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MÉCANISME DE CONTRE-POUVOIRS ET PAIX SOCIALE Pourquoi les hommes de Dieu doivent être indépendants des pouvoirs politiques

  • Date: 15 juin 2016

Les médiations de Touba et de Tivaouane, dans la crise scolaire, ont donné raison à tous ceux qui pensaient que les familles maraboutiques jouent un rôle important de régulateurs sociaux dans les crises qui secouent la Nation.

Toutefois, il convient de souligner que ce pouvoir religieux est resté longtemps amorphe face aux tensions sociales de toutes sortes, se contentant de quelques mots d’ordre ou « ndigueul » sans une véritable implication sur ces questions. Pourtant, dans l’histoire du Sénégal’ de 1938 à nos jours, en passant par la crise de 1968, les chefs religieux n’ont jamais cessé d’intervenir positivement dans les conflits pour y apporter des solutions. Très écoutés par les populations qui les vénèrent, ces hommes de Dieu entretiennent, parfois, avec les politiques, des relations qui sapent leur autorité. Confrontés de plus en plus aux rigueurs de la société de consommation, obligés qu’ils sont d’entretenir de nombreux parents, fidèles et pique-assiettes de toutes sortes, ils sont nombreux les marabouts à chercher la solution de facilité qui consiste à être toujours en phase avec les pouvoirs publics même si, parfois, leurs décisions ou positions sont manifestement erronées. Les enveloppes reçues et les tonnes de riz et denrées de toutes sortes distribuées surtout lors des manifestations religieuses, sont à l’origine d’une complicité nouvelle entre les deux pouvoirs dont chacun a besoin de l’autre.

Cette catégorie d’hommes de Dieu a tendance à prospérer. Ces accointances entre les pouvoirs spirituels et temporels ont exacerbé les conflits sociaux de toutes sortes. Les populations, se sentant abandonnées ou même trahies, utilisent de plus en plus la manière forte. La pauvreté aidant, une nouvelle forme de désobéissance civile a vu le jour se matérialisant par des brassards rouges et des manifestations de toutes sortes que relaient, chaque jour, les médias. C’est dire que les médiations tentées et réussies par Touba et Tivaouane sont à encourager. Encore qu’en l’espèce, les enseignants, sachant que l’État n’allait pas reculer, étaient faciles à convaincre. Il s’y ajoute que, comme le souligne le Chercheur Khadim Mbacké de l’IFAN, par ailleurs, marabout, il ne faut pas que ces derniers attendent d’être sollicités pour intervenir. Ils doivent prendre les devants après, bien sûr, avoir reçu la bonne information. Mais pour ce faire, il faut qu’ils soient bien entourés afin qu’on leur apporte la bonne information.

Le fait alors que le Président Sall se soit déplacé à Touba et à Tivaouane certainement pour les remercier ne doit nullement leur faire oublier leur mission fondamentale, celle de servir Dieu et les hommes. Si un homme de Dieu s’amuse à ne servir que l’État, il s’écarte de son rôle. Malheureusement, à l’approche des échéances électorales, nous entendons, parfois,  des types de discours qui font froid au dos.

Comme le souligne Khadim Mbacké, il faut que les marabouts prennent conscience du fait qu’ils ne sont pas là où ils sont du fait de l’Etat, contrairement aux hommes politiques. Si le pouvoir religieux y compris l’Église joue sa partition, en toute dignité, l’État aura en face, un contre-pouvoir courageux et responsable qui le dissuadera, mieux que quiconque, à violer les droits des citoyens. Il est, en effet, nécessaire, dans toute société, que les mécanismes de contre-pouvoirs soient toujours opérationnels. Malheureusement, au Sénégal, les contre-pouvoirs institués comme l’Assemblée nationale et la Justice sont souvent domestiqués et le pouvoir religieux complaisant. D’où le dérèglement social souvent constaté.

Assane Samb

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