant de venir à Touba, nous avons rendu visite au porte-parole du Khalife général des Tidianes, Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine qui, comme tous ses pairs, tout en donnant totalement raison aux enseignants, a compté avec les préoccupations du peuple. Vu l’angoisse et l’inquiétude qui étreignaient parents et élèves, toutes les familles religieuses nous ont fait une requête. A Touba, Sérigne Bass Abdou Khadr nous a transmis les paroles du Khalife général des Mourides qui s’associe à tous ses pairs, pour décrisper la situation. C’est donc le lieu d’entamer des démarches pour qu’aucune des parties n’en sorte lésée. Nous allons naturellement accéder à la demande de ces autorités, au nom du peuple sénégalais et des enseignants. Qui campent toujours en position de lutte, leurs revendications n’étant pas encore satisfaites. Ainsi, le Grand cadre et le Cusems demandent aux enseignants de tenir compte de la demande des autorités religieuses et des préoccupations des populations et de rendre à l’Administration les notes qu’ils retiennent encore. Nous avons jugé les réquisitions légales. Mais elles ne nous poussent pas à rendre les notes. Les camarades ont tous été méritants. Toutefois, au nom des Sénégalais, des guides religieux, nous leur demandons de libérer les élèves, en rendant les notes et à se préparer à participer aux Conseils de classes, aux compositions et probablement aux examens. Du chemin reste à faire et nous le ferons avec Serigne Sidy Mactar Mbacké et Al Amine. Nous remercions également le Médiateur de la République et toutes les bonnes volontés. Osons espérer qu’avec leur implication, nous obtiendrons gain de lutte.»

C’est tard dans la soirée, vers 1 heure du matin, que le Grand cadre a levé son mot d’ordre de rétention des notes, à Touba, après une audience avec le porte-parole du Khalife général des Mourides, Cheikh Bass Abdoul Khadr Mbacké et le Médiateur de la République, Me Alioune Badara Cissé. Une longue audience qui suit celle que les enseignants ont eue avec Serigne Abdoul Sy Al Amine. C’est le coordonnateur du Grand cadre qui donne la bonne nouvelle.

Voir aussi

arton157644

RENTRÉE SCOLAIRE : LES LIBRAIRIES ’’PAR TERRE’’ COMPTENT LEURS CLIENTS

La fièvre de la rentrée scolaire ne semble pas s’être encore emparée du marché du …