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Mbagnick Diop patron du Meds « Les Cauris d’Or sont le sacre de l’excellence, la performance, la réussite, le courage… »

Il déboule, le pas alerte, des allées  du King Fahd Palace et se dirige sous bonne escorte vers le chapiteau. Visiblement surbooké par les préparatifs de sa prestigieuse soirée des Cauris d’or, Mbagnick Diop n’a pas une minute à lui. Néanmoins, il semble mettre du cœur à l’ouvrage.  Avec un sourire de face, il efface les traces d’insomnies qui crispent son visage et distribuent  des poignées de mains à ses collaborateurs. A J-1 des festivités qui regroupent tout le gratin du monde économique et financier, le patron du Meds (Mouvement des entreprises du Sénégal) est entre le pari et l’action.  Allure soignée dans une mise racée, sans être ostentatoire, téléphone dernier cri scotché à l’oreille,  Président Mbagnick est à l’affût du moindre détail, pour sublimer les Cauris d’Or. Tout juste prend-il le temps de faire face à l’Obs pour une série de question réponses. Là aussi, le temps est compté.  Interview.

Nous sommes à jour j-1  de la grande soirée des Cauris d’Or, ou en sont les préparatifs ?

Comme vous le savez, nous sommes à la 11ème édition de la prestigieuse soirée des Cauris d’Or  ou à l’an 1 de la nouvelle décennie.  Nous avons bouclé 10 ans de succès, 10 ans d’excellence, 10 ans d’innovations  et j’en passe. Là, nous allons vers une autre décennie et nous avons décidé, pour la circonstance de revenir à l’orthodoxie  des Cauris. C’est d’ailleurs pourquoi nous l’avons intitulé  le retour aux sources. Lorsque nous lancions  le concept des Cauris d’Or c’était pour distinguer les meilleurs acteurs du monde économique et financier, des personnalités internationales et toutes celles qui œuvrent pour le développement du Sénégal, de l’Afrique et du monde en général.  Le succès aidant, nous avons ouvert le Cauris à tous ceux qui souhaitaient  y participer. Après 10 années, nous nous sommes dit qu’il fallait revenir à la tradition, en organisant une soirée privée  avec les acteurs économiques, financiers, les institutions, pour fêter l’entreprise et surtout les personnes qui excellent dans leurs secteurs respectifs.

La soirée ne risque-t-elle pas d’être élitiste ?

Revenir à l’orthodoxie après plusieurs cérémonies de remise de distinctions qui recensaient  entre 1000 et 1500 personnes par soirée, est plus que raisonnable. Dieu merci, nous avons pu  pendant toutes ces années, hisser cet évènement au summum  de l’organisation.  Les Cauris d’Or sont aujourd’hui labélisés.  On les compare au Festival de Cannes, aux Oscars alors que c’est un concept initié par des africains. Aujourd’hui, il a réussi à conquérir les occidentaux à tel point que, lors de la soirée, on a souvent bien plus d’étrangers que d’africains.  Tout ceci prouve  que le produit est bon et il a séduit des centaines de millions de personnes.  Dorénavant, nous allons le consacrer, principalement, aux acteurs du monde économique.

 Quelles sont les innovations de cette présente édition ?

En termes d’innovations, nous avons mis en place pour la première fois  des cartes Golf (sous forme de cartes de crédit) pour l’accès à la salle.  C’est toujours dans la dynamique du glamour  et du prestige, mais également pour  éviter qu’il y ait des falsifications. Comme j’ai habitude de le dire, les Cauris, c’est le sacre de l’excellence, la performance, la réussite et le courage.  En Afrique, nous avons plus la manie  d’honorer les personnes de valeur qu’après leur disparition. A mon avis, il est plus  judicieux de le faire lorsque cette personne est sur terre.  C’est ce que nous tentons de faire  et nous ne pouvons que nous en féliciter, prier pour que cela continue  à bien se passer au fil du temps.  Toujours dans les innovations, nous avons lancé, à partir de cette année, la table des jeunes managers.  Nous avons fait un focus sur  les managers, en sélectionnant 10 jeunes qui ont réussi dans leurs secteurs respectifs, qui ont à peine 30 ans et qui emploient des dizaines de travailleurs.  A travers cela, nous  voulons leur monter qu’il est possible de s’asseoir avec l’élite de ce pays et du monde entier.

