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MEURTRE D’ABDOURAHMANE CAMARA- La veuve, les 2 prétendants et l’assassinat

L’attraction au palais de justice, hier, a été le procès de l’accusé Sounkarou Dior condamné en première instance à 20 ans de travaux forcés pour le meurtre d’Abdourahmane Camara. Les deux protagonistes se sont bagarrés jusqu’à ce qu’il ait mort d’homme à cause de l’amour qu’ils portent pour la veuve Sokhna Camara mère de 8 enfants. Jugé en appel, hier, le Président a confirmé la décision rendue en première instance.

Né en 1963, soudeur de profession et père de 15 enfants, Sounkarou Dior a été jugé, le 26 mars 2014, par la Cour d’assises qui a disqualifié les faits d’assassinat en meurtre et pour la répression à 20 ans de travaux forcés et une amende de 10 millions F Cfa à payer à la victime, Abdourahmane Camara. N’étant pas d’accord avec cette décision rendue en première instance, l’accusé a interjeté appel et son affaire a été rejugée, hier, par la Chambre criminelle d’appel. Les débats d’audience renseignent que c’est la veuve Sokhna Camara qui a poussé les susnommés à se bagarrer jusqu’à ce qu’il ait mort d’homme. Les faits se sont déroulés dans la nuit du 3 au 4 novembre 2008. Le lendemain, les Officiers de police judiciaire ont été informés de la découverte d’un corps sans vie à Tivaouane Peulh. Arrivé dare-dare sur les lieux du crime, les enquêteurs ont trouvé la victime couchée sur le dos baignant dans une mare de sang et la tête fracassée. Les témoignages recueillis sur place renvoient à l’accusé Sounkarou Dior. Sans perdre de temps, une descente a été faite par les enquêteurs dans la chambre de l’accusé, le 4 novembre 2008.

Sur place, ils ont trouvé des traces de sang et le Kaftan mis en cause par les témoins. Cependant, l’accusé a été cueilli, le même jour, par les gendarmes alors qu’il était dans son atelier de menuiserie. Entendu, le mis en cause a reconnu que c’est la dame Sokhna Camara qui est le nœud du problème. Il faut dire que cette veuve et mère de 8 enfants avait deux copains notamment la victime et l’accusé. C’est la raison pour laquelle, Sounkarou et Camara ont toujours eu des problèmes dans le passé parce que le premier nommé a déclaré que Camara courtisait sa concubine Sokhna Camara. « Il y a 15 jours, nous nous sommes battus à cause de ma fréquentation chez Sokhna Camara. Il m’a assené des coups de bâtons à la tête et au cou. Abdourahmane Camara m’a interdit de regarder des émissions parce qu’il avait acheté un téléviseur à ma concubine. Un jour, alors que j’étais en train de regarder le film “24 heures Chrono”, il m’a atteint avec une lance pierre », a-t-il déclaré à la barre.

Abordant le meurtre, l’accusé a soutenu qu’il n’est pas l’auteur de l’homicide. C’est un nommé Ngagne Kâ également un sérieux prétendant de la dame Sokhna Camara qui est derrière ce meurtre. La preuve, dit-il, Ngagne a disparu aussitôt après ce crime.

La veuve Sokhna Camara surprend toute l’assistance

« Je ne pouvais pas le tuer parce que j’avais un bras cassé. Même le Commandant de la brigade m’a demandé de dénoncer le tueur parce qu’avec mon bras cassé, je ne pouvais pas être l’auteur du crime. Au moment de l’inculpation il n’y avait pas de trace de sang sur le plâtre », a-t-il juré. Entendu à titre de témoin, l’épouse de la victime Ndèye Fatou Dia a déclaré qu’on lui dit que son mari fréquentait régulièrement la maison de Sokhna Camara et cela lui faisait très mal mais elle n’y pouvait rien. À sa suite, la célèbre Sokhna Camara a été aussi entendue en qualité de témoin. À la surprise générale, elle a nié les faits en soutenant qu’il n y’a rien qui existe entre la victime et elle. « On a juste le même nom de famille, Camara. Pour l’accusé, c’est ivrogne et je lui ai dit d’arrêter de fréquenter ma maison après la mort de mon époux parce qu’ils étaient amis », a-t-elle déclaré. La réponse de l’accusé ne s’est pas fait attendre. « Si elle dit que je bois de l’alcool, je dois vous dire que c’est à cause de l’alcool qu’elle a été avec moi parce qu’on a eu à fréquenter plusieurs bars ensemble. Elle me suivait partout et je suis allé même à Kaolack rien que pour m’éloigner d’elle.  La dame Sokhna Camara prend également de l’alcool », a-t-il rétorqué.

Pour sa part, le dernier témoin a informé que lorsqu’il a dépassé Sounkarou Dior, il était en train de se disputer avec un autre qui avait porté une “Jacket”. « En dépassant les deux protagonistes, je les ai entendu se disputer à cause d’une femme. L’un d’eux était en train de menacer de mort l’autre. J’ai reconnu Sounkarou parce qu’il m’a trouvé quelques minutes dans la boutique pour acheter des cigarettes », précise Diallo.

L’avocat général demande à la Cour de confirmer entièrement la première peine

De son côté, l’avocat de la défense estime que ce crime gardera encore un mystère. « Qui a tué Abdourahmane Camara ? C’est la grande question qu’on se pose, aujourd’hui. On a fait de mon client le meurtrier et c’est une femme fatale qui est à l’origine de tout cela. Pour toutes les personnes qui vont à venir à Tivaouane Peulh, les femmes sont devenues une denrée rare », a dit la robe noire. Avant de poursuivre : « Sokhna Camara s’est donnée un moment de dévergondage avant son mariage. Il y a un autre Ngagne Kâ qui pense que toutes les femmes lui sont destinées. Sokhna Camara, femme fatale, veuve, dévergondée, a eu un premier amoureux, Sounkarou. La nature a horreur du vide, c’est pourquoi lorsque le mari est décédé, il a eu à déclarer sa flamme. C’est ainsi qu’une union est faite et cette union a été très problématique parce que la femme Sokhna n’est pas celle que Sounkarou croyait. Elle était certainement très matérialiste et il fallait qu’elle ratisse large pour assouvir à ses besoins matériels ».

Selon la robe noire, les gendarmes n’ont jamais cherché à voir Ngagne Kâ. Il y a des circonstances qui font que le doute enveloppe cette affaire et c’est pourquoi il a demandé au tribunal de douter rationnellement pour infirmer la première peine en acquittant l’accusé. Quant à l’avocat général, il déclare que ce qui manque ce sont les aveux de Sounkarou mais tous les éléments sont réunis pour prononcer la culpabilité de l’accusé. « Ainsi, je demande à la Cour de confirmer entièrement la première peine », martèle-t-il. En rendant sa décision, la Chambre criminelle d’appel a condamné et suivi le maître des poursuites en confirmant les 20 ans de travaux forcés.

Cheikh Moussa SARR

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