téléchargement (4)

Mariages précoces ou forcés- A l’origine, la  pauvreté dans la banlieue 

 Dans beaucoup de localités de la banlieue où nous nous étions rendus, des mariages précoces ou forcés frappent plusieurs jeunes filles. Une situation liée à la pauvreté de certaines familles qui préfèrent se débarrasser de leurs filles pour échapper aux dépenses conjugales énormes, en cette période où les pères de famille peinent à joindre les deux bouts.

Un phénomène qui a toujours été combattu par des Organisations non-gouvernementales, des personnes de bonne volonté et associations comme Synergie de la Lutte contre la Violence qui pèse sur les Personnes Modestes sur toutes ses formes. Reportage.

Nous sommes à  « Kounoune ». Une localité située dans la commune de Rufisque, non loin de « Jaxaay ». Ce village est habité pour la majeure partie  par la communauté peulh. Ici le phénomène semble toucher presque plusieurs familles, d’après nos enquêtes. Selon un notable rencontré, « les habitants de la localité s’activent dans les champs qui ne rapportent pas beaucoup pour subvenir aux besoins des familles. Une situation qui conduit les jeunes filles de se marier très tôt et aux jeunes garçons de s’adonner à l’exode à la recherche d’une vie meilleure à Dakar ou dans les autres régions du Sénégal». Selon les chiffres avancés par certaines organisations, «plus de 50% des  femmes issues des localités périphériques seront victimes de violences au cours de leur vie et une femme (particulièrement mineure) sur cinq est victime de viol ou de tentative de viol ou de mariage forcé. On estime également que plusieurs filles ont subi des mutilations génitales. Interrogé sur cette situation, Sada  Ndiaye, qui dirige la Synergie de la Lutte contre la Violence qui pèse sur les Personnes Modestes sur toutes ses formes, déclare que le phénomène est du à la vulnérabilité mais aussi à l’illettrisme des femmes. Des campagnes de sensibilisations sont encore nécessaires pour faire face à ce fléau qui prend de plus en plus d’ampleur. Pourtant, chaque année, la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes est célébrée un peu partout à travers le monde mais jusqu’à présent cette couche continue à être marginalisée. Selon une «Bajènou Gokh» rencontrée à Yeumbeul-Nord, «de nombreuses filles y subissent cette pratique ancestrale avec de graves conséquences pour leur santé physique et mentale. Elles sont donc mariées de force et avant 15 ans», souligne la « Badjènou Gokh». Qui témoigne être intervenue sur plusieurs cas de filles confrontées à ce problème. Et suffisant à Sada  Ndiaye de Synergie de la Lutte contre la Violence qui pèse sur les Personnes Modestes sur toutes ses formes de dire que le phénomène perdure malgré la lutte des associations de défense des droits des personnes faibles. « Mon père adoptif m’a forcée pour que je me marie avec un ami qui a son âge, alors que j’étais âgée seulement que de 16 ans. En ce moment, je ne connaissais rien et mon vieux mari m’a imposé de coucher avec lui par la force pendant la nuit. C’était notre première nuit. Je saignais, en me tordant de douleur, après notre rapport sexuel qui faisait très mal mais je n’y pouvais rien car je n’osais pas le dire aux autres membres de ma familles. La deuxième nuit, il l’a voulu et j’ai refusé. Il avait peur que je cris et c’est deux jours après qu’il m’a encore forcée et ça faisait plus mal que notre premier jour », témoigne notre interlocutrice. Elle raconte qu’elle aurait voulu fuir, mais elle ne savait  pas  où aller car les autres membres de sa famille sont au village et que son père est décédé lorsqu’elle était très jeune puis sa maman s’est remariée avec un autre homme qui ne dispose pas de moyens financiers suffisants pour entretenir tous ses enfants et elle-même ». Il faut signaler que cette jeune fille qui répond au nom de N. Cissé, n’est pas la seule à avoir été victime du mariage précoce et forcé dans l’une des localités de la banlieue dakaroise. Et selon un directeur d’école trouvé à Malika, « à l’âge de 12 ou 13 ans, certaines jeunes filles désertent les classes au CM2. Des informations qu’ils peuvent obtenir lorsqu’ils mènent des interrogatoires à l’endroit des parents, on leur rétorque que les anciennes élèves travaillent comme des domestiques pour aider leurs familles », nous dit-on.

Des moyens de lutte dérisoires

L’Association Synergie de la Lutte contre la  Violence qui pèse sur les Personnes Modestes sur toutes ses formes qui dispose des moyens très limités, intervient dès fois dans des cas du genre  pour assister les jeunes victimes du phénomène. « J’ai aidé une fille qui avait été forcée de se marier avec un marabout, venu de la sous-région. Son père avait voulu l’offrir à ce type, alors que Dieynaba L. était en classe de troisième au collège. Et dès qu’elle est venue pour m’expliquer sa situation, je l’ai aidée à se refugier chez son oncle que j’avais joint au téléphone à Tambacounda pour lui expliquer les conséquences qui peuvent arriver à sa nièce. Cette fille a obtenu sa licence en Droit et elle est en traine de poursuivre ses études. Imaginez si le marabout l’avait épousé à l’âge de 15ans, qu’est-ce qu’elle allait devenir aujourd’hui », nous dit le président de cette association. Des associations du genre et autres organisations qui défendent la cause des personnes modestes doivent redoubler d’efforts pour assister des victimes des cas du genre pour permettre à cette couche de s’épanouir. Selon des informations recueillies de part et d’autres, « la majeure partie des cas est liée à la pauvreté ».

Sada Mbodj

Voir aussi

telechargement-6

AFFAIRE NDIAGA DIOUF Barthelemy et Cie seront jugés le 25 janvier prochain en audience spéciale

Initialement prévu hier, le procès de Barthelemy Dias a été renvoyé jusqu’au 25 janvier 2017 …