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Manifestants tués en Gambie : L’effet de voisinage avec le Sénégal !

La Police gambienne a tiré sur deux manifestants lundi qui ont trouvé la mort lors de manifestations dans la localité de Faraba.

Dans un communiqué, l’inspecteur général de la Police a indiqué que les forces de l’ordre présentes sur place n’étaient pas autorisées à faire usage de leurs armes à feu. Alors pourquoi l’ont-elles fait ? Qui a donné l’ordre ?

Il y a manifestement une bavure policière, la première sous l’ère Barrow un homme élu pour rétablir l’ordre constitutionnel et surtout restaurer l’espoir de gambiens éprouvés par des décennies de dictatures.

Nous craignons justement qu’il y ait un effet de voisinage dans cette situation étant donné le mauvais exemple que nous donnons en la matière.

Depuis l’ère Abdoulaye Wade jusqu’à présent, nombre de manifestants sénégalais ont été abattus par des forces de l’ordre dans de nombreuses localités du pays. Et dans ce lot, trois étudiants dont la mort du dernier a plongé le monde universitaire dans une crise profonde.

Des procès ont été contre des gendarmes et des policiers. Des condamnations prononcées et aussi des acquittements. Les Sénégalais ne comprennent pas trop cette propension à faire des victimes dans des manifestations souvent pacifiques même si les nerfs sont très surchauffés.

On se rappelle que Malick Bâ a été abattu à Sangalkam alors qu’il aurait tourné le dos comme du reste ce jeune atteint à la nuque à Cayar lors de conflits entre pêcheurs.

Aujourd’hui, la mort de Fallou Sène, les premières assurances du Procureur de Saint-Louis et la lenteur observée dans la suite de l’enquête une fois que le parquet de Dakar s’en est chargé démontrent, à loisir, le malaise qui anime les autorités au plus haut niveau.

Car, manifestement, nous avons un souci avec notre stratégie de maintenance de l’ordre surtout lorsqu’il y a des troubles graves. Depuis la mort de ces policiers en service lors de manifestations, les forces de sécurité ont la main lourde.

C’est cette main lourde que l’on semble avoir transmis à la Gambie. L’effet de voisinage est réel dans un pays qui copie pratiquement tout sur le Sénégal car il s’agit d’un même peuple dans deux Etats différents. Ceci est d’autant plus vrai que ce sont nos forces qui sont assurent aujourd’hui la sécurité d’Adama Barrow, dans une large mesure. La présence de ces dernières en Gambie est un secret de polichinelle.

Il importe alors, pour Adama Barrow, de savoir que l’exercice de la force publique de coercition de la part de l’Etat ne peut se faire que dans une extrême nécessité et en proportionnalité de la menace.

Il doit se douter que les Gambiens n’ont aucune envie de revivre les années de terreur du régime de Jammeh. Et comme le Sénégal n’est pas forcément un bon exemple en la matière, il est important que la Gambie s’inscrive dans une dynamique de respect de ses obligations internationales en se pliant devant le droit fondamental de manifestation.

Déjà, sur le plan économique, les choses ne marchent pas bien dans ce pays. Il y a, selon nos sources, un recul. C’est alors seulement au niveau du respect des libertés publiques qu’il peut soulager la souffrance de ses compatriotes.

Il ne faut cette action brutale, disproportionnée et inacceptable soit une manière d’étouffer dans l’œuf les aspirations légitimes du peuple gambien au pleine exercice de ses libertés fondamentales.

Yayah Jammeh doit servir d’exemple aux apôtres de Machiavel qui pensent que l’on peut dompter un peuple par la peur.

Assane Samb

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