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Massamba Diop, président du Fade «Le Sénégal a besoin d’une autorité de régulation unique pour protéger les enfants»

 Très sensibles par rapport aux besoins des enfants, les responsables du Fonds Africain pour la Défense des Enfants ont décrié la diffusion d’images choquantes à travers certaines chaines de télévisions nationales. Le Fade qui envisage de signer une pétition pour la fusion de l’Artp  du Cnra, avait dénoncé le mutisme des autorités sur la question.

Pour le président du Fonds Africain pour la Défense des Enfants, le Sénégal a besoin d’une autorité de régulation unique pour protéger les enfants. «Et pour ce faire, la fusion du Cnra et l’ARTP est nécessaire», dira Massamba Diop, selon qui, dans tous les pays du monde, on constate que deux points communs au moins réunissent le secteur de l’audiovisuel et celui des télécommunications. «D’abord, l’indispensable besoin de régulation dynamique, c’est-à-dire une régulation qui sait évoluer et s’adapter aux évolutions constantes que connaissent ces deux secteurs, grâce notamment à l’intensité du développement technologie. Ensuite, parce que l’on ne trouve pas d’un côté, des téléspectateurs et de l’autre des internautes, mais un ensemble de citoyens connectés en permanence, souhaitant accéder au plus grand nombre de contenus possibles, variés et de qualité, ce que permet à l’internet de devenir une manufacture mondialisée de ces contenus», explique M. Diop. Poursuivant, il dira : «le Cnra et l’Artp, sous leurs formes actuelles, sont loin d’être une spécificité sénégalaise. Par exemple, il y a le Csa et l’Arcep en France, le Vrm en Belgique, l’Iba en Irlande et l’Ofcom au Royaume Uni qui équivaut à une fusion de l’Artp et du Cnra.» La télévision étant déjà sur internet qui transporte des images pornographiques dangereuses sur la vie des enfants, M Diop est d’avis que considérer que les contenants n’affectent pas les contenus est illusoire. «La mission de l’Artp n’est pas celle de du Cnra. Sur un sujet commun, chacune des autorités fait un bout du chemin, en essayant de ne pas empiéter sur le terroir de l’autre, mais cela déjà n’est plus possible, à cause des avancées technologies. D’autant plus qu’au Sénégal, la loi portant création du Cnra ne donne strictement aucun moyen juridique à cette agence pour peser sur les télévisions connectées, les radios Wifi ou la presse en ligne. Donc, la sanction ultime est le retrait de la fréquence et cela est impossible, sans l’intervention de l’Artp», assène Massamba Diop. Il y ajoutera que les sites internet n’utilisent pas de fréquences hertziennes. Ils utilisent la téléphonie qui est sous la tutelle de l’Artp. Les éditeurs de sites internet, les prioritaires de télévision connectées et radios Wifi ne sont donc tenus que par la loi pénale sénégalaise et la loi sur la cybercriminalité, en ce qui concerne leur liberté d’expression. Le président du Fade précise donc que son institution identifie trois domaines où le Cnra a démontré, depuis sa création, une grande incapacité à faire respecter les lois du pays, mais à appréhender les enjeux et défis du secteur dont il a la charge. Il s’agit de la protection de l’enfance et de l’adolescence (Programmes susceptibles de nuire à l’épanouissement physique, mental ou moral des mineurs), du respect de la dignité de la personne humaine et la prohibition de l’incitation à la haine ou à la violence, pour des raisons de race, de sexe, de mœurs, de religion ou de nationalité et d’autres champs d’intervention, notamment, en matière de déontologie de l’information. Massamba Diop estime ainsi que pour faire partie des leaders des secteurs audiovisuels et des réseaux en Afrique, mais aussi dans le monde, le Sénégal a besoin d’une autorité de régulation unique qui puisse discuter d’une seule voix, notamment, avec les Ong qui luttent pour la protection des enfants dans les médias (Télévisions, radios, journaux, internet). Cette nouvelle agence aura tous les moyens pour mieux collaborer avec d’autres organes de régulation, comme la puissante Fcc Américaine, l’efficace Ofcom Britanique, deux pays qui ont eux aussi des secteurs audiovisuels et de télécom dynamiques. Donc à l’heure où la convergence de l’audiovisuel et des télécoms est devenu une réalité, à l’heure de la prise unique pour le téléphone, la télévision et l’internet, cette dichotomie entre les instances est-elle encore gage d’efficacité ? «L’heure de la réunion des autorités de régulation des médias, de l’internet et des télécom, avec la promesse de traiter d’une seule voix des questions auxquelles aucun de ces secteurs n’est étranger, semble plus que jamais arrivée», déclare-t-il, arguant que cette fusion de l’Artp et du Cnra devrait être l’un des chantiers prioritaires du gouvernement, car c’est le président Macky Sall, lui-même qui avait promis aux Sénégalais qu’une fois élu, il allait utiliser tous les moyens nécessaires pour lutter contre le gaspillage de nos maigres ressources, contre le népotisme et la corruption, mais aussi de reconstruire l’état de droit. Donc, à travers une pétition que les membres du Fade comptent signer, le débat va être ouvert pour exiger à nos autorités d’honorer rapidement leurs engagements. Elles devraient œuvrer pour la fusion du Cnra et de l’Artp pour interdit et punir les diffusions d’images qui risquent d’avoir de graves conséquences sur l’avenir de nos enfants,  au lieu de se copier sur la France qui reste, malheureusement, l’un des derniers pays européens à ne pas unifier ses autorités de régulation.

Sada MBODJ

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