SOCIETE

ME MOUSSA BOCAR THIAM SUR LE PROCÈS DE L’ÉTUDIANT BASSIROU FAYE «Boughaleb a fait l’objet d’un jugement politique et non judiciaire »

  • Date: 29 juin 2016

Le procès du défunt étudiant, Bassirou Faye, est loin de connaître son épilogue. En effet, le défenseur du policier Sidy Mouhammed Boughaleb, Me Moussa Bocar Thiam, a dénoncé le fait que son client a été « l’objet d’un jugement politique et non pas d’une décision judiciaire ». Il s’exprimait, hier, en marge d’un point de presse. La robe noire renseigne qu’il a interjeté appel et cette affaire sera rejugée par la Cour d’appel.

La Chambre criminelle de Dakar a reconnu, vendredi dernier, le policier Sidy Mouhammed Boughaleb coupable du meurtre de l’étudiant Bassirou Faye. À cet effet, il a été condamné à une peine d’emprisonnement de 20 ans de travaux forcés. Cependant, face à la presse, hier, son avocat, Me Moussa Bocar Thiam, est étonné de la décision qui a été rendue par le tribunal. Et pour manifester son courroux, il a déclaré que ce dossier présente des curiosités. « La première curiosité est que la décision qui a été rendue ne reflète pas les débats d’audience. On a constaté au niveau des magistrats qui composaient la Chambre criminelle, il y avait un seul qui posait les questions. Les autres sont restés silencieux durant tout le procès. Ce qui est inhabituelle pour une procédure devant la Chambre criminelle. Les magistrats ont été silencieux pendant plus de 15 heures de procès. Et c’est curieux », peste-t-il.

Selon la robe noire, la curiosité est d’autant plus grande que le jour du procès aucune question n’a été posée par le parquet aux témoins oculaires des faits comme les policiers Tombong Oualy et Saliou Ndao. « Pourtant, nous avons vu un parquet qui s’est acharné sur des témoins à décharge notamment les policiers médecins qui ont attesté que Boughaleb était avec eux. Boughaleb était pris en charge par leur service à l’heure du crime. Ces témoins là ont été littéralement agressés verbalement par le parquet », martèle-t-il. Avant de poursuivre : « Nous pensons que notre client a fait l’objet d’un jugement politique et non pas d’une décision judiciaire. Uniquement pour faire plaisir à une demande sociale forte des étudiants et à une demande de justice de la part des étudiants. Pour faire plaisir aux étudiants, il faut trouver un coupable. Il fallait absolument trouver un coupable quelles que soient les circonstances, quelles que soient les preuves de l’innocence qui pouvaient être rapportée ».

« Je précise que le meurtrier de Bassirou Faye court toujours »

Face à la presse, hier, Me Moussa Bocar Thiam a indiqué que la Chambre criminelle était sourde le jour du procès parce qu’il fallait un coupable. « Je précise que le meurtrier de Bassirou Faye court toujours. Pour vous prouvez que nous avions une Chambre criminelle qui était sourde, on a un témoin qui est venu confirmer à la barre qu’il a vu le tireur et que ce tireur là n’est pas Boughaleb. Ce témoignage a été purement et bonnement écarté. Et, c’est le témoignage d’un étudiant qui était présent au moment des faits », précise-t-il. S’exprimant toujours en marge d’un point de presse, la robe noire estime qu’il y a beaucoup d’éléments qui prouvent l’innocence de son client. « Les médecins policiers sont entendus pour la première fois devant le tribunal. Le juge d’instruction ne les a jamais entendus. Nous avions fait une requête supplémentaire pour demander à ce que ces trois policiers médecins puissent être entendus puisque ce sont eux qui ont accueillis Boughaleb lorsqu’il a été blessé dans leur service. Ces policiers sont venus confirmer, avec preuve à l’appui, registre à l’appui, avec tous les détails, qu’à l’heure du crime, vers 15 heures, Boughaleb était au Camp Abdou Diassé en train de prendre ses soins médicaux et cela c’est constant. Ces témoignages ont été également balayés d’un revers de main », rasasse-t-il.

Par ailleurs, s’agissant de l’arme du crime, la robe noire rappelle que l’expert balistique français a démontré que cette douille ne correspond pas à une douille qui aurait tué Bassirou Faye. Mieux, il a confirmé que le pistolet de Sidy Mouhammed Boughaleb n’a pas tiré la balle mortelle. Il faut dire que ce pistolet faisait parti d’un lot de 25 armes qui a été récupéré par la police. « Et aucune de ces armes n’a pas pu être utilisée pour tuer Bassirou Faye. Donc, la preuve scientifique n’a pas été rapportée dans ce dossier », ajoute-t-il.

« Le témoin, Sette Diagne, est un déséquilibré mental et le meurtrier de Bassirou Faye est… »

À en croire toujours l’avocat, des témoins sont venus dire que le meurtrier de l’étudiant Bassirou Faye serait le policier Saliou Ndao. « Ces témoins l’ont entendu dans la police et ils l’ont dit à la barre. Un témoin oculaire des faits a également confirmé qu’il a vu, à l’heure du crime, un des policiers notamment, Saliou Ndao, brandir une arme en direction de Bassirou Faye. Même le Commissaire de Police a confirmé avoir eu une conversation par talkie walkie à l’heure du crime avec Saliou Ndao », a révélé la robe noire. Malheureusement, poursuit-il, la justice prend en compte un seul témoignage d’un étudiant, Sette Diagne, qui a dit que le tireur ressemblerait à Boughaleb. « C’est le seul élément qui fait que Boughaleb a été condamné à 20 ans de prison. Pourtant, à l’audience, il a été confirmé que ce témoin est un déséquilibré mental. Preuve à l’appui, un psychologue a fait une attestation pour dire que Sette Diagne est suivi psychologiquement, il est instable psychologiquement et c’est une réalité. On a absolument rien inventé », a déclaré Me Moussa Bocar Thiam.

Toutefois, les défenseurs du policier Boughaleb ont interjeté appel parce qu’ils estiment qu’on assiste à la plus grande erreur judiciaire au Sénégal depuis l’indépendance.

Cheikh Moussa Sarr

Numéros Utiles

Indicatif Sénégal (de l’étranger) :

221

Renseignements :

12 12

Horloge parlante :

15

Aéroport :

33 869 50 50 / 33 628 10 10

Sénélec (dépannage) :

33 867 31 00

Sénélec (délestage BCC) :

33 839 94 35

SDE (dépannage) :

800 11 11

Sonatel (dérangement) :

13

Hotline Orange :

41 41

Commissariat Central :

33 823 25 29 / 33 823 71 49

Gendarmerie num vert :

800 20 20

SOS MEDECINS :

33 889 15 15

SUMA ASSITANCE :

33 824 24 18 / 33 824 60 30

POMPIERS :

33 823 03 50

Centre anti poison :

818 00 15 15