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Mansour Ndiaye, membre de «BBY» et président de l’UDR « le Sénégal est dans une grande morosité économique »

C’est une sortie au vitriol que Mansour Ndiaye a faite contre le régime, dans l’entretien qu’il nous a accordé, hier. Ce membre de la Conférence des leaders de la coalition présidentielle et chef de file de l’Union pour la démocratie et la réforme (Udr/Dooley yakaar) est d’avis que «le Sénégal est dans une grande morosité économique».

Vous êtes membre de «Benno bokk yakaar» (Bby), que retenez-vous de votre compagnonnage avec le Président Macky Sall, plus de 3 ans après son accession au  pouvoir ?

Ce compagnonnage était bâti autour d’une plateforme faite pour respecter les engagements, pour aller vers des réformes, mais aussi pour impulser le développement du Sénégal, après 50 ans de gestion chaotique. Ce compagnonnage a été très difficile, parce qu’il y a eu beaucoup de changements. Par exemple, on est passé du programme «Yoonu yokkute» au Pse. Et il y a eu des changements qui n’engagent pas les alliés, où on a pas une plateforme uniformisée qui permet d’harmoniser les positions, où également le cadre politique n’a jamais été mis en forme de la façon la plus visible et assimilable également par les différents partenaires politiques du Président Macky Sall. Ce qui a fait que c’est avec beaucoup de voix discordantes que nous avons cheminé ensemble. Et nous nous sommes jamais entendus sur le projet politique et sur les véritables réformes qu’il fallait faire pour le Sénégal. A un moment donné, nous avons senti le besoin de communiquer avec le gouvernement autour de ce qu’il faisait. Nous avons fait des séminaires, nous avons structuré «Bby», mais je pense que le Président n’a jamais eu le courage de parachever ce travail. Et aujourd’hui, on sent cette cacophonie dans la matérialisation des politiques publiques sur le terrain, par rapport au respect des engagements et aux réformes institutionnelles, pratiquement dans tout le travail politique qui devait servir en fait de relais aux populations. Je crois qu’aujourd’hui, le Président est comptable de tout cela. Tous les rapports que nous avons présentés sont restés lettres mortes. Je pense qu’aujourd’hui, le destin du Sénégal ne doit pas reposer entre les mains d’une seule personne. Il fallait un large consensus, particulièrement sur les réformes institutionnelles. Les Sénégalais restent encore sur leur faim. Le Sénégal est dans une grande morosité économique. Macky Sall est en train de se jeter dans la politique politicienne.

A la lecture du diagnostic que vous venez de faire sur la gestion du Sénégal, peut-on s’attendre à ce que vous rompiez les amarres avec le chef de l’Etat ? 

Nous avons fait un rapport sur les 3 ans de compagnonnage avec le Président Macky Sall que nous avons soumis à notre Bureau politique qui va se prononcer en Conseil national, d’ici le mois de septembre. C’est la démarche que nous avons enclenchée. Nous sommes en train de discuter avec des partis politiques. On ne peut pas continuer éternellement à émettre des idées, et que ces idées, ne soient pas appliquées. Le contrat social qui lie l’homme politique à la société, que ce contrat soit rompu, et que rien ne soit fait. Aujourd’hui, les Sénégalais sont inquiets. Vous parcourez le Sénégal, les citoyens ne savent pas où donner de la tête. Je crois qu’il appartient, aujourd’hui, aux hommes politiques, de prendre leur courage à deux mains, quel que soit le bord où ils se situent, pour proposer des alternatives. C’est dans ce sens que j’ai eu à lancer un appel aux citoyens, pour que le projet politique soit un projet culturel, pour que ce projet se penche sur la question de notre système éducatif, la question économique qui doit être nationale, sur la question également des valeurs, Qu’est-ce que nous allons faire des valeurs ? Est-ce qu’on peut faire du «Wax waxeet», comme c’est dans l’air du temps ? Des voix encouragent le Président de ne pas respecter son engagement de réduire la durée de son mandat. Si Macky Sall ne respecte pas son engagement, il n’aura pas 2 mandats. Nous allons également le combattre, parce qu’il s’est engagé à faire un mandat de 5 ans. Par A ou B, il faut qu’il respecte cet engagement. ça, c’est extrêmement important. Un Président qui fait du «Wax waxeet», même si c’est cautionné par la classe maraboutique et par des hommes politiques, les citoyens vont le combattre. C’est dans ce sens que j’ai lancé cet appel.

Est-ce à dire que vos ambitions présidentielles sont intactes ?

En 2012, j’avais déclaré ma candidature avant que je n’aille rejoindre la coalition «Benno Siggil  Senegaal» avec Moustapha Niasse. Je ne démords pas. Je suis en train de créer des conditions pour voir s’il est possible de créer une plateforme. Je suis en train d’engager des fusions de partis politiques, qui se manifestent sur l’échiquier politique en termes de rupture par rapport à une certaine manière de faire et en termes de discours également. Parmi les acteurs de «Benno Siggil Senegaal », certains sont favorables à travailler autour d’un grand consensus. Pourquoi pas le porter ? Si c’est  la solution pour que le Sénégal sorte de 50 ans de gestion chaotique, on va faire le remake. Nous n’irons pas à l’aventure,  mais nous sommes en train de voirtoutes les possibilités par rapport à notre engagement de travailler pour le Sénégal. Je profite de l’occasion pour parler du Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc). Je le vois comme un désaveu. Pourquoi l’administration sénégalaise ne gérerait pas ce projet ? Le Pnud n’est pas plus transparent et plus limpide que l’administration sénégalaise. Pour moi, c’est une catastrophe. Si nous devons envisager l’avenir, des mesures courageuses doivent êtres prises. Il ne faut pas se réfugier derrière des modèles qui n’ont pas marché depuis 50 ans et qu’on continue de perpétuer.

Le Populaire

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