AUDIENCE HISSENE HABRE (43)

Méthode de torture et spoliation des détenus détaillées l’acte d’accusation charge lourdement Habré

Dakar, 8 sept 2015 (AFP) – Les spoliations et tortures infligées aux détenus du régime de Hissène Habré, dont le tristement célèbre « arbatachar », ont été exposées mardi, au deuxième jour de lecture de l’acte d’accusation contre le président tchadien déchu devant un tribunal spécial africain à Dakar.

Malgré quelques perturbations, dont l’expulsion par les gendarmes d’un Tchadien qui disait vouloir faire une déclaration, les greffiers ont poursuivi la lecture de l’épaisse ordonnance de renvoi et de mise en accusation, en présence de l’accusé.

Parmi les tortures pratiquées par la Direction de la documentation et de la sécurité (DDS), police politique et principal instrument de répression du régime – décharges électriques, pulvérisation de gaz dans les yeux, piment dans les parties intimes, ingurgitation forcée d’eau – figurait « l’arbatachar », caractéristique de la DDS.

Elle consistait à attacher dans le dos les bras et les jambes du détenu, provoquant de graves difformités et la paralysie des membres. En outre, « parmi les personnes arrêtées, beaucoup ont vu leurs biens pillés ou confisqués.

La confiscation se faisait sur ordre des autorités supérieures », selon l’acte d’accusation. « Les biens étaient exposés à la direction générale de la DDS. Les salaires (des personnes arrêtées, NDLR) étaient bloqués.

Les maisons étaient affectées aux militaires gradés », selon la Cour, citant les parties civiles. Le procès devant les Chambres africaines extraordinaires (CAE), tribunal spécial créé en vertu d’un accord entre le Sénégal et l’Union africaine (UA), s’est ouvert le 20 juillet et a été ajourné de 45 jours dès le lendemain pour permettre aux avocats commis d’office pour la défense de prendre connaissance du dossier.

Hissène Habré refuse de se défendre devant ce tribunal qu’il récuse et rejette tout contact avec ses trois avocats commis d’office.

En détention depuis deux ans au Sénégal, où il a trouvé refuge en décembre 1990 après avoir été renversé par l’actuel président tchadien Idriss Deby Itno, il est poursuivi pour « crimes contre l’humanité, crimes de guerre et crimes de torture ».

Il encourt entre 30 ans de prison ferme et les travaux forcés à perpétuité. La répression sous son régime (1982-1990) a fait 40.000 morts, selon les estimations d’une commission d’enquête tchadienne.

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