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Mamadou Moustapha Yaffa, Alpha, journaliste auteur du nouvel ouvrage «Parabole de Bissabor» : «pourquoi j’ai pris la plume»

Né à Ziguinchor, Mamadou Moustapha YAFFA, plus connu sous le nom de Alpha, a fait ses études secondaires au lycée Djignabo Bassène de sa ville natale, et supérieures à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Il est entré dans l’enseignement en 1998. Vélingara, dans la région de Kolda, fut son premier lieu d’affectation où il a exercé ce métier pendant 16 ans. En dehors de cette fonction d’enseignant, Alpha YAFFA a exercé le métier de journaliste puis de communicant.

En pensant à écrire « parabole de Bissabor », il signe ainsi son premier livre, somme toute, captivant qui montre que lorsque la faune sauvage disparaît, les contes, les fables, les croyances et les rituels qui lui sont associés peuvent  eux aussi tomber dans l’oubli.

Une entreprise de taille pour un débutant à travers cette histoire imaginaire teintée de trahison, de ruse, de conflits, de problèmes de leaderships, et illustrée par les animaux chargés de représenter les hommes. Des leçons que nous devons méditer pour mieux vivre. D’où le mérite de l’auteur.

Vous venez de publier un livre, sur quoi porte-il ?

Ce livre est une parabole. Un procédé littéraire par lequel, j’ai voulu, provoquer le lecteur à la réflexion. Le pousser à trouver en lui-même la solution à ses questions à travers l’étonnement par le moyen de comparaisons souvent déroutantes, pour montrer quelque chose d’invisible que je ne peux dire directement, mais que je peux faire comprendre en racontant une histoire inventée. Mais également le réel dans la province du Bissabor (département de Vélingara) qui se trouve être l’espace dans lequel s’est déroulé le corps et le récit de l’histoire, qui n’est arrivée ni à toi, ni à moi, et qui, pourtant, finira par dire de la vérité pour nous.

A travers la personnification, j’ai voulu amener le lecteur à se poser ces questions : Pourquoi le fabuliste a choisi le Bissabor comme cadre d’évolution de ses personnages (ces animaux qui nous ressemblent tant) ? Pourquoi le fabuliste, en lieu et place de Bodiel, le lièvre (contrairement aux autres conteurs), a fait de Fowru, l’hyène, le cancre de la classe, le porte-parole de son message ? Pourquoi la présence permanente de la réalité dans son œuvre d’imagination et y retrouver le sens littéral de la parabole, son sens moral ?

Pourquoi ce choix d’écrire ? 

A mon avis, une pareille situation interpelle, en principe, chaque citoyen conscient tant soit peu de ses devoirs, surtout si ce dernier se considère comme un patriote conséquent, c’est-à-dire quelqu’un qui ne doit point être indifférent, du tout,  à tout ce qui se passe dans sa Patrie. Donc, celui qui refuse d’être un citoyen passif, en observant les évènements se produire dans le mauvais sens, sans réagir ni par acte ni par parole ni par écrit. Pour ne pas être parmi ceux-là, je me fais ainsi, à chaque fois que de besoin est nécessaire, le devoir de m’acquitter de cette tâche que je considère, pour moi, comme une obligation personnelle. Et ainsi, j’interpelle fréquemment, les dirigeants politiques en place sur les questions brûlantes de l’actualité. Il arrive que nos actions se confondent avec notre destin et ce livre ne fait pas exception à la règle.

Mais il faut surtout retenir que j’ai pensé à écrire pour être en phase  avec ce dicton qui dit : « chaque homme doit planter un arbre, construire une maison, élever un enfant, écrire un livre. Même si ce dernier point soulève des doutes, chacun est-il capable d’écrire un livre ? A ce sujet, je citerai un autre : « la vie de chacun renferme au moins un livre », mais il faut retenir qu’une ligne mérite d’être écrite que si  elle mérite d’être lue.

Quelles sont les difficultés rencontrées et comment appréciez-vous la situation de l’édition au Sénégal ? 

Les difficultés sont nombreuse et tardent à trouver solutions au Sénégal et ces difficultés sont partagées par tous les écrivains. Par ailleurs, les maisons d’édition sont techniquement très peu outillées ou pas du tout alors, pour prendre en charge tous les manuscrits, faute de moyens financiers.

Est-ce que les maisons d’édition sont subventionnées ? Je n’en suis pas sûr. En tout état de cause, les frais d’édition du livre au Sénégal, sans une subvention, coûtent très cher et sont insupportables pour les auteurs. L’autre difficulté, c’est que l’auteur doit prendre en charge, payer intégralement le coût, avant d’être édité.

Ensuite, ces maisons d’édition n’ayant aucun réseau de communication pour faire connaître la valeur et le contenu du livre, moins encore n’ont pas de relations fermes avec les médias pour en faire la publicité en amont, etc. ; les livres se retrouvent souvent entre les mains de l’auteur, une bonne partie invendue, faute d’un réseau de distribution performant et  bien huilé. L’un dans l’autre, vous le voyez bien, les difficultés sont énormes, autant pour les maisons d’édition locales que pour les auteurs de manuscrits à éditer.

Réalisée par Assane Samb

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