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Maraboutage, incantations surerogatoires, drogue… Les principales causes de folie à Louga

A Louga comme partout ailleurs à l’intérieur du pays, il n’est pas rare de croiser une personne souffrant de troubles mentaux. Victimes de pratiques occultes, d’incantations surérogatoires ou encore de consommations excessive de drogues, ces malades mentaux choisissent comme lieux de prédilection les marchés, les gares routières, la devanture des écoles, bref, les lieux de rassemblement. Malgré l’agressivité de certains d’entre eux, des structures de prise en charge semblent inexistantes.

Les malades mentaux sont partout dans les marchés, les gares routières, devant les écoles, les institutions et même à côté des tas d’ordures. Certains encore plus chanceux, même s’ils ne bénéficient pas d’une prise en charge adéquate, vivent certes dans des maisons, mais dans une certaine marginalisation. Très peu sont ceux qui naissent avec ces troubles psychiques. La plupart les proches interpellés mettent en avant des pratiques occultes liées à des cas de vol, d’incantations surérogatoires mal canalisées de charlatans. La consommation de la drogue est également citée comme cause principale des troubles psychiques notés chez les malades mentaux.

A Louga, un simple coup d’œil à partir de la gare routière permet de voir ces malades mentaux dans un état piteux, trimballant le plus souvent de vieilles valises remplies de vieux vêtements et avec toutes sortes d’articles usés, sales et nauséabonds. Si certains sont le plus souvent de la localité, la majorité d’entre eux viennent d’ailleurs. Ils se nourrissent d’aliments pourris, jetés à même le sol ou collectés dans des endroits prisés par les charognes, les chats et les chiens errants, sous le regard indifférent et des populations, de l’Etat et des organisations de la Société civile.

‘’Parmi les malades mentaux qui ont fréquenté la gare routière de Louga, j’ai en mémoire celui qui se nommait Cheikh Fall, en provenance de la région de Saint-Louis. Il a passé plus d’une dizaine d’années avec nous. Il marchait nu, sans gêne, et les multiples tentatives de ses parents de le ramener n’ont pas abouti. Il a été plongé mystiquement dans cette situation par son maître coranique qui l’avait surpris en plein ébat sexuel avec la plus jeune de ses femmes’’,  a expliqué Moussa Fall, un transporteur trouvé sur place.

Et d’ajouter : ‘’mais ces dernières années, ce sont de jeunes drogués qui utilisent surtout la colle force, qui sont victimes de leur indiscipline. Un jeune apprenti de cette même gare routière est aujourd’hui dans une folie ambiante pour avoir bousculé un vieux mal habillé et avait jeté son sac par terre. Ce client s’est avéré être un grand érudit. Il n’a fait que murmurer quelques versets en face du jeune homme pour bouleverser sa vie’’.

Pressés de sortir de leur situation de pauvreté, de jeunes talibés, fraîchement libérés par leur maître coranique, entrent en retraite spirituelle pour accéder à une certaine dimension de connaissance ou de richesse. ‘’Ces jeunes dans leur invocation utilisent des noms de Dieu. Ce qu’ils voient en termes d’images et de représentations les dépasse. Ce qui fait qu’ils sortent des chambres qui leur servent de retraite avec des cris ou en murmurant des paroles incompréhensibles’’, confie Mor Sall, muezzin de son état.

Ces malades mentaux dont la plupart sont très jeunes, errent dans les rues de la capitale du Ndiambour. Même s’il y a parmi eux des femmes, c’est à une proportion très insignifiante. Généralement, ce sont des cas d’anthropophage, des femmes qui sont accusées d’avoir ‘’mangé’’ mystiquement des proches et qui perdent par la suite la tête, suite à une pratique occulte. Si certains d’entre eux sont dociles, la plupart des malades mentaux qui vadrouillent à proximité des lieux de rassemblement sont d’une certaine agressivité, tant du point de vue de la parole que des attitudes et comportements.

Sidy THIAM

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