Pour permettre aux banques partenaires et aux commerçants d’effectuer leurs paiements transfrontaliers plus rapidement et plus sûrement, Mastercard lance son propre réseau blockchain. Ce service peut servir à la compensation des transactions par carte de crédit, mais aussi à éviter des tâches administratives par l’instauration de règles de contrat intelligentes, accélérant ainsi le traitement des opérations. « En combinant la technologie Blockchain de Mastercard avec notre réseau de compensation et les règles associées, nous avons créé une solution sûre, sécurisée, vérifiable et facile à mettre à l’échelle », a déclaré dans un communiqué Ken Moore, vice-président exécutif de Mastercard Labs. Samedi dernier, lors du Money20/20 Hackathon qui se tenait à Las Vegas, Mastercard a livré son API Mastercard Blockchain aux développeurs participants à l’événement dont il est le sponsor.

La blockchain est un registre électronique public – semblable à une base de données relationnelle – qui peut être partagé librement entre divers utilisateurs, à la différence près que l’enregistrement des transactions est immuable, chaque transaction étant horodatée et liée à l’opération précédente. La blockchain de Mastercard est un réseau privé basé sur les permissions, ce qui signifie que seuls les utilisateurs autorisés à participer aux transactions peuvent les voir. Le géant de la carte de crédit n’est pas le premier fournisseur de services financiers à mettre en place un réseau de paiements transfrontaliers basé sur la technologie blockchain. La semaine passée, IBM a annoncé un partenariat avec un fournisseur de système de paiement polynésien et un réseau de paiement FinTech open source pour mettre en place un système international d’échange de devises basé sur un registre distribué blockchain. Le nouveau réseau de paiement qui s’appuie sur la plate-forme Blockchain d’IBM permet aux îles du Pacifique, à l’Australie, à la Nouvelle-Zélande et au Royaume-Uni de réaliser des transactions dans 12 monnaies différentes.

Une nouvelle solution blockchain d’IBM et de Maersk basée sur la digitalisation du processus de la chaîne d’approvisionnement va permettre de gérer et de suivre la trace de dizaines de millions de conteneurs à travers le monde. (Crédit : Maersk)

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Pour Jeffrey Neuburger, partenaire de Proskauer Rose LLP, un cabinet d’avocats international spécialisé dans la finance d’entreprise, le déploiement de la chaîne de blocs d’IBM représente une « étape importante dans la mise en œuvre de la blockchain dans les grandes institutions financières ». Pour créer ce nouveau service de paiements transfrontaliers, IBM s’est associé à KlickEx Group, un système de paiement international de la région Pacifique financé par les Nations Unies, et à Stellar.org, une organisation à but non lucratif qui pousse à l’adoption d’un réseau de chaînes de blocs ouvert dans les services financiers. Ce partenariat pourrait être déterminant « pour l’avenir de la technologie blockchain et des monnaies numériques », a déclaré M. Neuburger. « Un grand nombre de choses découleront du succès ou de l’échec de ce partenariat. Il faut aussi noter que pour rendre cette implémentation possible, les participants ont créé leur propre monnaie digitale, et il sera intéressant de voir comment les régulateurs, entre autres, accueilleront la solution », a encore déclaré Jeffrey Neuburger.

La blockchain de Mastercard est intégrée au réseau de paiement de l’entreprise auquel sont reliées 22 000 institutions financières. Ce réseau servira à transférer les fonds engagés sur la chaîne de blocs. Les services financiers et les clients de Mastercard pourront se connecter à son réseau blockchain à l’aide d’une API, si bien qu’ils n’auront pas besoin de créer leurs propres nœuds de serveur de registres distribués. « À partir du moment où ils sont dans le réseau blockchain, les banques et les commerçants peuvent ajouter leurs propres nœuds internes pour augmenter la capacité », a déclaré Mastercard. « En ce qui concerne les paiements, nous souhaitons offrir du choix et de la flexibilité à nos partenaires de façon à ce qu’ils puissent utiliser de façon transparente nos modes de paiement existants et nos nouveaux circuits en fonction des besoins et des exigences de leurs clients », a encore précisé Ken Moore, le vice-président exécutif de Mastercard Labs.