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« Mbarane, Mbakhal ou Prostitution » : quel est le rôle de l’argent dans tout cela ?

  • Date: 28 janvier 2016

Les relations d’amour ont toujours existé entre un homme et une femme. Au Sénégal, comme dans d’autres pays, par ailleurs, ces rapports ont évolué et ont tendance à se baser de plus en plus sur le matériel et sur l’argent. Peut être que la crise est passée par là. Toutes les femmes sont-elles matérialistes ? En tous cas, des formes de relations toutes particulières prennent de l’ampleur et engagent beaucoup de couples…Laissons les répondre…

Un jeu de cache-cache ! Les filles célibataires sont unanimes sur cela. La plupart rencontrées reconnaissent qu’elles attendent de leur copain respectif, un minimum de « revenues ». Sona, 17 ans, élève au lycée JFK, entame la question et dénonce : « Les hommes, actuellement, ont tous envie d’avoir une belle copine branchée, élégante… Tout ceci a un coup pour la fille. Ça coûte de l’argent tout cela, les fringues, les produits cosmétiques pour l’entretien du corps, la coiffure au top… Je trouve très normal qu’un homme puisse entretenir sa copine… C’est un plaisir partagé pour les deux non ? » Ces propos, Sona les a laissé entendre avec une telle sincérité qu’elle a fini de convaincre ses autres copines, planquées à côté et attentives à nos questions. Dans la même lancée, elle continue très persuasive : « Alors, si tu tombes amoureuse de quelqu’un qui ne peut pas t’offrir tout cela, eh bien, tu es obligée d’utiliser d’autres recours ». Ces recours dont elle fait allusion sont ce qu’on appelle communément en wolof « Mbarane » (être avec un homme par pur intérêt) et Mbakhal (avoir deux ou plusieurs copains à la fois, pour combler un vide). En tout cas, ceux sont là les définitions qu’ont servies ces jeunes filles, toutes en classes de 2nd, dans une atmosphère très détendue et  posée. Interpellée sur le fait d’avoir deux ou plusieurs copains à la fois, Astou. S trouve cool d’avoir au moins deux copains : « Quand les garçons se sentent menacés dans une relation, ils se comportent bien et font tout pour ravir la vedette. Je trouve que c’est bien le « Mbakhal », mais il ne faut pas en abuser, où pour faire mal à un garçon. C’est juste pour la concurrence », lâche-t-elle dans un éclat de rire.

Rokaya, 32 ans est assistante dans un cabinet dentaire. Elle avoue sans ambages ne pas perdre son temps avec un homme qui ne s’occuperait pas d’elle et de son fils. Célibataire et mère d’un garçon de 04 ans, elle loue un studio à Fass Delorme qu’elle partage avec sa petite sœur qui vit avec elle depuis qu’elles ont quitté leur ville natale : « J’ai un maigre salaire, actuellement. C’est avec celui-ci que je nourris mon fils, ma petite sœur et moi-même. Je ne peux pas me permettre d’être avec un homme qui ne m’aide pas en ce sens ». Du matérialisme masqué ? Elle répond : « Non, c’est juste un principe. Je trouve normal qu’un homme qui aime une femme s’occupe d’elle comme il faut, sinon, ce serait gauche qu’elle aille demander à un autre homme de le faire. Là, ce serait tout simplement du « Mbarane  dans ce cas ».

« Mbarane », « Mbakhal », sont tous des noms qui désignent une relation homme femme « pas normale ». « La notion de Mbarane est devenue très péjorative maintenant. De notre temps, il nous arrivait de croiser des hommes foncièrement bons. Ils nous faisaient dons de précieux cadeaux et beaucoup d’argent tout en sachant qu’il ne nous intéresse pas, que nous avions un autre homme dans notre vie. Mais, il parait que ces relations n’existent plus maintenant, légui mom, roky mi roky rek », nous confie cette grande dame mariée, aujourd’hui, directrice d’une agence immobilière aux environs du Stade Demba DIOP.

Serait-ce à croire que le terme « Mbarane » équivaut, aujourd’hui, à la notion de prostitution ?  À l’évocation de ce mot, les filles rencontrées dégagent en touche et nient, la main sur le cœur, qu’il est possible d’entretenir des relations saines avec un homme qui vous comble d’argent et de cadeaux. « Prostitution rime avec un rapport exclusivement basé sur de l’argent, alors que là, il y a un peu de sentiment dans le couple, il y a une différence », nous éclaire la petite Binta, de petite taille et compte au moins une trentaine d’années. Personne ne veut admettre entretenir des relations avec un homme pour se prostituer. « Quand on a le toupet de se prostituer, on s’assume au vu et au su de tout le monde. La preuve, elles (les prostituées) ont leurs coins à elles, ont un carnet de santé et n’ont pas honte de faire ce métier. C’est différent de ce que nous faisons, c’est rien ça… », continue encore Binta.

Et les hommes dans tout cela ? Khalifa n’y va pas par le dos de la cuillère et nous sert : « C’est avec sa copine qu’on doit entretenir des relations sexuelles. C’est normal qu’on s’occupe d’elle, dès lors. Ce que je ne peux pas comprendre, c’est de financer une fille sans que celle-ci ne s’occupe en contre partie de toi ! Lolou mom, douma ko deff ! Inutile  de perdre son temps ni son argent. Surtout qu’elles sont toutes matérialistes, elles peuvent te faire croire qu’elles tomberont un jour amoureuse dans le seul but de te déplumer ». Aïe, le mot est encore revenu !!! Matérialistes ou pas ? « Doy na warr », comme dit l’autre !

Khady Thiam Coly

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