Toute cette organisation doit générer un énorme coût. Quel est le budget   de la 11ème édition des Cauris d’Or ?

Les Cauris c’est un colossal budget.  Heureusement, nous avons la chance, depuis chaque année de bénéficier des partenariats financiers, comme de grosses multinationales. Nous avons aussi l’appui des mécènes, ce qui nous permet de boucler chaque année, le budget et d’offrir  ce qu’il y’a de mieux.  Nous essayons de viser les standards internationaux. Etant donné que nous sommes, nous-mêmes, une boite de sponsoring, de communication et de Marketing, nous avons déjà, dans notre portefeuille  relationnel, de potentiels partenaires.  Les grandes boites qui sont installées  en Afrique nous accompagnent, parce que les Cauris font partie des meilleurs vitrines.

Le gala des Cauris d’Or est annuel, mais entre la précédente édition et celle-ci, il n y a pas un écart d’un an.  Qu’est- ce qui l’explique ?

Beaucoup  m’ont posé cette question.  Initialement, lors des 8 premières  éditions, les Cauris d’Or se tenaient au mois  de mai.  Lorsque le Président Macky Sall  arrivait au pouvoir en 2012, nous  devions organiser  les Cauris à Paris.  C’était ainsi prévu dans le planning. Nous avions pris l’option  de les rendre mobile.  En fin de compte, lors d’une audience  avec le Chef de l’Etat, nous avons parlé des Cauris d’Or et je lui ai fait  part de notre programme. Il m’a alors suggéré de ne pas déplacer l’événement ailleurs. J’ai donc accepté, sauf que la date du 3  juin  avait déjà été retenue pour  Paris.  Nous avons ainsi annulé et programmé une autre date  pour Dakar.  Il fallait prendre le temps,  au moins 3 mois  pour organiser ce nouveau rendez-vous.  Du coup, nous nous sommes retrouvés au mois d’Octobre. Maintenant, après avoir  bouclé 10 ans, nous avons décidé de revenir  au calendrier initial. Je peux même vous annoncer que la prochaine édition  des Cauris d’Ors,  se tiendra le 7  mai 2016.

Coté spectacle, qu’est- ce qui est prévu ?

Il y aura  l’Orchestra Baobab qui va assurer  la première partie.  La deuxième partie sera animée  par Pape Diouf et son groupe, comme les deux dernières éditions. Entre  les deux, il y aura  de grands artistes africains, ce sera la surprise  de la soirée. Auparavant, c’était Youssou Ndour  la tête d’affiche, mais son calendrier ne lui permettait plus d’honorer l’événement. Mais ce sera sans doute pour l’année prochaine. Ce sera un spectacle d’enfer, je vous le garantis.  Les Cauris d’Or constituent une des meilleures vitrines.

Vous avez été reconduit à la tête du Meds. Quels sont les chantiers qui vous attendent ?

Nous sommes en train de lancer, à Diamniadio une plateforme de micro industries pour booster 100 jeunes  entrepreneurs en les orientant vers les micro- entreprises  avec de petits projets  pour que dans 10 ans ces jeunes puissent devenir des jeunes capitaines d’entreprise.  C’est une chose qui est importante.  On a été les premiers à lancer  une pépinière à la Sodida pour appuyer  les jeunes entrepreneurs qui  n’ont pas les moyens  d’avoir leur propre local.  C’est un projet que je développe  depuis 2001.  On les héberge pendant 18 mois, le temps qu’ils aient une assise.  C’est un centre d’incubation et, à terme, nous comptons accueillir  jusqu’à  100 entreprises.  Il y a quelques semaines, nous avons lancé le premier  Fonds de garantie du secteur privé (Fogacim) pour accompagner les promoteurs à hauteur de 70 à 90%. En dehors de cela, nous avons 5 à 6 événements  dans l’année. Le forum des diplômes pour l’emploi  que nous avons organisé les 4 et 5 mars 2000.  Nous avons organisé le premier colloque sur les enjeux miniers au Sénégal.  Là, nous allons vers les Cauris d’Or, ensuite, il y aura  les assises du Meds, la Riva(Rencontre internationale des droits des affaires en Afrique). C’est une organisation qui est en perpétuel mouvement.

L’Observateur

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