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MANAGEMENT DES ENTREPRISES A L’ERE DU NUMERIQUE Docteur Cheikh Kanté décortique la «Gestion en 500 mots».

 

Le docteur Cheikh Kanté vient de publier un livre intitulé «Les 500 mots de la Gestion à l’ère du numérique».  Cet ouvrage sous forme de bréviaire montre, dans un style clair et accessible, ce qu’est une entreprise. En effet, le directeur général du Port en présente les fonctions, les métiers qui s’y exercent et les divers modes de management (des plus classiques aux plus novateurs).

Bref, l’ouvrage dresse en 500 termes un panorama des structures, des réseaux, des technologies… et les conceptions traditionnelles de la gestion comme les méthodes les plus récentes appuyées sur les Nouvelles technologies de l’information et de la communication.

Même si définir avec 500 mots la gestion à l’ère numérique est une réalité aussi complexe et relève de la gageure, pour reprendre les propos du préfacier. Il ne s’agit pas, selon Dominique Roux, de couvrir dans ces quelques pages l’intégralité des problèmes que pose cette discipline. Il s’est agi tout simplement en 500 expressions de présenter ce qui semble le mieux à même de caractériser la gestion de entreprises aussi bien dans sa conception traditionnelle que dans ses nouvelles méthodes portées par une évolution de l’environnement  où les deux maître-mots pour l’entreprise sont la globalisation et les Ntic.

La gestion est à la fois la pratique et la science du gouvernement des organisations, plus particulièrement des entreprises. Gérer, ou manager  – ces deux notions s’imbriquent souvent -, c’est prendre et exécuter des décisions dans des domaines variés qui vont de la finance à la logistique, de la stratégie aux ressources humaines.

Dans un monde concurrentiel, c’est aussi savoir adapter l’organisation à un environnement en perpétuelle évolution. A signaler qu’après une maîtrise en gestion au Cesag, un Dea de Gestion à l’Ucad, un Doctorat de Sciences de gestion à l’Université d’Orléans, un MBA de management international à l’Université de Paris-Dauphine et une Executive Doctorate toujours à Paris-Dauphine, Cheikh Kanté a poursuivi une carrière de consultant, de chef d’entreprise et d’enseignant.

Qu’est-ce qu’une entreprise et pourquoi les entreprises existent-elles ?

Cette question d’apparence banale est pourtant essentielle. Elle a été posée par Ronald Coase (prix Nobel d’Economie 1991) dès 1937, dans un article aujourd’hui très célèbre, « The nature of the firm ». Le futur Prix Nobel s’y demande pourquoi apparaissent des structures stables et organisées comme les entreprises, dans un monde où l’allocation de ressources rares par le marché est prédominante. Ainsi, dit-il, « à une structure complexe d’échange de marché, au sein de l’entreprise se substitue l’entrepreneur coordinateur qui dirige la production ». Il est impossible de prétendre présenter ce qu’est la gestion sans définir, auparavant, ce que sont les entreprises. Or, l’observation des économies modernes permet de déceler une grande variété d’organisations marchandes qui, toutes, sont appelées entreprises. Il est donc important de s’interroger sur les facteurs communs qui permettent de regrouper en une catégorie unique des entités hétérogènes. L’existence des entreprises s’explique ainsi essentiellement par la difficulté d’allouer, par l’intermédiaire du marché, une ressource particulière – en l’occurrence, le facteur travail – et les transactions sur le marché supposent, en effet, la conclusion de contrats qui peuvent être à court ou à long terme.

Qu’est-ce qui rend profitable la création d’une entreprise ?

