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Me Nafissatou Diop Cissé, responsable de l’Apr à Kaolack- Idrissa Seck ne critique pas ; il lance des invectives

Après la réplique allusive de Macky Sall à Idrissa Seck à Mbour, c’est Me Nafissatou Diop Cissé qui s’y met. «Il croit détenir toutes les solutions», souligne la responsable de l’Apr à Kaolack. Pourtant, ajouteelle, son ex-camarade ne peut se prévaloir d’un «bilan meilleur» que celui de son successeur à la Primature, encore moins en tant que directeur de campagne de Abdoulaye Wade. Pour elle, Idy «ne critique pas ; il lance des invectives».

Que vous inspire la sortie de Idrissa Seck à Touba ?

Cela me gêne beaucoup de parler de Idrissa Seck car j’avais juré de ne plus parler de lui. Et d‘ailleurs, je n’ai pas voulu réagir à ses propos au lendemain de sa visite à Touba. Il se trouve, cependant, que je suis une actrice politique et, par conséquent, je ne peux pas me débiner sur certains sujets. J’ai choisi de faire la politique et je dois me prononcer sur les sujets qui intéressent le Sénégal en général, et l’Apr en particulier, parti auquel j’appartiens. Ecoutez, Idrissa Seck est dans son rôle d’opposant et il en a le droit.

Mais, en tant qu’ancien Premier ministre, a-t-il fait mieux que Macky Sall ? Il a quand même été directeur de campagne de Me Abdoulaye Wade et, celui-ci a été élu au 2ème tour en 2000. Alors que le Président Maky Sall, en sa qualité de directeur de campagne en 2007, a fait élire le même candidat et ceci dès le premier tour.

Quelles réalisations d’ailleurs peut-on mettre dans le compte de Idrissa Seck Premier ministre ? Peu de choses. En revanche, Macky Sall Premier ministre a eu une appréciation positive du Président Wade qui a dit publiquement que c’est l’homme qui a permis à ses projets de prendre forme au point d’ailleurs de le faire réélire.

Et la finale a été la Présidentielle de 2012 qui a vu le candidat Sall battre à plate couture celui qui rêvait de devenir 4ème Président. Il a plutôt été 5ème sur la liste.

Venons-en aux critiques de Idy à Touba contre Macky Sall…

Un opposant a pour vocation de s’opposer et d’émettre des critiques. Mais le problème avec Idrissa Seck, c’est qu’il ne critique pas ; il lance des invectives. Comment peut-il traiter de grands intellectuels de «dames de compagnies».

Nul n’ignore qu’il fait allusion à la Première Dame. Il doit respecter, en bon gentleman, Mme Sall qui n’a rien à faire dans le débat politique. Quand j’entends Idrissa Seck parler de la sorte, j’avoue qu’il me déçoit parce que, après tout, c’est quelqu’un pour qui j’ai un profond respect, beaucoup d’affection.

Cela vous fait mal ?

Bien sûr que cela me fait mal qu’il descende aussi bas. Je lisais le livre du docteur Aliou Sow et j’en ai relevé une phrase. En parlant de Idrissa Seck, il dit : «Il a encore intérêt à respecter l’intelligence des autres, aussi bien ses amis que ses adversaires.» Je crois qu’il doit suivre ce conseil.

Mais le Président Macky Sall aussi a répliqué à l’Université républicaine de la Cojer à Mbour, le week-end dernier…

Je n’ai pas entendu une seule fois le Président Macky Sall citer le nom de Idrissa Seck dans son discours.

Oui, mais il l’a fait par une allusion…

Ce que je sais, c’est que le Président est un homme politique qui accepte de recevoir des coups. C’est un homme calme, mais qui sait aussi se défendre. Je crois qu’il faut prendre ses propos comme ceux d’un politicien qui répliquait à toutes les attaques dont il fait l’objet. Et il l’a fait dans la politesse et la sérénité qu’on lui connaît. J’ai assisté plusieurs fois à des réunions ou quelqu’un traitait les gens de tocards, qui les humiliaient. Suivez mon regard.

Ce quelqu’un, dites-le, c’est Idrissa Seck non ?

C’est vous qui le dites.

Vous avez pratiqué Idrissa Seck et Macky Sall aujourd’hui. Qu’est-ce qui les différencie ?

Idrissa Seck est un homme intelligent, mais qui prétend détenir toutes les solutions pour développer le Sénégal. Or le Président Macky Sall est un rassembleur, un homme de consensus qui cherche à associer tous les fils de ce pays à la gestion de ce Sénégal qui nous est tous cher. Aux réunions du Secrétariat national de Rewmi, Idrissa Seck n’écoute pas ; il est le seul à détenir la vérité.

