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Mamoussé Diagne pour une « vision résolument endogène  » de la formation sur le continent

Dakar, 29 oct (APS) – L’universitaire sénégalais Mamoussé Diagne préconise des politiques et structures de formation basées sur « une vision résolument endogène », qui permettrait à l’Afrique de s’imposer sur la scène mondiale comme sujet de son histoire.

 Dans une tribune parue dans l’édition de jeudi du quotidien Le Soleil, M. Diagne, agrégé de philosophie, soutient que « l’urgence des urgences pour l’Afrique, non pas après son unité mais dans son propre processus d’unification, c’est l’accélération de la formation de ses cadres à tous les niveaux, et une politique capable de les retenir et de faire revenir ceux qui sont partis en leur offrant des conditions de vie décentes ».
« Cette décision si capitale parce qu’elle conditionne tout le reste, a un prix : la remise en cause radicale des politiques et des structures de formation orientées par une vision résolument endogène », écrit cet enseignant au département de philosophie de l’Université Cheikh-Anta-Diop (UCAD) de Dakar.
« Pour nous (les Africains, Ndlr), ajoute-t-il, tirer les leçons de l’histoire récente et moins récente, c’est, avant tout, changer le regard jusqu’ici posé sur nous-mêmes et sur les autres. Il est temps d’assumer notre histoire et toute notre histoire, seule façon d’accéder à la responsabilité et au statut de sujet ».
« Être un sujet responsable, argumente le philosophe, c’est rendre des comptes à soi-même et aux autres de la manière dont nous avons géré notre destin depuis un demi-siècle. Et, malgré le lourd passif qui a précédé et qui a suivi, décider de prendre un nouveau départ dans l’histoire, avec l’idée que +si tous les peuples ont les mêmes droits, il y en a qui ont plus de devoirs que d’autres+ ».
« Or, la sagesse des nations enseigne qu’il n’y a de revendication (…) que pour quelqu’un capable de la soutenir et de la faire valoir, voir de l’imposer aux autres », souligne Mamoussé Diagne, nourri à la source de la pensée hégélienne et marxiste tout à la fois de l’histoire.
Selon lui, cela « revient à être +puissant parmi les puissants+, à se doter d’une volonté d’affirmation autonome, à être un véritable sujet à même d’exprimer cette volonté », étant entendu que l’Afrique « a été l’objet d’une multiplicité de discours depuis des périodes très reculées jusqu’à ce qu’on appelle le discours postcolonial ».
« Cette Afrique-là a subi les effets des décisions prises par d’autres, ceux-là même qui ont +gouverné+ le monde en l’excluant ou en la marginalisant », fait-il observer, avant de s’interroger : « Toujours objet dans toutes ces situations, cette Afrique-là est-elle à même, au moment où elle pose la question relative à la gouvernance mondiale, de revendiquer la posture de sujet, seule permettant de participer aux décisions qui la concernent ? »
Seulement, la revendication « ne suffisant pas en fait, sinon en droit, l’Afrique a à se donner comme objectif de s’égaler à sa propre ambition, de concevoir un futur inscrit dans son propre agenda », conclut l’universitaire sénégalais.

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