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Ces mastodontes qui creusent les montagnes

Dotés de dents acérées, ces monstres d’acier et de technologie avalent des milliers de tonnes de croûte terrestre par jour. De plus en plus loin, de plus en plus profondément et de plus en plus vite.

 Hyperloop en Californie, un tunnel de 123 kilomètres dans la mer de Bohai en Chine, une trouée pour bateaux en Norvège, et même une connexion entre la Sibérie et l’Alaska : les projets fous se multiplient partout dans le monde. Quelles sont les limites ?
Michel Deffayet, directeur du Centre d’études des tunnels en France.Tout dépend de quel point de vue on se place. Les tunneliers sont aujourd’hui capables de creuser à de très grandes profondeurs et dans des terrains variés – sable, argile, craie, granite… Du moment que la nature du sol est anticipée, rien ne leur résiste. Les limites sont donc seulement d’ordre financier, logistique et politique. Si l’on est tout à fait capable de construire un tunnel dans les détroits de Gibraltar ou de Béring, je doute que ces projets voient le jour à court terme…


Qu’en est-il de l’idée d’un tunnel sous l’Atlantique, qui fait fantasmer depuis la fin du XIXe siècle ?
Même en mettant de côté la question de la ­rentabilité, sachant que l’on dispose de moyens de transport plus rapides et moins coûteux, un tel projet paraît absurde. La reconnaissance préalable des sols, le temps nécessaire à sa réalisation et l’évacuation du matériel excavé seraient beaucoup trop compliqués à mettre en œuvre sur de telles distances. Au-delà d’une centaine de kilomètres, construire un tunnel n’a plus vraiment de sens.

Tunnelier de 15 mètres en Italie, de 17,5 à Seattle, de 17,6 à Hongkong, projet d’une machine dépassant les 19 mètres à Saint-Pétersbourg… A quoi rime cette surenchère ?
Ces machines géantes sont conçues pour construire des autoroutes à trois voies ou combiner plusieurs niveaux dans un même tube afin de faire passer un train et des voitures au-dessus, par exemple. Mais je ne crois pas qu’on ira au-delà, car des espaces plus importants seraient difficiles à rentabiliser. Dans les transports, la tendance est plutôt à creuser deux galeries contiguës. Cela offre des combinaisons intéressantes en matière de logistique et, surtout, de sécurité.

Paris Match.

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