Alors que Macky Sall a le sens de l’écoute et l’humilité pour tenir compte de toutes les interventions. Mais tout compte fait, je lui demande de venir apporter son génie auprès du Président Macky Sall pour qu’ensemble, nous puissions développer ce pays.

Les quolibets et les attaques personnelles dans les radios, les télévisions et les réseaux sociaux sous la forme de faux prénoms ne l’honorent pas.

Quelles sont vos relations avec Mariama Sarr, après l’appel que le Président vous a lancé toutes les deux, et aux responsables du parti de façon générale, à taire vos querelles ?

Je travaille tous les jours à conforter l’assise politique du Président Macky Sall. Je continue à tendre la main à toutes les personnes qui travaillent à la massification de l’Apr. Le seul enjeu politique qui vaille est la réélection de Macky Sall en 2017. Pour répondre précisément à votre question, j‘ai, avec toutes les femmes de l’Apr, des relations de camarades car nous appartenons au même parti. Je ne fais de fixation sur aucune femme politique.

Vous militez à Kaolack. Mais qu’est-ce que le Président a fait pour cette région pour espérer la gagner ?

Enormément de choses. La région de Kaolack renaît aujourd’hui de ses cendres grâce aux réalisations du Président qui nous a fait l’honneur de nous implanter une université qui va créer des emplois pour les populations et permettre aux jeunes de poursuivre sur place leur cursus scolaire et universitaire.

Sur le plan agricole, grâce à la volonté divine, nous avons eu une bonne pluviométrie qui nous a permis d’avoir de très bonnes récoltes. Il ne faut pas oublier que Kaolack était plombée par la défaillance de l’usine de transformation d’huile de Lyndiane, un établissement de Suneor, qui était jadis le fleuron de la ville mais que l’ancien régime a bradé.

Aujourd’hui, le Président a décidé d’offrir 300 tonnes d’arachide à Suneor pour la relance de la filière arachidière ; ce qui donnera un nouvel essor à la ville de Kaolack. Il y a aussi plus de 46 km de pistes communautaires réalisées pour un coût d’environ 1,2 milliard dans la région de Kaolack permettant ainsi aux populations locales un accès plus facile aux infrastructures sanitaires et éducatives, mais aussi l’écoulement des productions agricoles.

Sans compter les travaux de l’axe Fatick-Kaolack qui avancent. Bientôt les difficultés que rencontrent les routiers sur cet axe seront de vieux souvenirs. A Dakar, le Président est en train de construire beaucoup d’infrastructures notamment le prolongement de la Vdn de Cices jusqu’à Tivaouane Peulh, l’élargissement de la route des Niayes.

J’y ajouterai le Train Express Rapide qui va coûter environ 400 milliards et qui va relier Dakar à l’Aibd dont l’appel d’offres a été lancé. Les travaux de l’autoroute Ila Touba sont lancés avec plus de 400 milliards pour sa réalisation. Je ne vais pas citer la baisse des impôts sur les salaires et la Couverture maladie universelle. Bref, le Président se singularise davantage dans l’action que dans le verbiage ou la délation.

Malgré ce bilan que vous avez fait, le Sénégal a été classé par le Fmi parmi les 25 pays les plus pauvres…

L’information ne vient pas d’un rapport publié par le Fmi et le classement ne concerne pas la pauvreté mais plutôt le Pib par habitant exprimé en dollar. Selon le même classement, avec un Pib par habitant de 37 728 dollars en 2015 contre 44 331 dollars en 2014, la France occupe en 2015 la 21ème place au niveau mondial.

Les Etats-Unis pointent à la 5ème place, derrière la Norvège, la Suisse, le Qatar, et le Luxembourg. Est-ce qu’on peut dire que ces pays sont plus développés que les Etats-Unis ? La réponse est non ! C’est pourquoi d’autres indicateurs existent et permettent de mieux apprécier les performances en matière de développement économique.

Les Nations-Unies retiennent 3 critères pour qualifier les Pays les moins avancés, autrement dit les pays les plus pauvres de la planète : il y a niveau de revenu, le retard dans le développement humain, la vulnérabilité économique, etc.

Que pensez-vous de la polémique autour du référendum ?

C’est une polémique artificielle et inutile. Le Président a décidé lui-même de réduire son mandat. Tous ces gens qui s’agitent ne connaissent pas la loi référendaire. Mais vous savez, j’ai l’habitude de dire qu’au Sénégal, il y a une classe politique qui ne travaille pas et qui vit uniquement de politique en faisant du chantage et en investissant les médias pour se faire un nom. Pour eux, c’est la politique du «Ôte-toi de là que je m’y mette». Ou que celui que je soutiens s’y mette !

Le quotidien

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