Accueil / ACTUALITES / Mariam Hassan Djamous à la barre- «Habré a fait une sortie pour revendiquer l’arrestation de mon mari»

Mariam Hassan Djamous à la barre- «Habré a fait une sortie pour revendiquer l’arrestation de mon mari»

 Les juges des Chambres africaines extraordinaires (Cae) ont auditionné, hier, les témoins Mariam Hassan Djamil Djamous et Adja Ismael Saibou. À la barre, les témoins ont prolongé la liste des victimes qui  ont eu à élever des orphelins après la chute du régime de Hissein Habré.

 Mariam Hassan Djamil Djamous a été, hier, à la barre des Chambres africaines extraordinaires (Cae). Épouse de Hassane Djamous, ancien Commandant en chef de l’armée tchadienne, la dame est revenue sur les exactions qui seraient commises au Tchad et au cours desquelles son mari a perdu la vie. À la barre, elle a indiqué que son époux a été arrêté lors des vagues d’arrestation au Tchad avec Brahim Mahamat Itno, ministre de l’Intérieur à l’époque. C’est plus tard qu’elle se retrouvera en France où elle a été informée de la mort de son mari. « Je suis allée en France et dès mon arrivée, je suis descendue à l’ambassade du Tchad jusqu’au 1er avril 1989. Je suis rentrée le 2 décembre 1990, après le veuvage », a indiqué la dame selon qui, son mari l’appelait par le canal de l’ambassade. Au cours de sa déposition à la barre, Mme Djamous a renseigné que sa maison a été attaquée et ses affaires pillées. « Les agents de la Dds se sont introduits dans la maison. Les boucles d’oreilles de ma fille adoptive ont été arrachées et nos biens saccagés. J’ai été protégée par l’intervention des  Français à qui je dois la vie sauve », a dit le témoin. Pour mémoire, Hassan Djamous était militaire lorsque les rebelles ont envahi Ndjamena le 2 février 1988 lors des combats. Pendant ce temps, argue-t-elle, son mari combattait contre l’occupation tchadienne par les Libyens.

« Mes proches ont été arrêtés »

À en croire la dame, c’est au cours de l’accrochage avec les forces gouvernementales que son mari a été capturé. Mariam Djamous a renseigné que ses cousins qui ont été arrêtés sont tous décédés dans les prisons de la Dds. Elle a aussi perdu son enfant lors des événements de 1988. « L’arrestation de tout un entourage peut faire l’objet d’une révolte. C’est la raison pour laquelle, on a préféré s’enfuir avant d’être arrêté, ensuite être tué », ajoute-t-elle. Avec le cœur meurtri, la dame veut savoir où se trouve la tombe de son mari. Revenant sur les circonstances de la mort de ce dernier, le témoin a soutenu que Hissein Habré a fait une sortie pour dire qu’il a arrêté Djamous et les forces armées ont mis en branle les forces nationales pour lutter contre les rebelles. Et, c’est le 25  avril 1989 qu’elle a appris par voie de presse que son mari a été tué. « Vous avez là un accusé qui ne dit rien. Que lui dîtes-vous », lance un des avocats des parties civiles. Le témoin de répondre : « C’est une question que je lui ai posée. Qui sait tout, ne dit rien, c’est un criminel. C’est tout ».

« Je vous demande Monsieur le président des Cae de rendre justice pour toutes ces femmes qui ont élevé des orphelins »

Un autre témoin a été aussi entendu, hier, par les Chambres africaines extraordinaires (Cae). Il s’agit de Adja Ismael Saïbou. Le mari de cette dernière a été arrêté en 1988. Pendant cette période, la dame a soutenu que Ndjamena était comme un enfer. Ce n’était pas un enfer pour les Zaghawas seulement parce que tous les Tchadiens étaient menacés. Les Zaghawas étaient expulsés de chez eux. S’agissant de son mari, elle a soutenu que c’est son chauffeur qui lui a notifié son arrestation. Mais, elle ne sait toujours pas le motif de son arrestation. Peut-être, renseigne-t-elle, c’est parce qu’il est de l’ethnie des Zaghawas. Car, son mari n’était pas de connivence avec la rébellion. À l’en croire, Habré est responsable de tout ce qui s’est passé. « C’est la raison pour laquelle, je vous demande Monsieur le président des Cae de rendre justice pour toutes ces femmes qui ont élevé des orphelins »,  clame la dame. La réponse du juge ne s’est pas faite attendre : « Rassurez-vous que notre devoir c’est de rendre justice et c’est la mission de cette chambre et autant que nous sommes chacun essaie de rendre justice ».

Cheikh Moussa SARR

Share This:

À voir aussi

Marche avortée- Wade ‘’arrêté’’ par Ousmane Ngom

REWMI.COM- La tête de liste de la coalition gagnante Wattu Senegaal a échoué hier dans sa …

GO : Ouverture des jeux…. législatifs

Après Abidjan et ses jeux de la Francophonie, c’est notre tour. Dimanche prochain, tous sont …