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MARY TEUW NIANE, MESR « Nous allons auditer les inscriptions pédagogiques »

 Autour de la table à manger, le ministre de l’Enseignement supérieur et la presse. Sur une rangée, Mary Teuw Niane et sa cellule de communication, sur l’autre les journalistes. Une occasion pour le ministre de revenir sur plusieurs points qui concernent son département.

Inscriptions pédagogiques

‘’Nous allons faire des audits pour y voir plus clair. Chaque école et chaque faculté est en train de voir comment utiliser ces inscriptions. Nous on essaie de suivre parce que les droits sont fléchés. Le comité de gestion doit avoir 50% d’étudiants. 60% doivent aller à la professionnalisation, 20% à la pédagogie, 10% aux écoles doctorales. Ensuite, il y a les 5% de la vie estudiantine et les 5% de la mobilité des étudiants. Nous devons donc veiller à ce qu’il y ait des retombées visibles pour les étudiants.’’

Diversification des banques de paiement

‘’On est en train de préparer le cahier des charges. Vous savez que la convention avec Ecobank se termine au mois de mars. Actuellement, on a mis en place les commissions qui sont en train de travailler. Je pense que la semaine prochaine, on aura le projet et nous aurons une réunion large avec le ministère de l’Economie et des Finances et, ensuite, nous allons saisir la DCPM et s’il y a lieu l’ARMP pour finaliser le cahier des charges et pouvoir lancer l’appel à candidature. Les institutions qui en ont la force et qui le souhaitent pourront participer au processus de paiement.’’

L’université du futur ?

‘’Il y aura des universités du futur. Chaque université a une personnalité propre. A Ziguinchor, vous avez un bon socle en ce qui concerne l’agroforesterie, les langues et les relations avec les communautés. Si vous allez à ce jeune centre universitaire en gestation qui est le centre de Kolda, vous avez tout ce qui est agro-silvo-pastoral, mais sa personnalité va être surtout autour des sciences humaines, c’est-à-dire la psychologie et la philosophie. Avec ce qui se passe actuellement à Mouna, on voit toute la place des psychologues dans la société pour accompagner les jeunes.

Chaque école doit avoir un psychologue-conseiller, les entreprises et les hôpitaux aussi. Si nous prenons Bambey, c’est une université qui est très imbriquée dans les relations avec la société, particulièrement l’UFR santé et développement durable (SDD). Elle va aussi développer le côté science et technologie, car le site de Ngoundiane est dédié à la science et à la technologie. A Thiès, c’est la technologie.

C’est vrai qu’il y a l’UFR sciences économiques et sociales (SES), mais globalement, ces sciences de l’ingénieur, c’est l’Institut universitaire de technologie (IUT), c’est l’école polytechnique, c’est l’Ecole nationale des sciences agronomiques (ENSA). A côté de tout cela, il y a l’institut supérieur d’enseignement professionnel (ISEP) : bac+2, étude en classe et stage en entreprise. Et puis la formation des ingénieurs de conception. Que ce soit l’ENSA ou l’EPT, on les a accompagnées pour qu’elles augmentent le nombre d’étudiants qu’elles prennent. Prenons l’agriculture, elle a été la priorité de tous les gouvernements depuis l’indépendance, mais là où on a eu des problèmes, c’est la formation des compétences.

Jusqu’en 2010, nous ne formions en agriculture qu’entre 15 à 20 ingénieurs de l’ENSA, 15 à 20 des travaux de l’ENCR qui est devenue ISFAR. C’est insuffisant. Saint-Louis a ouvert l’UFR agro, puis Bambey et UCAD. Aujourd’hui, on a 200 à 300 licenciés ou master qui sortent dans le domaine. Mais ça ne suffira pas. Quand Sine-Saloum commencera à produire, on pourra dire qu’on aura 2000, 3000, 5000 diplômés dans le domaine agricole. Et à ce moment-là, on pourra être dans le même tempo que le Maroc où vous avez des écoles de techniciens agricoles dans toutes les régions du pays.

Ensuite vous avez Saint-Louis qui a eu une spécificité depuis sa création. C’est la professionnalisation. C’est les réformes des curricula, et les relations avec le monde socioprofessionnel. Saint-Louis devient maintenant une université complète comme Dakar, avec un effectif réduit. Il va garder son label d’excellence. Mais Saint-Louis n’est plus seul. Bambey veut être une université d’excellence. Et j’imagine que dans les années à venir, Thiès et Ziguinchor vont s’affirmer. Pour Dakar, l’enjeu est simple. Il a une masse critique d’enseignants, il entre dans le classement des 100 meilleures universités du monde. Voilà le panorama des universités existantes et des ambitions.’’

L’insertion ?

‘’C’est très compliqué, pour dire la vérité, parce que la formation et l’insertion sont liées. Il y a le tissu économique qui doit recevoir tous ceux qui sont formés. Il y a les structures de formation qui doivent former les compétences dont l’économie a besoin. Le principal problème que nous avons, c’est que nous n’avons pas assez de PME et de PMI. Or, ce sont elles qui génèrent la masse d’emplois qui permet de créer cette dynamique économique. La solution est de partir de ceux qui sont déjà formés, essayer de trouver les plus motivés pour aller à la création d’emplois.

C’est ça l’objet du programme sénégalais de l’entrepreneuriat des jeunes (PSEI) qui va être lancé à partir du 2 novembre et dont l’objectif sera de donner une formation à des jeunes qui ont un projet d’entreprise, de les accompagner et qu’on arrive chaque année à en former 500. Ce qui va être une bouffée d’air forte dans le monde du travail. C’est un projet du PSE sous la tutelle du MESR piloté par le Pr Aminata Sall Diallo. Dans ce volet, la formation professionnelle a un rôle à jouer qui est de démultiplier les centres de formation pour certains métiers où visiblement nous n’avons pas assez de gens.

Même pour la construction, quand vous voulez avoir un bon maçon, ce n’est pas donné. Avoir un bon cuisinier ou une femme de chambre pour tenir bien les chambres d’hôtel n’est pas donné. L’artisan, nous avons beaucoup de mécaniciens, mais quels sont les ateliers de mécanique où les gens ont été bien formés pour faire l’entretien des nouvelles voitures où le tout est électronique. Donc il y a tant de métiers pour lesquels nous n’avons pas les compétences qu’il faut. Il y a des niches d’emplois sur lesquels l’université et les structures de formations doivent pouvoir travailler ensemble.’’

Enquête

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