La principale raison qui rend plus avantageuse la création d’une firme est qu’il existe un coût à l’utilisation du mécanisme des prix sur le marché. L’entreprise devient ainsi un mode alternatif d’allocation des ressources qui s’impose parce qu’il est plus efficace, puisqu’en son sein il n’est pas nécessaire d’établir le prix de chaque échange interne, les délais sont plus sûrs et la coordination au sein de l’entreprise représente une économie par rapport aux coûts du marché. En montrant qu’il est plus efficace, c’est-à-dire moins coûteux, de réaliser l’allocation par voie administrative (au sein de l’entreprise) que par le système de prix (dans un marché), Ronald Coase explique la naissance des entreprises, qui sont pour lui « des îlots de coordination consciente qui flottent sur une mer de relations marchandes comme les grumeaux dans du babeurre ». La vie économique est aujourd’hui organisée autour des entreprises qui donnent d’ailleurs à notre civilisation plusieurs de ses caractères essentiels : urbanisation, mode de vie, rythme de travail et de loisir. La montée de l’entreprise au premier plan des préoccupations tant individuelles que sociales est un phénomène relativement récent. Car le mot « entreprise » n’est apparu dans la langue française qu’en 1699 pour caractériser une opération de commerce et c’est seulement dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, en 1758, qu’il est utilisé pour décrire une organisation de production de biens et services à caractère commercial. Néanmoins, si les entreprises existent depuis des siècles, l’entreprise est considérée depuis quelques dizaines d’années comme une entité juridique grâce au développement du droit des affaires.

Que faut-il pour être considéré comme une entreprise ?

Au-delà de leur diversité apparente, les organisations que sont les entreprises présentent, sur des aspects essentiels, des similitudes assez fortes. On remarque d’abord que toutes consistent en une réunion d’hommes et de moyens (matériels, immatériels et financiers), en vue de la production de biens et services destinés à être vendus sur un marché. Il convient d’ajouter que, pour être considérée comme une entreprise, une organisation doit aussi être un centre de décision autonome : ce dernier aspect permet de distinguer la firme de l’unité de production ou de l’établissement, qui n’en sont que des éléments constitutifs. Ces différentes caractéristiques déterminent la spécificité de l’entreprise et en font l’objet privilégié de la gestion. Il ne pourrait, en effet, pas exister de gestion s’il n’y avait ni ressources à allouer, ni pouvoir de décision, ni sanction à l’efficacité de l’allocation.

Jusqu’où le numérique va-t-il transformer nos entreprises et nos sociétés ?

Le numérique constitue un enjeu majeur pour les pays qui veulent retrouver la croissance et le plein emploi et pour cela, ils doivent impérativement revoir leur système d’éducation et de formation et repenser leur cadre juridico-institutionnel pour permettre à nos nouvelles générations, non pas de subir ces ruptures, mais d’avoir le maximum de possibilités pour les prendre en main. L’impact du numérique va être majeur et il faut vite s’y adapter. Le monde est en train de vivre une mutation majeure, la révolution numérique, car les technologies numériques ont introduit dans notre monde une mutation quasi-génétique ! Le numérique est à la fois une technologie, un outil et une forme de culture. Une technologie qui s’appuie sur des systèmes ouverts et décentralisés qui sont en train de changer l’espace économique, mais c’est aussi un outil qui modifie la société, en créant une nouvelle culture qui rapproche les centres d’intérêts et les projets.

Quelle est la valeur du capital humain dans l’entreprise ? Le concept de capital humain relève de la théorie générale de la valeur qui repose sur l’hypothèse qu’un bien a une valeur, s’il est susceptible de produire une utilité, un bénéfice ou un service. Comme toutes les ressources, les hommes possèdent donc une valeur parce qu’ils sont capables de rendre des services futurs. Il s’agit aujourd’hui  d’une redécouverte qui est en grande partie justifiée par les travaux développés après la seconde guerre mondiale pour expliquer les raisons de la croissance à long terme. Le capital humain, comme le définit T. Schultz, est un stock d’aptitudes, de connaissances et de qualifications possédées par les individus pour engendrer des flux de satisfaction, de revenus ou d’utilités.

L’apport du  secteur privé ?

La nature des propriétaires et des droits dont ils disposent sont des éléments importants pour caractériser les entreprises. Le secteur privé constitue un mode d’organisation de base de l’activité économique dans une économie de marché, il repose sur trois caractéristiques principales : le capital physique et financier est privé ; les marchés, la concurrence et le profit représentent les catalyseurs de l’attribution des ressources et de la production, les décisions et les risques sont pris sur la base de l’initiative privée. Ce secteur est le fondement principal de l’économie de marché.

Mouhamadou BA

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