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MAOULOUD  2015- El Hadji Malick Sy, un érudit multidimensionnel

 El Hadji Malick Sy est né vers 1855, à Dowzall, dans l’agglomération de Gaya, à l’Est de Dagana dans le Nord du Sénégal. Il est le fils d’Ousmane Sy et de Mame Fawade Wélé. Le fondateur de la Tidjanya au Sénégal a débuté sa formation islamique étant jeune, à Gaya, auprès de sa famille maternelle où son maître et homonyme Thierno Malick Sow l’initia au Saint Coran.

À l’âge de 8 ans, il fut amené par son oncle paternel Amadou Sy dans le Djoloff, à Sine, près de Sagatta, le village de sa famille paternelle. Revenu à Gaya, Seydi El Hadji Malick Sy ira suivre des cours auprès de Ngagne Kâ, maître d’école Wolof pendant plusieurs mois et à Thiaréne, dans le cercle de Matam, auprès de Mame Bassine Sarr. Puis, il alla chez le marabout Abdou Bitèye à Louga (dans le cercle de Saldé) et chez Mamadou Top à Podor pour y achever l’apprentissage du Saint Coran. Malick Sy n’avait que 18 ans quand il reçut le « Wird » Tijâne et la capitalisation (Ijaza) de son oncle maternel Alpha Mayoro Wélé. Le Coran assimilé, il attaqua immédiatement la théologie et l’exégèse avec « Les Aqaîd de Senoussi » à Gaya puis à Ndombo chez le maître Mor Sine Kane pour le « Fiqh ». Il entama le droit à Bokhol chez Serigne Mass Ndiaye et alla le poursuivre à keur Kodé Alassane auprès de Mamadou Mbathie et chez Serigne Mor Kala Séye à Taiba Séye (Ajurrumiya Muqaddam al Kukiyya). C’est après avoir terminé son premier cycle d’étude qu’il débarqua à Saint-Louis auprès du maître réputé Amadou Ndiaye Mabéye en littérature et en grammaire (Maqamat et Hariri). Ensuite, il ira dans le Ndiambour à Ndiabali chez Mor Barama Diakhaté où il étudiera le tome 1 du « Khalil » et « Ibn Ishaq ». Puis à Thila Daramane chez Ma Sylla Mane pour le tome 2 et « Alfiyya », chez Maguéye Awwa à Ngadde Demba (Al Akhdari), chez Mour Diop Nguirane à keur Koddé Alassane (Rissala), chez Thierno Yoro Ball à Thilogne (Ihminar) et chez Mouhammad Ali Al qubi al Alawi en Mauritanie.

Le Gamou dans la stratégie de El Hadji Malick Sy

Lorsqu’en 1902, El Hadji Malick Sy initia le Maouloud marquant la célébration de la naissance du Prophète Mouhammad (Psl), il visait par-là deux choses : métamorphoser les consciences marquées par des pratiques païennes et asseoir une stratégie de communication entre lui et ses disciples qui venaient répondre  à son appel de tous les coins du Sénégal. Le Gamou était pour lui une occasion de débattre au milieu de ses disciples des grandes questions intéressantes sur l’Islam et les musulmans. Pourtant, la surveillance administrative de l’autorité coloniale était toujours de vigueur, mais cela n’altéra en rien sa détermination à faire de cette commémoration une institution pérenne qui sera plus tard relayée par ses disciples. Et cela, jusqu’à nos jours par sa descendance et celle du cercle de ses premiers disciples. À certains de ces derniers, il avait même donné l’autorisation de mener de concert avec lui cette commémoration dans leurs localités respectives. Aujourd’hui, la célébration du Maouloud est ancrée dans la conscience collective des Sénégalais toute obédience confondue. C’était son vœu pieux de voir un jour les musulmans sénégalais converger ensemble vers un idéal commun.

Tivaouane, la sainte

Ancien terroir (païens) connu pour son hostilité à l’Islam, Tivaouane est depuis presque un siècle un ardent foyer dégageant les pulsions qui fortifient la religion musulmane au Sénégal. Mais, rien ne prédestinait, à une telle vocation, cette ville prise en tenaille entre des contrées où l’animisme avait force de règle au début de ce siècle. Cependant, un homme faisant du combat pour l’expansion de l’Islam sa seule raison d’être sur terre pour que cette transition qui tient du miracle se réalise. Cet homme est El Hadji Malick Sy. À l’époque où, dans cette partie du Sénégal, les croyances animistes étaient profondément ancrées dans les mœurs sans compter qu’avec une longue présence, le pouvoir colonial avait asservi son monde. Il y avait donc un ordre établi que rien ne permettait de violer.

En 1902, El Hadji Malick Sy se fixe définitivement à Tivaouane où il ouvre son école d’enseignement coranique, véritable Université populaire qui contribuera à répandre largement les rudiments de l’enseignement musulman des nombreux maîtres qu’elle formera. Mais à la même époque, à l’heure où El Hadji Malick Sy commence son apostolat, la doctrine Tijuana s’est déjà propagée et fortement implantée dans tout le Sénégal où l’on constate l’existence de plusieurs groupements ovariens dans le Daloa, Louga, à Tivaouane, à Thiès, à Diourbel et surtout dans la région du Sine-Saloum où se fait sentir plus vivement l’influence ovarienne sous l’impulsion du marabout El Hadji Abdoulaye Niasse qui s’est établi d’abord dans le Wallon-Ripa en 1888, puis définitivement à Kaolack en 1910.

Sidy Thiam

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